28/12/2007

La Mécanique du Coeur

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Coup de cœur d’un grand nombre de libraires en cette fin d’année, je laisse aujourd’hui la place à La Mécanique du Cœur de Mathias Malzieu.

Jeune auteur français, il nous offre seulement son deuxième roman mais si je ne vous le disais pas, vous n’y verriez que du feu tellement la qualité est au rendez-vous.

Dans ce conte, plutôt pour grands enfants, nous plongeons dans l’Edimbourg de 1874, le jour de la naissance de Jack, le jour le plus froid du monde !

Si froid, que le cœur du petit nourrisson reste gelé et refuse de battre. Par chance, l’accoucheuse, mi-sorcière mi mécano va parvenir à le sauver en remplaçant le cœur défectueux par une horloge. Elle fonctionne, l’enfant vivra mais il devra se tenir à l’écart de sentiments trop puissants comme la colère et surtout, surtout, l’amour.

Mais comment peut-on contrôler ses sentiments sans vivre à l’écart du monde ? Un jour dans les rues d’Edimbourg, le regard d’une petite chanteuse de rue allumera la bombe infernale et plongera notre jeune héros dans une suite d’aventures et d’épreuves, de l’Ecosse jusqu’à l’Andalousie rencontrant tantôt Jack L’Eventreur, tantôt George Méliès (le créateur des effets spéciaux, avec son voyage sur la lune).

Ce roman, sans être très long est pourtant une véritable caverne d’Ali Baba par sa richesse tant au niveau du style qu’au niveau de l’intrigue et des personnages.

Ce qui me vient le plus à l’esprit pour décrire ce phénomène, c’est le style et le film de Tim Burton. Vous vous souvenez de l’Etrange Noël de Mr Jack ?  Une ambiance bizarre entre le sombre et le gentil ?

Il y a dans la Mécanique du cœur une kyrielle de personnages absolument incroyables, bizarres, incongrus, effrayants, cabossés par la vie et pas moins attachants. Une ambiance entre gris clair et gris foncé centrée autour d’un personnage poussé par la vie à sortir de sa rêverie et forcé à prendre des gifles.

Au point de vue du style, il me laisse complètement ébahis. C’est fait avec un sens de la précision, du mot choisi sélectionné étudié, un peu comme un puzzle où chaque pièce s’emboite ligne après ligne pour révéler un paysage incroyable.

Mais savoir que l’auteur fait partie d’un groupe de rock pourrait fournir assez d’explications à ce sujet. Une écriture à vif, à l’os mais néanmoins plus que raffinée.

 Réflexion sur les délices de l’amour comme sur sa cruauté, sur le rejet de la différence comme de son importance, ce conte moderne excessivement poétique oscillant entre un gris clair et un gris foncé vaut vraiment le coup d’œil ne serait-ce que pour voir ce que donne le mythe de Pinocchio en 2007. 

Bonne lecture !

 

La Mécanique du Cœur, Mathias Malzieu, éd Flammarion.

 

22/12/2007

A la Croisée des mondes

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Comme promis, voici la critique de A la Croisée des Mondes de Philip Pullman.

Que dire de ce livre ? Et bien, je dois avouer que je reste assez perplexe. Mon cœur balance entre du pour et du contre.

Et de bons éléments, il y en a dans ce roman fantastique. Du point de vue de l’imagination, c’est tout simplement remarquable. On rencontre une multitude d’univers connectés entre eux de manière particulière, des créatures incroyables ; pour ne citer qu’eux, je pense aux immenses ours polaires en armures forgerons hors pairs.

Il y a des inventions complètement novatrices pour le roman fantastique. En bref, le paradis du rêve et de l’aventure.

Mais, il n’y a pas que l’apparence qui est mise en avant, il y a aussi la psychologie des personnages qui se retrouve omniprésente à chaque ligne. On retrouve leurs côtés sombres, leurs états d’âme, leurs plans démoniaques… Ajoutez aussi un langage soigné et un plume allant au mot juste, c’est excellent.

S’il n’y avait que cela, ce livre serait une vraie perle et Pullman n’aurait pas volé son titre parmi les plus brillants auteurs de fantastique anglais.

Mais, je dois vous avouer que j’ai mis près de huit ou dix ans pour passer de la première page du tome 1 à la dernière du troisième tome.

Car c’est là que le bas blesse. Sans dire qu’on s’ennuie en lisant, il est très difficile d’accrocher à l’histoire et c’est en grande partie dû à ce qui fait sa qualité : par très inventive, elle devient trop complexe. Le lecteur manque de repères dans sa lecture et se perd assez facilement. Du moins, ce n’est qu’un point de vue et il n’a qu’une seule conséquence importante, c’est qu’il faudrait idéalement ne pas chercher à le lire trop jeune et être particulièrement bon lecteur ou motivé.

 

Etant donné qu’il s’agit d’une trilogie, il serait assez difficile d’en faire un résumé correct, on peut cependant dire que la trame du livre à pour sujet principal la théorie des mondes parallèles évoluant différemment les uns des autres mais dont le sort est lié par un principe d’équilibre.

Dans l’un de ces mondes, vit la jeune Lyra. Elle habite le collège d’Oxford en grande Bretagne en compagnie des plus grands savants et des meilleurs érudits où elle coule des jours paisibles et insouciants, inconsciente encore de son importance et des prédictions qui ont été faites il y a fort longtemps à son sujet.

Dans son Oxford, on retrouve un monde à cheval entre le féodalisme et le début du vingtième siècle, une civilisation avec des choix de technologies principales différentes des notres.

 Dans ce monde, vous ne serez pas étonné de rencontrer des daemons, sortes d’extension de l’âme en dehors du corps humain, il se rencontre sous forme d’animaux pouvant se métamorphoser à volonté dans l’enfance, du papillon au tigre, du chat à la colombe.

Mais ce calme absolu se brise le jour où la jeune fille est kidnappée et emmenée par des voleurs d’enfants. Sauvée par des gitans, elle entreprend un voyage vers le Nord à la recherche de son père, le célèbre Lord Asriel. Elle ne sait pas encore que son chemin la mènera beaucoup plus loin…

Vous ferez la rencontre dans ces livres de sorcières, d’ours en armures, de gyroptères, de monstres des falaises, de gallivespiens et même d’anges…

Bonne lecture !

 

16/12/2007

La Bastille

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Je vous rassure, la récidive ne sera pas trop fréquente, mais je me permets aujourd’hui de vous présenter un livre d’Histoire. H majuscule et donc pas d’essai, pas de biographie, pas de roman à l’ordre du jour.Pourtant, je m’adresse aux passionnés de lecture, de documents, de légendes, d’histoire, à ceux qui s’intéressent à la France absolutiste ou révolutionnaire, à ceux qui aiment la Ville des Lumières et même à ceux qui de prime abord ne seraient pas particulièrement fans ou accros à ce genre de lecture.Dans ce livre, Claude Quetel, un des plus fiables historiens français nous replonge dans les ombres du symbole. Et un symbole, la Bastille en est un. Qui ne la connaît pas, qui n’en a jamais entendu parler ? Ce mot résonne en nous et nous fait revivre cette lutte pour la liberté de tout un peuple.Néanmoins, la Bastide Saint-Antoine de son nom d’origine reste mystérieuse. Prise par une foule de Parisiens en colère, elle ne tarda pas à être détruite pour emporter ses secrets avec elles. Dans cet ouvrage, l’historien s’est attelé à la lourde tâche de reconstruire en quelques pages le célèbre monument méconnu.

Sur base d’une collecte d’archives, d’un travail minutieux de fouilles et de reconstitutions, il nous replonge dans la vie quotidienne de ces quelques 6000 embastillés. Parmi eux, nous retrouvons les célébrités : « Le Masque de Fer », Voltaire, le Marquis de Sade, Cagliostro… Avec eux, nous revivons les plus grandes affaires judiciaires de l’Ancien Régime : Les Poisons, Les Colliers de la Reine…

Mais c’est surtout la démonstration de la vie quotidienne vue par la prison qui est surprenante. On peut ainsi récolter une foule d’informations sur les crises politiques, la justice, la vie parisienne, les complots, la liberté de presse.On se mêle au bas fond de Paris sous le manteau de l’inspecteur générale de police et de ses bureaux de renseignements. On surveille les étrangers, les Anglais et tous ceux qui ont des relations avec ces derniers  en premier lieu. On s’attaque aux païens, aux juifs, aux protestants, aux Jansénistes. Mais surtout, on surveille de près les mœurs frivoles de la noblesse et des grandes familles, quitte s’il le faut à envoyer quelque temps à la Bastille en « pénitence » les concernés.Et c’est un des principaux démentis du livre. La prison de la légende populaire est surtout le château du roi et la prison de la noblesse turbulente.Attaquez-vous également à cette légende de savoir combien de temps on pouvait rester à la Bastille et si on pouvait, comme on le dit souvent, y être OUBLIE. Ainsi, le professionnalisme de l’historien est bien présent dans ces lignes qui pourtant, sont plus que croustillantes, plus à déguster peu à peu qu’à coincer au fond d’une bibliothèque pour décorer.C’est un livre qui s’adresse à tous, qui fournit une multitude d’informations et lance des pistes pour découvrir toute une époque extraordinaire. Mais surtout c’est un ouvrage qui sait rester simple et ludique sans orgueil. Bonne lecture ! Une histoire de la Bastille, depuis sa cration sous Charle V jusqu'à sa destruction en 1789, tout en passant en revue les prisonniers célèbres et la vie quotidienne des quelques 6000 embastillés.  L’histoire véritable de la Bastille, Claude Quétel, éd Larousse, bibliothèque historique.



 

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13/12/2007

La Rêveuse d'Ostende

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Eric-Emmanuel Schmidt, La rêveuse d’Ostende 

Il est bien tard, ce soir, quand mon regard fatigué d’une longue journée glisse sur les dernières lignes de La Rêveuse d’Ostende d’Eric Emmanuel Schmidt.

Comme souvent lorsqu’on est face à un bon livre, une belle histoire, je me sens envahi par le désespoir d’arriver à la fin. L’histoire s’arrête là, maintenant gravée dans un coin de notre mémoire et nous devons peu à peu reprendre pied avec la réalité.

Pendant mon atterrissage, ce qui me frappe en premier c’est avant tout la question de savoir comment j’ai pu ignorer un tel talent aussi longtemps.

Car cet auteur français, qui je le rappelle passe une bonne part de son temps en Belgique – et aime à y mettre en scène ses histoire en dépeignant à la perfection nos habitudes et notre décors- a un don réel pour l’écriture.

A travers ce recueil de nouvelles, cinq pour être précis, on ne peut que tomber sous le charme de la plume. C’est peut-être par une série de qualificatifs qu’on en viendrait le mieux à décrire les sensations qui vous traversent. Je pense d’abord à la force et au charme de décors, simples et envoûtants. Tout comme je rends hommage au sens de la mise en scène qui est révélé par le mystère de la narration et la qualité des dénouements. Alors qu’enfin, je n’oublie pas les mots, ce vocabulaire riche qui se plie en quatre au service d’un phrasé fluide et de la lumineuse simplicité des histoires.

Cinq nouvelles donc pour un livre qui se dévore. Cinq nouvelles : La Rêveuse d’Ostende, Crime Parfait, La Guérison, Les Mauvaises Lectures et La femme au bouquet.

Que dire d’elles sinon qu’elles sont magiques, ouvertes à l’imagination, à un voyage dans le rêve éveillé.

En quelques mots, La rêveuse d’Ostende met en scène un écrivain cherchant à fuir au bout du monde pour se remettre à l’abri d’un déboire amoureux. Et c’est plus précisément sur les plages de la Mer du Nord dans la vieille demeure d’Emma Van A., sa logeuse qu’il tentera de parvenir à ses fins. Pendant quelques semaines, les deux individus vont se côtoyer et c’est cette vieille dame distinguée clouée dans un fauteuil roulant qui va livrer l’intrigue de sa vie, le doux secret de sa mémoire, l’amour de sa jeunesse.

Par la suite, je vous invite à rentrer dans la tête de la plus malheureuse des criminelles. Celle qui après avoir réussi le crime parfait en précipitant son mari du haut d’une falaise ni vue ni connue, se rend compte qu’elle a bel et bien supprimé la personne à qui elle tenait le plus et réciproquement.

Mais c’est sans conteste à la Femme au bouquet que va ma prédilection car cette courte nouvelle d’une quinzaine de page révèle l’existence d’une femme mystérieuse qui chaque jour de sa vie vient s’asseoir sur le quai numéro trois de la gare de Zurich et qui un bouquet en main, attend impassible. Elle attend depuis des jours, des semaines, des mois, des années. Certains disent cinq ans, d’autres dix, d’autres quinze… L’essentiel est qu’elle reste là imperturbable jusqu’à la tombée du jour où elle rentre chez elle jusqu’au lendemain.

Pourquoi elle attend ? Qui elle attend ? Qu’espère-t-elle ? Chacun aura bien sa petite idée, le reflet de son désir propre. Mais au fond personne ne sait vraiment dans les profondeurs de cet esprit. C’est un secret qu’elle seule pourrait raconter…

Ce qui frappe dans la lecture du livre, c’est le goût prononcé pour l’auteur des choses simples, des histoires toutes en simplicité, parfaitement réussie et bercée pourtant par ce que la réalité ne rôde jamais bien loin du rêve. 

Un bon cadeau pour la Noël si vous êtes en panne d’inspiration !

Alors comme toujours, je vous laisse en vous souhaitant, une agréable lecture…

 Eric-Emmanuel Schmidt, La Rêveuse d’Ostende, éd Albin Michel

 

09/12/2007

Lettres Mortes

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La littérature anglaise reste présente et cette semaine, c’est Shaun Hutson qui nous fera découvrir ses Lettres Mortes.

D’abord, je me suis un peu penché sur la biographie de l’auteur avant de faire cette critique. Voici, en quelques lignes, ce qu’il faut en retenir.

Devenu, écrivain en 1983, après plusieurs petits boulots, Shaun Hutson, 28 romans plus tard est devenu en Angleterre un des plus grands vendeurs de livres d’horreur.

Personnellement, il est présenté comme un alcoolique repenti, diagnostiqué pour ses tendances psychotiques et auteur favori des bibliothèques de prisons anglaises. Du reste, il est parait-il un homme charmant…Tout un programme !

D’ordinaire, je ne me serai pas attaché à vous raconter ces détails mais dans ce cas, ils forment un bon préambule à la présentation du livre.

Lettres Mortes fait en effet partie d’une catégorie, plutôt, d’une conjugaison de genres peu courante, il s’agit du mélange du roman policier à suspense avec le roman fantastique.

C’est une potion rare dans les librairies mais qui réussit le pari de divertir, d’accrocher et de faire frissonner le lecteur. Un joli coup !

L’histoire en elle-même se passe dans le Londres actuel où le temps de quelques nuits plusieurs personnes sont assassinées chez elles. La police qui fait la découverte macabre ne peut que se poser des questions tant à propos des mutilations que le meurtrier fait subir aux victimes que par sa méthode.

En effet, sur place, les corps se font trancher la langue, arracher les yeux ou tout simplement ont le ventre ouvert en deux parties. Mais ce qui est le plus étrange n’est pas encore tant cette atroce déferlante de colère et de haine que la fait que dans chaque cas, toutes les portes et toutes les fenêtres étaient restées parfaitement closes jusqu’à l’arrivée de la police.

Et pourquoi donc aussi, toutes les victimes qui n’avaient pas beaucoup d’autres liens entre elles que de toucher de près ou de loin au domaine de l’édition, pourquoi donc étaient-elles à chaque fois entourées des manuscrit en lambeaux de Mégane Hunter dans sa biographie de Giacomo Cassano, mentor méconnu de Dante et du dernier livre d’horreur de John Paxton ?

Sur cette affaire, il ne fallait personne d’autre que David Birch ! David. Comment parler du personnage ? Un inspecteur Harry dans sa récente version anglaise ? Cynique, solitaire et trop terre à terre face à des phénomènes qui dépasse l’imagination ?

 

Je ne le cache pas, Lettres Mortes est une vraie réussite. L’histoire se met en marche très vite et vous absorbe immédiatement. L’écriture est fluide, légère. En bref, on ne s’endort pas dans

ce récit qui se laisse lire sans opposer la moindre résistance.

Et surtout, vous verrez, la solution du mystère est surprenante… fantastique…Et Terrible !

                                                                                                            

Bonne lecture !

 

04/12/2007

L'envers vaut l'endroit

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Après Le Disque-Monde, Daniel Pennac et Philip Roth, c’est Simon R. Green qui pointe le bout de son nez avec un titre évocateur L’Envers vaut l’Endroit.

Inutile de le cacher, cette fois, il s’agit bien d’un roman d’aventure sur toile fantastique.

Qu’en dire ? Tout d’abord qu’il n’est pas très long à lire mais surtout qu’il est fermement imprégné d’humour anglais.

L’envers vaut l’endroit fait partie de la série des Nightside. Inutile de s’affoler, les livres peuvent parfaitement se lire indépendamment les uns des autres.

Petite introduction…

Le Nightside nous vient tout droit de l’esprit, on peut dire tordu, de Green. Il s’agit d’un quartier de Londres. On y accède par le métro. Là bas, il est toujours trois heures du matin dans un univers maléfiques et sombre où se retrouvent toutes les créatures habitant vos cauchemars.

Dans le rang des créatures surnaturelles, citons par exemple les loups garous, fantômes, ondines,… Rajoutons aussi des « espèces » de dieux assez « spéciaux », des anges, des démons, l’Inquisition… mais aussi et surtout Suzie Bang-Bang (plus fragile que son fusil à pompe ne le laisserait présumer), Walker (le chef de la police), le Collectionneur, Jack l’Ordure Cosmique, Mr Moelle et Mr Sang, ainsi que plus brièvement un Merlin l’enchanteur comme vous ne risquez pas de le voir souvent et son descendant.

Au milieu de tout ce capharnaüm, John Taylor est le « trouveur d’objet ». Demandez-lui quelque chose, il le trouvera et il vous le rapportera. Il a un don pour ça.

Néanmoins, comment peut-on mener à bien la mission de retrouver le Graal impie, la coupe de Judas quand la concurrence déjà rude est renforcée par l’apparition d’anges et de démons aussi destructeurs les uns que les autres et prêts à tout pour s’emparer de la relique.

Roman d’aventure, fantastique avec un brin de science fiction, L’envers vaut l’Endroit est absolument captivant mais aussi ; très clairement, déjanté. Inutile de dire qu’il faut le prendre au second, voire même au troisième degré sans s’attendre à plus qu’une part de rêve, un moment d’évasion et de détente.

De plus, il présente cette caractéristique très rare d’associer le fond et la forme. Le fond est sombre, insalubre, n’en attendez pas moins du texte.

C’est peut-être là le talon d’Achille de l’œuvre, il ne faut pas nécessairement la mettre entre toutes les mains.

Personnellement, je n’ai eu qu’un seul regret avec cet ouvrage, c’est celui d’arriver au point final mais qui sait, le Nightside est vaste et la série se construit.

Simon R. Green, L'Envers vaut l'Endroit. éd Bragelone

02/12/2007

Un homme

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Le livre que je m’apprête à vous présenter se rapporte à la catégorie nouvelle ou très court roman.

Si vous êtes à la recherche d’une histoire captivante qui visite mille et un paysages, si vous voulez trouver du suspense, de l’action et de l’aventure desservis par une intrigue magique, je vous dirais simplement de passer votre route.

En effet, même si je ne suis pas un expert dans l’art de la peinture ou de la photographie, je vous avouerais que la couverture de Un Homme résume parfaitement le livre : simplicité, sobriété et profondeur.

L’homme de Philip Roth est un homme comme tant d’autres. Il est né il y a de cela fort longtemps et comme tout un chacun est condamné à mourir.

Entre les deux nous voyons défiler en rapace sa vie faites de hauts et de bas, ses désillusions, ses échecs et l’insoutenable et inexorable progression des dégâts de l‘âge.

L’histoire d’un homme qui est devenu ce qu’il ne voulait pas être.

Comme je l’ai dit, ne lisez pas ce livre si vous êtes à la recherche d’une bonne histoire. Vous ne sauriez être que déçu par rapport à vos attentes.

Néanmoins, ce n’est pas non plus un essai philosophique. Le ton n’est pas moralisateur, il ne souffle pas une ligne de conduite. C’est à peine s’il constate.

Pourquoi je le conseillerais et pourquoi j’en fais la critique dans ce cas ?

Sans doute pour les mêmes raisons qui font que ce livre a reçu un assez bon accueil à sa sortie. C’est un roman miroir.

Je n’ai pas donné de nom au personnage principal. Dans l’histoire, il en possède un mais c’est à peu près le seul effort que fit l’auteur pour personnalisé son héros.

Car cet homme, c’est vous, c’est moi. C’est quelqu’un et n’importe qui.

Nous n’avons peut-être pas vécu la même vie mais il est universel. Ce n’est pas lui qui souffre sur un lit d’hôpital à soixante cinq ans c’est vous quel que soit votre âge. Ce n’est pas lui qui sourit en voyant arriver sa fille, c’est vous.

Ne croyez pas non plus que ce livre est assommant. Le sujet traité entre les lignes est bel et bien le sens de la vie et sa finitude mais, comme je l’ai dit, le tout reste très sobre et simple.

Plus que tout, Philip Roth ne cherche pas à prouver quelque chose, il ne défend pas une morale.

Le roman reste assez mince quand au nombre de page, ce qui réjouira certains mais ne doit pas faire reculer ceux qui aime les grandes briques. La quantité et la qualité sont deux choses parfaitement distinctes.

Un livre à lire et à l’approche des fêtes probablement à offrir car Un Homme de Philip Roth fait partie de ses romans qui vous marquent autant dire au fer rouge.

Philip Roth, Un homme. éd Gallimard

Début.

Autour de la tombe, dans le cimetière délabré, il y avait d'anciens collègues de l'agence de publicité new-yorkaise, qui rappelèrent son énergie et son originalité et dirent à sa fille, Nancy, tout le plaisir qu'ils avaient eu à travailler avec lui.

13:48 Écrit par ecrivain89 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philip roth, roman, livre, homme, vie, mort, critique |  Facebook |