03/02/2008

Les Thanatonautes

thanas

Début d’un cycle avec Les Thanatonautes de Bernard Werber qui, après les Fourmis, poursuit en beauté son petit bonhomme de chemin.

Avec ce livre, ce n’est pas une trilogie qu’il inaugure mais bien une suite de cinq romans dont les thèmes principaux iront de la vie et la mort jusqu’à l’existence d’ange ou de dieux.

Les thanatonautes, du grec thanatos la mort et nautes les explorateurs raconte pour nous l’histoire de la dernière découverte humaine.

Car, si nous avons traversé les mers, plongés dans les profondeurs des océans, escaladés les plus hautes montagnes et même mis la tête hors de notre planète, reste toujours pour nous cette énigme lourde et insupportable qu’y a-t-il après la vie ?

En France, une petite équipe a commencé à travailler sur ce sujet, ses deux meneurs sont Raoul Razorbak et Michael Pinson. Ce dernier, avant de se faire embarquer dans l’aventure, était un médecin anesthésiste dans un hôpital parisien. Sa vie était calme, rangée mais depuis, les choses ont bien changé.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, ils ont réussi à obtenir le soutien des pouvoirs politiques dans leurs recherches. Il s’agit de plonger des sujets humains dans un état comateux tellement proche de la mort qu’il puisse vivre un NDE (near death experience) et que leur esprit puisse se détacher de leur corps pour rejoindre le continent des morts. Ensuite, avec un peu de chance, l’équipe scientifique devra le ranimer pour lui permettre de raconter ce qu’il aura vécu.

Inexpérimenté, l’équipe d’abord constituée de trois personnes s’installe à l’abri dans les sous sols d’une prison. Les détenus qui le désirent peuvent s’inscrire et participer à « l’expérience ». S’ils survivent, ils seront graciés.

Le temps passe, des dizaines et des dizaines d’hommes passeront sur le fauteuil des Dr Frankenstein, les cadavres s’accumuleront quand soudain, un jour, l’un d’eux reviendra. Un nouveau drapeau venait d’être planté dans l’histoire des conquêtes humaines.

Inventif et perspicace, Werber est un véritable magicien pour nous procurer des histoires à la fois originales, terriblement bien contées mais surtout porteuses de vrais messages et de vraies réflexions intéressantes. Tout semble passer sous l’œil critique de cet auteur qui semble réconcilier la jeunesse avec la littérature à caractère philosophique.

Travaillant toujours sur la recette gagnante des fourmis, le récit se mélange agréablement à des passages de l’encyclopédie d’Edmond Wells permettant d’alléger par moment l’histoire, tantôt d’apporter des précisions.

Néanmoins, si Werber signe un excellent livre avec les Thanatonautes, il s’attaque ouvertement à un thème complexe qui en tant que lecteur n’est pas toujours facile à aborder, je le laisse donc aux plus motivés en précisant que par chance ne pas le lire n’interdit pas de passer directement au suivant L’Empire des Anges ou à la suite, la Trilogie des Dieux.

Les fans de l’auteur seront donc bien servis tandis que les novices pourront se plonger agréablement dans son univers psychédélique.

Bonne lecture.

Bernard Werber, Les Thanatonautes, éd Albin Michel

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