27/02/2009

Les Chevaliers de la Table Ronde

Chrétien de Troyes Perceval

 

Chrétien de Troyes, Les Légendes Arthuriennes.

 

La France et l’Angleterre.

Tout un passif de guerres, de conquêtes et de sang. Alliés, ennemis, marchant sur les nations étrangères, s’entretuant, guerroyant sans cesse sur terre et sur mer.

On pourrait s’arrêter sur cette image. Deux pays, toujours des problèmes.

On pourrait s’arrêter là et dire que c’est peut-être le seul pont qui relie ces deux terres séparées par la mer. Par chance pourtant, leurs habitants ne sont pas tous des guerriers.

Il y a des marins, des ingénieurs saugrenus qui creusent des tunnels sous l’eau, des pilotes d’avions, tous qui contribuent à rapprocher les deux peuples en dehors des champs de bataille. Mais savez-vous ce qui le plus unis ces deux pays et fait oublier tout le reste ?

C’est La Plus Grande, La Plus Merveilleuse, La Plus Belle Légende d’Occident, La Légende d’Arthur Pendragon.

Je l’affirme et en même temps je dois immédiatement me rétracter pour deux raisons.

D’abord parce que la légende d’Arthur, ça n’existe pas. Il faut parler des légendes d’Arthur.

La distinction est importante, primordiale. Savez-vous combien d’auteurs ont travaillé dessus ? Combien d’épisodes, de personnages, de continuations les uns des autres ces érudits ont créés ? Suffisamment pour qu’il soit impossible de tous les citer, suffisamment pour que personne ne puisse dire : «  je connais l’histoire de ceux de la Table Ronde » ; suffisamment pour pouvoir se contredire, suffisamment pour qu’une histoire véritable soit impossible à établir définitivement.

C’est affreux car ça ne nous laisse que deux perspectives. Soit nous lisons une version plus récente mais tronquée, raccourcie, reformatée et plus ou moins vraie, soit nous n’aurons jamais le temps que de lire quelques épisodes épars qui ne sont que des flashs, de rapides aperçus de la Cour d’ Arthur.

Dilemme.

Ensuite, outre ce fatras impossible à dépêtrer de légendes se pose ma seconde erreur. Je n’ai parlé que de la France et de La Grande Bretagne. Par là, j’ai complètement sauté les versions Italienne, Espagnoles et Allemandes.

On fait le compte  et je parie qu’on peut recouvrir toute la Manche en rassemblant les pages de ces légendes qu’on appelle La Matière de Bretagne – on devrait dire des Bretagnes puisque les histoires se déroulent aussi bien dans l’insulaire que sur la continentale.

La matière de Bretagne semble inspirée d’un roi  qui vécu au environ du Ve siècle après Jésus Christ. A cette époque c’est la chute de l’Empire Romain d’Occident  avec pour conséquence un affaiblissement terrible des défenses des régions frontalières. En Bretagne, la perte du soutien de Rome met directement les habitants aux prises avec la descente des Saxons.

La guerre fait rage. C’est à ce moment qu’on commence à conter les hauts faits d’un roi qui combattit la menace sans relâche.

Le temps passe, les siècles s’écoulent. Ce qui était un récit guerrier devient une légende à conter au coin du feu, toujours plus belle, toujours amplifiée.

A partir de là, attendez qu’on couche ces légendes des longues veillées sur le papier et commencez à lire. Vous n’aurez qu’à choisir la date et l’auteur.

Pourtant, il y a un nom qui revient sans cesse si on se plonge dans la matière de Bretagne : Chrétien de Troyes.

Etant donné qu’il est francophone, considéré comme un de nos premiers grands écrivains et que ses textes ont illuminés toutes l’Europe du XIIe siècle jusqu’à nos jours, je commettrai grand péché de ne pas vous en parler.

En tout, il est responsable de six romans de la Tables Rondes : Tristan et Yseult, Erec et Enide, Cligès ou la fausse morte, Lancelot le chevalier à la charrette, Yvain le chevalier au lion et Perceval ou le roman du Graal.

Barrez le premier qui s’est perdu, il ne vous reste que cinq ouvrages à lire, l’histoire de cinq des meilleurs chevaliers de la table ronde.

En temps normal, après les éléments historiques, je vous retiens encore par une petite introduction à l’histoire. Comprenez mon malaise quand, je n’ai presque aucun élément pour relier mes cinq histoires.

Pourtant, toutes commences de la même façon ou presque.

En ce temps là, le roi Arthur tenait sa Cour dans un de ses innombrables châteaux. C’était le rendez-vous de tous les nobles cœurs. Chevaliers de toutes contrées venaient pour les seuls privilèges de voir un tel souverain, de se joindre au preux de la tables rondes, de jouter en tournoi. C’était aussi le rendez-vous des rois de tous pays, car il n’y avait en cette époque monarques plus puissant, plus appréciés et plus respectés qu’Arthur.  C’étaient enfin, le lieu qui attirait les poètes, les écrivains, les artistes mais surtout les jeunes filles parmi les plus belles, certaines de toujours y trouver joie et protection car les chevaliers du roi n’avaient d’autres buts que de préserver la paix, combattre l’injustice et par-dessus tout remplir les désirs de leurs dames.

Regardez-les qui chantent, dansent, joutent tous ensemble dans l’allégresse. Comment expliquer que le monde soit si sombre que l’un d’eux sera bientôt appeler à l’extérieur.

Il devra rompre des maléfices, sauver sa dames, vaincre les félons.

Lancelot partira sur les traces de Méléagant qui enleva la reine Guenièvre.  Yvain devra secourir la dame sans chevalier près de la pierre qui fait vivre la tempête. Gauvain, le plus grand des chevaliers et le moins prompts à se battre partira rétablir son honneur en duel, lui qu’on accuse en terre lointaine.

Et puis, il y a Perceval le Gallois, le chevalier errant torturé entre sa quête des honneurs, son amour pour son amie et sa quête de Dieu. Lui qui n’a pas parlé, effacera-t-il ses péchés et trouvera-t-il une seconde fois le château qui abrite La Coupe Sainte et La Lance Qui Saigne, la demeure du roi pécheur.

 

Le démon qui plane sur les légendes Arthuriennes, je l’ai dit c’est l’innombrable quantité de textes et d’auteurs. Chacun a apporté sa touche à chaque époque. Robert Wace, Eschenbach, Robert de Boron. La matière de Bretagne, c’est un peu Internet avant l’heure. Il ya une entité difficile à calculer et à définir que tous composent. Les auteurs individuels comptent moins que la matière collective.

Chrétien de Troyes, c’est le retour aux sources de la littérature française. En le lisant, vous ne ferez pas que traverser les siècles, vous plongerez dans une fontaine de jouvence car pour trouver l’originalité dans la littérature, le moyen le plus simple est encore de se tourner vers ceux que tous ont ensuite tenté d’imiter.

A lire, lire, lire et relire !

 

Quentin

 

Chrétien de Troyes Cligès

 

Commentaires

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Écrit par : devis pose fenêtre gratuit | 24/06/2014

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