09/12/2008

Le Montespan

le-montespan

 

Jean Teulé, Le Montespan

 

Un livre choc, on aime ou pas mais on est de toute façon frappé.

Une présentation difficile s’en vient, du moins pour celui qui va devoir l’écrire.

 

Le samedi 20 janvier 1663, huit hommes sortent d’un grand bal donné par Monsieur le frère du roi. Le ton monte, une bagarre éclate. Un défi, le duel.

A cette époque, Louis XIV est sur le trône. Il a formellement interdit sous peine de mort les duels.  Le lendemain, au soir, de ces même huit hommes, sept sont morts et un en fuite en Espagne.

Cette stupide hécatombe, aura laissé un frère en deuil et une future épouse abandonnée par son prétendant. Elle est sublime, devait se marier une semaine plus tard, avait déjà tout acheté, sa robe, sa toilette. Lui, il est tombé sous le charme en une seconde.

A quoi bon annulé le mariage, si seulement le marié change ?

Le samedi suivant, au bas d’un parchemin, ils signent tous deux leur mariage d’un nom qu’ils partageront maintenant en même temps que leur vie.

Montespan

 

A la fin du XVIIe siècle, il existe un moyen d’avoir tout ce que vous désirez : être Le Très Chrétien Roi de France. Malheureusement, les places sont chères. Le XIV, tient son trône et il le gardera pour près de cinquante ans.

Par chance, il existe un autre moyen, moins prestigieux, mais si vous pouvez oublier un instant votre honneur, vous recevrez titres de noblesse, fortune, reconnaissance, importance.

Intéressé ? Il suffit d’envoyer votre femme dans le lit du roi. Enfin, toujours faut-il qu’il accepte le coli…

Deux ans après son mariage, la marquise de Montespan vit dans un joyeux bonheur avec son mari. Ils s’aiment passionnément malgré leur pauvreté car malgré les titres de noblesse, leurs familles sont pauvres. Les ancêtres Montespan étaient des Frondeurs, de quoi en faire les meilleurs ennemis du roi. Leur rébellion, La Fronde,  l’a poussé a quitté son château par crainte pour sa vie quand il était tout jeune. Il ne leurs a jamais pardonné.

Pour le marquis, une seule solution se faire bien voir par le roi pour retrouver un brin de fortune. Il s’endette, lève une troupe et achète une charge militaire près du roi pour combattre les ennemis de la France. Echec sur échec.

Heureusement pour lui, pendant qu’il est parti, sa femme sait se mettre sous de bonnes protections, elle va même jusqu’à rencontrer la présente maitresse du roi qui la présente à la Cour.

Et, pardonnez-moi, l’anachronisme, le Roi flashe.

Désormais, la lutte entre deux hommes vient de s’engager. L’un est le ministre de Dieu sur Terre, l’autre rien du tout. L’un peut bannir, condamner, faire assassiner sans rendre compte, l’autre n’est qu’un malheureux qui pour l’époque n’a eu que le tord de faire un mariage d’amour.

Montespan, cocufié par sa grâce. Un Don de Dieu dont rêve tout les courtisans et lui, lui, il ose se plaindre ! Il défie le roi, fait monter des cornes de cerfs sur son carrosse, fréquente tous les bordels du pays pour repasser une vénérienne à sa majesté.

Lui, il ose menacer le roi, tenter de le faire excommunier par le Pape, le défier en duel !

Qu’arrivera-t-il au petit marquis après avoir refusé tous les cadeaux, les diamants, l’or, les titres ?

 

Dessous le strass, y avait le stress…

 

Pour une fois, Versailles sous un autre angle, un peu plus crue, plus réaliste ? Je ne suis pas historien. Je dirais que tout n’est peut-être pas à prendre pour argent comptant néanmoins, ça fait peut-être du bien d’entrer dans les coulisses du velours, de l’hermine et de la dentelle.

Ironie, humour, se mêle à tendresse et passion pour fournir un ouvrage qui a reçu le Prix de La Presse 2008. Un prix mérité pour son histoire, je regrette peut-être une mise en forme un peu légère ou brouillon, quoiqu’agréable et facile à lire.

Ce livre est peut-être assez particulier, un peu osé par moment. On aime ou on n’aime pas, mais quoi qu’il arrive, on est touché. Je vous laisse vous faire une opinion, vous ne serrez pas déçus.

 

Bonne lecture.

Ecrivain89 – Quentin

 

teule

Jean Teulé

 

Les commentaires sont fermés.