13/03/2008

Théâtre: Henri III et sa cour, Dumas

henri III

 

Vous savez ce qui a fait le génie du grand Alexandre Dumas ?

Tout d’abord son goût pour l’histoire et les grandes fresques et enfin son sens de la narration très cinématographique.

Que ce soit dans Henri III et sa cour, dans les Trois Mousquetaires ou dans la Reine Margot, ce génie des lettres s’est toujours plongé d’abord dans l’histoire avant de la réécrire et de la réinventer pour la rendre plus séduisante ou plus sombre.

Mais Dumas, c’est aussi le texte parfait, le texte fluide, adapté, coulant, enchainant ligne après ligne couvant l’atmosphère particulière de la scène.

Tout ceci est connu. Ce qui l’est moins, c’est que si l’auteur a rédigé certains des plus grands romans du XIXe siècle, c’est néanmoins par le théâtre qu’il a vu le jour.

C’est en effet en 1828 qu’un jeune Alexandre qui s’est déjà fait remarquer dans les cercles littéraires va proposer sa première grande pièce Henri III et sa cour, avec un succès immédiat.

 

L’histoire se déroule à Paris en 1578, Catherine de Médicis, la mère du roi vient consulter son astrologue, magicien, empoisonneur le Come Ruggieri.

Vient alors ce discours de la reine mère :

« Le duc de Guise et le comte de Saint-Mégrin sont tous deux mes ennemis. Ils ont du pouvoir sur le roi. Le premier en ferait un moine et le second, pire encore, en ferait un vrai roi !

Je ne veux ni l’un ni l’autre… Il me faut un peu plus qu’un enfant et un peu moins qu’un homme.

Je veux que l’on puisse dire qu’Henri III a régné sur la France sous Catherine de Médicis… j’y ai réussi jusqu’à présent… mais ces deux hommes !... »

 

Le décor est planté. Un roi faible et trois personnes qui se disputent les meilleurs places pour le manipuler.

A ce jeu, Catherine a le plus d’expérience. Elle a d’ailleurs déjà un plan en tête pour se débarrasser de ses deux adversaires.

Saint-Mégrin s’est en effet épris pour la Duchesse de Guise, l’épouse de son ennemi.

En menant bien sa barque, la reine compte sur les sentiments de l’un et la jalousie de l’autre pour les amener à s’éliminer.

 

Le saviez-vous ? Si Victor Hugo a déclenché des émules avec son Hernani, ce n’est pas lui mais bien le jeune Alexandre Dumas, fraichement débarqué à Paris qui a réussi à brisé le premier les règles du théâtre classique et cela justement avec sa tragédie Henri III.

Règle d’unité de temps, règle d’unité de lieu, règle d’unité d’intrigue, Dumas réussit à sortir du carcan imposé aux auteurs depuis des siècles pour produire une pièce véritablement originale.

Son texte respire, vit. La Fluidité des dialogues en prose et le choix d’un langage à la fois simple, concis et efficaces en font vraiment une des grandes pièces du théâtre français.

Un peu oublié ces dernières années, Henri III reste pourtant actuel, accessible mais surtout très frais, très jeune, très moderne.

Et je ne parle pas de la chute de la pièce qui est tout simplement Sublime.

 

Bonne lecture.

 

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