09/04/2008

Jonathan Strange & Mr Norrell

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Susanna Clarke, Jonathan Strange & Mr Norrell.

 

« Deux magiciens doivent apparaître en Angleterre.

Le premier me craindra ;

Le deuxième brûlera de m’apercevoir ;

Le premier sera gouverné par des larrons et des assassins ;

Le second conspirera à sa propre destruction ;

Le premier aura beau enfouir son cœur dans un bois sombre sous la neige, il le sentira encore palpiter ;

Le deuxième verra son bien le plus cher aux mains de son ennemis ;

Le premier passera sa vie seul ; il sera son propre geôlier ;

Le second parcourra des routes solitaires, la tempête au-dessus de la tête, à la recherche d’une tour noir sur un flanc de colline.

Je siège sur un trône noir dans les ténèbres, mais ils ne me verront pas.

L’esclave sans nom portera une couronne d’argent.

L’esclave sans nom sera roi dans un pays étranger. »

 

Et bien, ma foi, l’intrigue est lancée pour ce roman de Susanna Clarke, Jonathan Strange & Mr Norrell. Mais laissez-moi vous introduire plus en avant.

L’histoire commence dans le début des années 1800 -vers 1806, pour être plus exact.

A cette époque, le monde entier est sans dessus dessous. L’Angleterre qui se remet à peine de la guerre et de la perte des colonies outre Atlantique doit faire face à une nouvelle menace encore plus dangereuse, les ambitions d’un jeune officier Corse arrivé au pouvoir en France quelques années plus tôt. Sans génie militaire est incomparable, son charisme incroyable, sa pugnacité et sa démesure ont déjà fait plier la moitié de l’Europe.

La guerre est partout. L’Angleterre n’est pas épargnée. Un front maritime, un front en Espagne… Une campagne qui n’en finit pas…

Les insulaires piétinent et l’usure les rattrape au galop.

Pourtant. Pourtant, un vieil homme, Mr Norrell pourrait bien leur redonner l’avantage.

Il se dit magicien. Entendons nous bien, magiciens praticiens, pas comme ces incapables théoriciens de la magie, membres de la société d’York qui se contentent de discourir sur l’histoire sans pouvoir jeter le moindre sort.

Ceux-là même, il leur à clouer le bec il y a peu de temps en faisant s’animer toutes les statues de la Cathédrale d’York.

Un magicien, un vrai. Voilà ce qui pourrait abattre le Conquérant Bonaparte. Mr Norrell le sait bien. Il n’a d’ailleurs pas hésité à proposer ses services au gouvernement. Mais la magie anglaise a disparu depuis longtemps. Les gens ne la connaissent plus qu’à travers les légendes et des idées souvent erronées. Qui plus est, qui saurait faire confiance à ce Norrell, qui pourrait apprécier cet être rabougri, passant sa vie loin du monde enfermé dans sa bibliothèque ? Enfin, tout ceci, c’était bien avant l’arrivée de Jonathan Strange. Homme du monde, jeune, brillant, fougueux et surtout magicien également.

Jonathan Strange et Mr Norrell sont le renouveau de la magie anglaise. A eux deux, ils vont éblouir le monde de leur prouesse sensationnelles.

Mais cela sauvera-t-il l’Angleterre ? Et combien de temps des hommes aussi diamétralement opposés pourront-ils se supporter ?

 

Mélange subtil de féérie, d’aventures, de fantastique et de romantique, Jonathan Strange & Mr Norrell, l’œuvre de Susanna Clarke remporte un brillant succès un peu partout où il sort.

Traduit dans dix-sept pays à ce jour et se proposant bientôt pour un film, c’est essentiellement dans le pays d’origine de l’auteure qu’il fait le plus d’émule engendrant une véritable mania.

Et c’est assez compréhensible si on sait que ce livre fait penser à la plume à la fois piquante et précise, critique de la vieille société anglaise de Jane Austen conjuguée à  une ambiance mythologique, fantastique, légendaire que Tolkien savait parfaitement mettre au service d’un texte posé, structuré et élégant.

Deux influences, assez fortement senties mais surtout récompensées par de nombreuses références et allusions, deux influences au service d’un même esprit pour nous fournir un livre d’une incroyable qualité.

De certains, Jonathan Strange & Mr Norrell sera le Harry Potter des enfants adultes. On peut lui souhaiter semblables succès sans difficultés mais mon petit doigt me dit qu’il n’intriguera pas que les parents.

Du reste, je n’ai plus question d’ambiance, qu’à vous conseillez de vous installer près d’un feu un dimanche après midi pluvieux pour retomber en enfance et assister au renouveau de la magie anglaise et féérique en vous moquant du snobisme, de la préciosité en bref d’étique serrée de ces bourgeois et nobles du début du XIXe siècle.

A toutes et à tous, bonne lecture !

 

Le site fan

13/03/2008

Théâtre: Henri III et sa cour, Dumas

henri III

 

Vous savez ce qui a fait le génie du grand Alexandre Dumas ?

Tout d’abord son goût pour l’histoire et les grandes fresques et enfin son sens de la narration très cinématographique.

Que ce soit dans Henri III et sa cour, dans les Trois Mousquetaires ou dans la Reine Margot, ce génie des lettres s’est toujours plongé d’abord dans l’histoire avant de la réécrire et de la réinventer pour la rendre plus séduisante ou plus sombre.

Mais Dumas, c’est aussi le texte parfait, le texte fluide, adapté, coulant, enchainant ligne après ligne couvant l’atmosphère particulière de la scène.

Tout ceci est connu. Ce qui l’est moins, c’est que si l’auteur a rédigé certains des plus grands romans du XIXe siècle, c’est néanmoins par le théâtre qu’il a vu le jour.

C’est en effet en 1828 qu’un jeune Alexandre qui s’est déjà fait remarquer dans les cercles littéraires va proposer sa première grande pièce Henri III et sa cour, avec un succès immédiat.

 

L’histoire se déroule à Paris en 1578, Catherine de Médicis, la mère du roi vient consulter son astrologue, magicien, empoisonneur le Come Ruggieri.

Vient alors ce discours de la reine mère :

« Le duc de Guise et le comte de Saint-Mégrin sont tous deux mes ennemis. Ils ont du pouvoir sur le roi. Le premier en ferait un moine et le second, pire encore, en ferait un vrai roi !

Je ne veux ni l’un ni l’autre… Il me faut un peu plus qu’un enfant et un peu moins qu’un homme.

Je veux que l’on puisse dire qu’Henri III a régné sur la France sous Catherine de Médicis… j’y ai réussi jusqu’à présent… mais ces deux hommes !... »

 

Le décor est planté. Un roi faible et trois personnes qui se disputent les meilleurs places pour le manipuler.

A ce jeu, Catherine a le plus d’expérience. Elle a d’ailleurs déjà un plan en tête pour se débarrasser de ses deux adversaires.

Saint-Mégrin s’est en effet épris pour la Duchesse de Guise, l’épouse de son ennemi.

En menant bien sa barque, la reine compte sur les sentiments de l’un et la jalousie de l’autre pour les amener à s’éliminer.

 

Le saviez-vous ? Si Victor Hugo a déclenché des émules avec son Hernani, ce n’est pas lui mais bien le jeune Alexandre Dumas, fraichement débarqué à Paris qui a réussi à brisé le premier les règles du théâtre classique et cela justement avec sa tragédie Henri III.

Règle d’unité de temps, règle d’unité de lieu, règle d’unité d’intrigue, Dumas réussit à sortir du carcan imposé aux auteurs depuis des siècles pour produire une pièce véritablement originale.

Son texte respire, vit. La Fluidité des dialogues en prose et le choix d’un langage à la fois simple, concis et efficaces en font vraiment une des grandes pièces du théâtre français.

Un peu oublié ces dernières années, Henri III reste pourtant actuel, accessible mais surtout très frais, très jeune, très moderne.

Et je ne parle pas de la chute de la pièce qui est tout simplement Sublime.

 

Bonne lecture.

 

08/03/2008

La route

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Prix Pulitzer 2007 catégorie fiction. Beaucoup en rêvent.

Cette année, c’est à Cormac Mc McCarthy, un emblème de la littérature américaine que la plus haute distinction a été décernée.

Et sincèrement, c’est plus que mérité ! Car son dernier ouvrage La Route est tout simplement un chef d’œuvre.

Alliance subtile de simplicité et d’innocence sur un fond de scénario catastrophe, le roman  raconte l’histoire d’un père et de son fils qui errent mais avancent sans cesse sur une route qui ne finit jamais.

L’époque, le nom des lieux, le nom des personnages, rien n’est mentionné.

Tout ce qui compte c’est qu’aujourd’hui, le monde a changé. Une catastrophe indéterminée, mais vraisemblablement nucléaire à frappé la Terre anéantissant la majeur partie des formes de vies et plongeant les autres dans un univers brûlé, détruit, où le soleil ne perce jamais.

A l’aube d’un hiver de plusieurs milliers d’années, les arbres et les plantes sont presque tous morts ou réduits en cendre. La plupart des animaux ont disparus tandis que les rares êtres humains restants, privés de toute organisation sociale mais surtout de nourriture retournent vers un mode de vie primitif et barbare.

La violence, la force, la puissance font lois. Pillards, voleurs, assassins, bandits sont légions tandis que certains, forts d’armes vont même jusqu’au cannibalisme, conduisant un troupeau de bétail humain.

Mais La Route, c’est l’histoire d’un père et de son fils. Ils fuient vers le Sud, vers la mer, vers des terres qu’ils espèrent plus chaudes. Chaque pas en avant est une mort et il est impossible de rebrousser chemin.

Toujours avancer, toujours aller plus loin à la recherche d’un abri, d’eau, de boites de conserve égarées dans un cellier ou une cuisine, à la recherche aussi de vêtements, de couvertures, de tout ce qui peut permettre de gagner un jour de plus.

Ensemble, ils marchent sans arrêt, poussant avec eux un vieux caddie, tout ce qui leur reste, tout ce qui leur permet de vivre.

Sans cesse, ils sont aux aguets, sur le qui-vive, prêt à fuir, à se cacher des autres, les mauvais, ceux qui ne portent pas le feu.

 

L’ambiance. C’est sans doute la qualité première de McCarthy, c’est de créer et de maintenir une ambiance. Une atmosphère lasse, brisée, de paysages bibliques, apocalyptiques et puissants. Mais c’est aussi, une tension constamment entretenue, le danger est partout, dans chaque ombre, à chaque détour de la route, mais aussi dans le rien, cette absence de maison et de nourriture.

Une réussite incroyable. Le dialogue d’un père qui a connu ce monde autrefois si vivant, comparativement si juste, agréable et d’un fils né peu après la catastrophe et qui ne peut qu’imaginer ce qui existait par le passé. Ils se parlent, ils se connaissent et voyagent ensembles mais quoi qu’ils fassent, ils sont et restent des étrangers, des extraterrestres l’un pour l’autre.

Violent, semblable à une gifle, le livre ne mentionne jamais ce qui a causé le désastre. Mais intuitivement, on sait bien que ce n’est pas une catastrophe naturelle. C’est pire que ça, c’est un cadeau humain.

Marquant. La Route est un récit, une tranche de vie, un instant couché sur le papier sans digression, sans commentaires. Pourtant, on ne saurait rester imperméable aux questions qu’il pose au hasard de la lecture. Pourquoi continuer quand il n’y a plus rien devant, pourquoi s’accrocher à la vie et quelle vie mais aussi comment protéger et prendre soin de nos enfants ?

 

Clarté, concision, simplicité, je l’ai dit, c’est tout l’art de McCarthy.

Un texte réaliste, à l’image du monde qu’il raconte, un texte lui aussi dévasté, brisé, brulé, où n’ont survécut que quelque ruine.

Ainsi, il n’y a pas de chapitre, le texte s’étale d’une traite semblable à cette Route où les postes de péage n’existent plus ou sont devenus inutiles. Pourtant, on ne courre pas, plus de pétrole, plus de voiture, on va à pied, on avance par petit à coup, par paragraphe, par scène.

Epuré, vidé de l’inutile ou du moins solide, texte court, simplifié, squelettique qui va directement à l’essentiel.

Scène après scène, dialogue après dialogue, laissez vous emporter par le génie de McCarthy, le voyage est long et certainement pas sans risque. L’espoir est maigre, désolant, et vous pourriez bien laissez une partie de vous le long de cette Route mais, pourtant…

 

Bonne lecture.

04/03/2008

Petite discussion avec une momie

petite discussion avec une momie

 

Je vous ai déniché une nouvelle perle brillante d’originalité. Petite discussion avec une momie et autres histoires extraordinaires. Le titre est long mais il dit le principal car ce que je vous propose ici, c’est un petit recueil des nouvelles assez bizarres d’Edgar Allan Poe.

Extraordinaires, ces histoires le sont bien. La première, pour commencer raconte l’histoire de plusieurs scientifiques, médecins, archéologues qui après avoir découvert une momie en Egypte, sont finalement autorisés à la sortir de son sarcophage pour l’examiner.

L’opération se pratique de nuit et force est de constater que l’allégresse générale n’est pas seulement due à l’intérêt scientifique mais surtout à quelques verres d’alcool de ci de là.

Le temps passe, les opérations avancent jusqu’au moment où je cite :

« Ordinairement, la cervelle se vidait par le nez ; les intestins, par une incision dans le flanc ; le corps était alors rasé, lavé et salé ; on le laissait ainsi reposer quelques semaines, puis commençait, à proprement parler, l’opération de l’embaumement. Comme on ne pouvait trouver aucune trace d’ouverture, le docteur Ponnonner préparait ses instruments de dissection, quand je fis remarquer qu’il était déjà deux heures passées. Là-dessus, on s’accorda à renvoyer l’examen interne à la nuit suivante ; et nous étions au moment de nous séparer, quand quelqu’un lança l’idée d’une ou deux expériences avec la pile de Volta. L’application de l’électricité à une momie vieille au moins de trois ou quatre mille ans était une idée, sinon très sensée, du moins suffisamment originale, et nous la saisîmes au vol. Pour ce beau projet, dans lequel il entrait un dixième de sérieux et neuf bons dixièmes de plaisanterie, nous disposâmes une batterie dans le cabinet du docteur, et nous y transportâmes l’Égyptien. »

La seconde nouvelle, fait étonnamment penser à du Kafka avant l’heure. Il s’agit de l’histoire d’un homme enfermé dans un drôle de cachot où sans cesse ses bourreaux tentent de le faire mourir de la pire façon qu’il soit. Ainsi d’abord plonger dans l’obscurité totale, il manquera de plonger dans un profond puits avant de se réveiller quelques heures plus tard entouré de rats, une lame affutée à souhait au dessus du torse.

Enfin, le Roi Peste vous plongera dans les aventures de deux ivrognes qui ayant écumé les bars de Londres finiront par se réfugier dans une cave de croque mort dans le quartier des pestiférés. Petite rencontre avec une allégorie.

 

Edgar Allan Poe n’a produit dans sa vie qu’un seul roman, Les Aventures d’Arthur Gordon Pym. Néanmoins, il a su s’imposer dans le style de la nouvelle et ce n’est pas Petite discussion avec une momie qui me contredira, pas plus que Charles Baudelaire qui a assuré la traduction de la plupart de ses œuvres et, de par le fait, une qualité irréprochable en Français.

Ne vous attendez pas à avoir peur avec ses récits, attendez vous surtout à rire car c’est là l’art de Poe, créer une satire de la société et des personnages, plonger dans les situations les plus rocambolesques pour peut-être chasser la peur ou du moins, la tourner au ridicule.

A tel point que, parfois on se demande si ce n’est pas la folie qui anime cet auteur ou le délire d’un soir qu’il aurait couché sur le papier sur le ton le plus sérieux.

Toujours est-il qu’après lecture, je ne peux que vous conseiller de plonger dans l’œuvre de cet auteur qui est devenu un maître pour toute la génération des surréalistes.

 

26/02/2008

Un puits dans les étoiles

puits dans les étoiles

 

 

Imaginez un vaisseau de la taille de Jupiter. Immense, il parcourt sans relâche l’univers infini.

Doté des technologies les plus perfectionnées, terriblement puissant et pourtant, désespérément vide. Vide, de tout habitant, vide de tout commandant.

Qui l’a construit ? Tout le monde l’ignore, mais il semblerait selon les dernières estimations qu’il soit pour ainsi dire aussi vieux que l’univers.

Ce paquebot titanesque a sillonné pendant une éternité la Voie Lactée. Il a survécut aux comètes, évité les trous noirs. Calmement, il s’est avancé pour finir après des milliards d’années à passer dans notre système solaire.

Les humains qui l’ont découvert ont connu toutes sortes de sentiments : la peur, l’excitation, la curiosité… Et puis, un jour, ils se sont lancés. Ils sont partis à la conquête du Grand Vaisseau.

Ils en ont pris le contrôle, l’ont exploré, visité, étudié.

Des technologies incroyablement avancés, une coque d’une solidité à toute épreuve et, à l’intérieur, un espace vide de plusieurs milliers de kilomètres cube. Une infinité de pièce, de couloirs, un dédale interminable impossible à explorer de fond en comble.

Les humains ont quitté la Terre. Ils ont préféré leur incroyable vaisseau et sont partis à l’aventure à travers la Galaxie. Ils ont rencontré des individus extraterrestres, les ont abordés, leurs ont parfois proposés de participer au Voyage.

Ensemble, ils ont formé une civilisation flottante parmi les étoiles.

Mais, le Grand Vaisseau  recèle bien des secrets et du fond de ses salles les plus profondes, d’un domaine appelé Marrow sont remontés révoltes et guerre.

La fin a été proche. Mais les capitaines ont réussi in extremis à rétablir l’ordre et à faire reculer ceux qui avaient pris les armes sous le nom des Indociles.

Pourtant, le calme reste bien loin car tandis que les esprits se refroidissent peu à peu, un immense trou noir menace déjà à l’horizon. Même s’ils s’en échappent, ils n’auront d’autre choix que de pénétrer dans une région de l’espace peu connue, une région qu’on appelle l’Encrier. C’est un nom qu’on a choisi pour faire référence à son absence totale de lumière.

De lumière, mais pas de masse car l’Encrier aussi sombre soit-il n’est qu’un immense champ rempli d’étoiles et de masses solides trop petites pour produire de la lumière mais suffisamment pour laisser présager collision ou présence de vies inconnues.

Le pire est à craindre car tout ce qui un jour à plonger dans cette obscurité n’en est jamais ressorti.

 

Science-fiction au rendez-vous pour ce livre avec un auteur de formation scientifique, Robert Reed, qui maîtrise plutôt bien son sujet spatial. Les descriptions des phénomènes de l’espace foisonnent tandis que l’écrivain ne dément pas les lois élémentaires de la physique.

Très soigné et très travaillé, le livre porte aussi essentiellement sur les personnages. Des humains et extraterrestre qui ont vaincu les problèmes de la mortalité pour semble-t-il sombrer dans la folie.

Narcissisme poussé à l’extrême dans un univers où le pouvoir se fait maître, l’immortalité semble aussi avoir fait oublier les notions de familles, d’amours, d’amitié, pour ne laisser que des personnages froids, cruels, ivres d’eux-mêmes.

Robert Reed quoique peut diffuser en français fait partie des grands noms de la science fiction américaine présentant toujours un imaginaire impressionnant au fil de ses récits, il séduit également par un style très posé et une capacité innée à faire naître le suspense.

 

Bonne lecture à tous les amateurs du genre.

20/02/2008

Un rêve américain

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Invitée d’honneur, la littérature américaine s’immisce sur ce site sous les traits d’un de ses enfants terribles, le célèbre Norman Mailler.

Décédé durant le mois de novembre 2007, cet écrivain a laissé derrière lui, un œuvre très vaste, un témoignage critique de son temps et de son pays.

Témoin critique ? A n’en pas douter, Mailler en est un. Décrié, souvent abattu froidement par la critique, il sait pointer son stylo là où ça fait mal pour faire ressortir l’ombre de l’homme et de la société.

Sa mort a enlevé un auteur remarquable du panthéon des vivants et néanmoins, il a réussi à nous livrer un dernier cadeau, un dernier crochet du droit avant de s’envoler.

Ce crochet, c’est Un château en forêt.

En quelques lignes, l’écrivain y raconte l’histoire difficile d’une famille aux mœurs décadentes, perverses, immondes, la famille Hitler. Ainsi dans un roman où se mêle rencontres avec le diable, relations incestueuses et autres ignominies, nous sommes plongés dans l’enfance difficile d’un enfant qui finira par faire trembler le monde. Comment créer des monstres, comment créer des dictateurs ? Une œuvre qui vous vous en doutez a fait énormément d’émules dans l’univers des critiques littéraires.

 

Des émules pour son côté dérangeant, Normal Mailler n’a fait que les faire jaillir et ce depuis ses premiers ouvrages.

Parmi eux, Un rêve américain obtient une place de choix.

Ici, Stephen Rojack, le héros ou plutôt le personnage principale puisqu’il s’agit de quelqu’un de tourmenté sombres, abattus, las de vivre, mais surtout de quelqu’un qui n’a pas ou plus ni l’envie, ni le courage de se battre avec le monde et d’affronter les choses.

Antihéros, cet ancien soldat de 40-45 n’a pas trop mal mené sa barque depuis la grande guerre, du moins, il a survécu. Décoré des plus hautes distinctions pour a bravoure au combat, sa démence plutôt, cette homme a réussit à devenir un temps sénateur avant d’épouser une riche héritière et de prendre poste comme professeur et présentateur télé.

Sous cette apparente réussite, une vie gâchée, une vie démangée, des orgueils blessés. Et une goutte d’eau de trop. Une goutte d’eau qui se matérialise sous la forme d’une femme, sa femme. Un animal des enfers qui lui a rongé l’esprit, le rabaisse sans cesse et le détruit à petit feu. Un soir, une bagarre éclate dans un appartement luxueux. Celle de trop car Rojack vient d’étrangler sa femme. Elle est morte, il est délivré. Pour camouflé le crime, Stephen la balance par la fenêtre du dixième étage. Reste à voir si les autres croiront au suicide.

 

Les personnages défilent transportant avec eux leurs défauts, leurs pathologies, leur groupe social et la vermine qui les démange.

L’enfant terrible n’hésite pas à faire feu sur tous les travers de l’Amérique, sur tous les côtés sombres de ses habitants.

Folie, meurtre, mensonge, drogue, sexe, bagarre, suicide, cancer, dépression, alcool, racisme, mysticisme, guerre et course au pouvoir rien ne lui échappe et ça fait très mal.

Et pourtant,… pourtant pour un livre qui fut écrit dans le courant des années soixante, il est paradoxalement ultra moderne. Les problèmes n’ont pas changé, les mœurs non plus. Pire, on est bien obligé de constaté qu’ils ont gagnés le reste du monde.

Mais Un rêve américain est ne l’oublions pas, un roman. Et en fait, il serait honnête de dire qu’il n’appartient pas vraiment à une catégorie. A cheval entre le polar sombre, le thriller, le drame psychologique, on touche un peu à tous les styles en gardant les pieds sur terre solidement enfoncé dans une couche de réalisme. Il s’accorde le plaisir de dépeindre une réalité couverte de vernis qui n’empêche malheureusement pas une odeur nauséabonde de suinter.

Et c’est en refermant la dernière page qu’on se rend compte de ce que l’auteur aurait pu nous dire : « Vous voulez voir de l’horreur, ouvrez les yeux ! »

 

Bonne lecture!

15/02/2008

L'empire des Anges

empire anges
 

Cinq millions d'ouvrages vendus en France, dix millions dans le reste du monde, une pièce de théâtre qui s’achève à Paris, des nouvelles, des bandes-dessinées, des courts-métrages... et un nouveau roman : 'Le Souffle des Dieux'.

Bernard Werber semble être partout sur tous les fronts à la fois, ne vous étonnez donc pas de le retrouver si omniprésent ici aussi. Pourtant, ce n’est pas sa dernière nouveauté que je vous propose cette semaine. J’aimerais pouvoir le faire mais cela restera interdit aussi longtemps que je n’aurai pas fait celle de L’empire de Anges, la suite des Thanatonautes, le livre précédent sa trilogie des dieux.

Alors Werber, c’est bien connu à une incroyable passion pour deux grands thèmes qui sont : d’une part quelle est la place de l’individu dans la société mais surtout d’autre part, quelle place, quelle apparence peut prendre notre société prise à différents points de vue.

Ces thèmes étaient récurrents dans les fourmis où l’on assistait à cette comparaison entre une civilisation fourmis et une civilisation humaine, ils revenaient dans son documentaire ‘Nos amis les terriens’ où des extraterrestres réalisaient un documentaire animalier sur l’espèce humaine.

Aujourd’hui que Bernard Werber rédige l’Empire des Anges, inutile de dire qu’il est resté maître de la question et que cette fois, ce sera vu d’en haut que nous seront décortiqués.

Michael Pinson est  mort. Le héros des Thanatonautes a succombé au-même accident que ses collègues chercheurs, à savoir le crash d’un avion sur leur laboratoire de recherche.

Cette fois, il a franchi pour la dernière fois la frontière du territoire des morts. Il a remonté les paliers jusqu’à la pesée, le jugement des âmes par les archanges. Sa vie n’était pas exemplaire mais bénéficiant de l’apparition d’Emile Zola comme avocat à son procès, il parvient finalement à sortir indemne de l’épreuve. Il est désormais admis dans le stade supérieur de l’évolution, l’Empire des Anges.

Ils sont des centaines, des milliers, libérés de leur enveloppe charnelle, libérés des douleurs dans un décor magique. Ils n’ont qu’une seule mission guidé l’avenir de l’humanité, guidé les hommes.

Pour cela, chaque ange a à sa charge trois mortels qu’il doit amener à leur tour à évoluer. Leurs méthodes, leurs instruments ? Les rêves, les messages cachés, les chats, les intuitions, les médiums,… De quoi guider chacun sur le droit chemin. Mais ce n’est pas si facile, pas avec le libre-arbitre. La capacité des êtres humains de choisir et de décider ce qu’ils veulent.

Comment aider des gens plus tentés par l’idée de réduire leur malheur que par celle de construire leur bonheur ?

Et puis, si l’Empire des Anges est un endroit bien sympathique et si le travail d’ange est particulièrement absorbant, il serait idiot de croire que les deux amis explorateurs que sont Raoul et Michael, les pionniers du Continent des Morts, sauront rester longtemps enfermés dans ce petit univers.

Ils sont déjà prêts à reprendre du service, Toujours plus loin, toujours en marche vers l’inconnu.

Après des Thanatonautes réussis mais particulièrement difficile à appréhender à cause de leur thème, l’Empire des Anges procure un profond sentiment de renaissance. Après l’ombre de l’un, visitez la lumière la lumière de l’autre toujours bercé par la même plume espiègle, fluide et légère de Werber qui marque de nouveaux points dans le domaine de la littérature fantastique d’aventure philosophique.

Bonne lecture.

12/02/2008

Le Prestige

prestige
 

Vous croyez à la magie ? Bien sûr que non. Vous savez bien que tout n’est jamais qu’illusions et trucages. Un tour de magie n’est que l’art de faire quelque chose de simple en le rendant apparemment impossible à réaliser.

Vous n’avez pas tord. Du moins, ce ne sont pas Alfred Borden ou Rupert Angier qui vous contrediront. Au XIXe siècle, ils étaient les deux plus grands illusionnistes de Londres et se livraient une lutte infernale pour le titre de meilleur magicien. Pour le titre uniquement ?

De nos jours, Andrew Wesley est journaliste pour un quotidien londonien. Aujourd’hui, son éditeur, l’a envoyé dans un coin reculé, un petit patelin, un château, pour commenter l’action d’une œuvre caritative. Il n’a pas beaucoup de temps, il doit être rentré pour la soirée.

Pourtant, c’est bien plus qu’un petit article qui l’attend dans les brumes campagnarde.

Là-bas, il va faire la connaissance de la dernière descente de la famille Angier.

Elle a une histoire pour lui qui le concerne au plus haut point.

Tout commence le jour où deux jeunes hommes pleins d’ambitions débarquèrent à Londres pour rencontrer la gloire dans le domaine de la magie.

Ils ne se connaissent pas mais un destin tragique et cruel les relierait bientôt.

Un jour que Borden rendait visite à une amie, il l’entendit parler d’un homme qui proposait ses services pour entrer en communication avec les morts. Borden n’est pas dupe, moins que les pauvres familles qu’Angier dépouillent à travers ses artifices et ses illusions.

Soucieux de démasquer l’imposteur, Borden se glisse en douce dans une de ses réunions.

Par tous les moyens, il tente de déstabiliser et de faire échouer l’adversaire jusqu’au moment où une bagarre éclate dans la pièce. Borden par mégarde atteint l’épouse d’Angier enceinte.

Suite au choc, elle perd le bébé. Le début d’une longue guerre de vengeance a commencé… TOUS les moyens seront bons pour vaincre.

Christopher Priest fait montre ici d’une maitrise incroyable de la narration. Alternant, les points de vue, il jongle avec les mots pour nous replonger au cœur du Londres industriel de la fin du XIX avec l’adresse d’un romancier réaliste.

En rythme, il alterne les ambiances, fouille les classes de la société à travers l’ascension de ses personnages des petits bars du port jusqu’aux plus grandes salles de spectacles.

Mais ce qui fait la beauté du livre, c’est cette capacité de l’auteur à décrire facilement, simplement, à faire fonctionner notre imagination pour voir en direct les tours de magies présenter par les deux ennemis.

On peut aller jusqu’à dire qu’au-delà de l’intrigue du livre, surgit l’intrigue des tours.

Le lecteur est ainsi plonger à la fois dans le mystère de savoir ce qui va suivre mais aussi de savoir comment ils réalisent leurs illusions.

Néanmoins, n’allez pas croire que Le Prestige est un simple récit réaliste relatant ce qui se passe dans le milieu fermé de l’illusion. Ce livre, l’un des meilleurs récits de ses dernières années, n’est pas classé dans la catégorie science fiction pour rien. Car, la course des deux héros pour atteindre le sommet se fera bien à tout prix. Tous les efforts, toutes les ruses seront bonnes mais il ne sera pas non plus exclu de franchir les limites de la nature et de la science pour arriver à son but.

Réaliste par moment, porteur de science fiction à d’autre, se terminant dans un frisson de fantastique, le Prestige est un livre à part qui méritait bien les nombreux prix qu’il reçu et qui méritait bien qu’on en fasse un film (sorti en 2007au cinéma, disponible en dvd, quoique le film n’ait repris que le thème principal du livre : la rivalité de deux magiciens prêt à tout).

Mais finalement et c’est le plus important, le Prestige est un livre qui mérite bien qu’on lui accorde un peu de temps pour le déguster, le savourer, le dévorer, l’apprécier le soir au coin du feu…

Bonne lecture.

03/02/2008

Les Thanatonautes

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Début d’un cycle avec Les Thanatonautes de Bernard Werber qui, après les Fourmis, poursuit en beauté son petit bonhomme de chemin.

Avec ce livre, ce n’est pas une trilogie qu’il inaugure mais bien une suite de cinq romans dont les thèmes principaux iront de la vie et la mort jusqu’à l’existence d’ange ou de dieux.

Les thanatonautes, du grec thanatos la mort et nautes les explorateurs raconte pour nous l’histoire de la dernière découverte humaine.

Car, si nous avons traversé les mers, plongés dans les profondeurs des océans, escaladés les plus hautes montagnes et même mis la tête hors de notre planète, reste toujours pour nous cette énigme lourde et insupportable qu’y a-t-il après la vie ?

En France, une petite équipe a commencé à travailler sur ce sujet, ses deux meneurs sont Raoul Razorbak et Michael Pinson. Ce dernier, avant de se faire embarquer dans l’aventure, était un médecin anesthésiste dans un hôpital parisien. Sa vie était calme, rangée mais depuis, les choses ont bien changé.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, ils ont réussi à obtenir le soutien des pouvoirs politiques dans leurs recherches. Il s’agit de plonger des sujets humains dans un état comateux tellement proche de la mort qu’il puisse vivre un NDE (near death experience) et que leur esprit puisse se détacher de leur corps pour rejoindre le continent des morts. Ensuite, avec un peu de chance, l’équipe scientifique devra le ranimer pour lui permettre de raconter ce qu’il aura vécu.

Inexpérimenté, l’équipe d’abord constituée de trois personnes s’installe à l’abri dans les sous sols d’une prison. Les détenus qui le désirent peuvent s’inscrire et participer à « l’expérience ». S’ils survivent, ils seront graciés.

Le temps passe, des dizaines et des dizaines d’hommes passeront sur le fauteuil des Dr Frankenstein, les cadavres s’accumuleront quand soudain, un jour, l’un d’eux reviendra. Un nouveau drapeau venait d’être planté dans l’histoire des conquêtes humaines.

Inventif et perspicace, Werber est un véritable magicien pour nous procurer des histoires à la fois originales, terriblement bien contées mais surtout porteuses de vrais messages et de vraies réflexions intéressantes. Tout semble passer sous l’œil critique de cet auteur qui semble réconcilier la jeunesse avec la littérature à caractère philosophique.

Travaillant toujours sur la recette gagnante des fourmis, le récit se mélange agréablement à des passages de l’encyclopédie d’Edmond Wells permettant d’alléger par moment l’histoire, tantôt d’apporter des précisions.

Néanmoins, si Werber signe un excellent livre avec les Thanatonautes, il s’attaque ouvertement à un thème complexe qui en tant que lecteur n’est pas toujours facile à aborder, je le laisse donc aux plus motivés en précisant que par chance ne pas le lire n’interdit pas de passer directement au suivant L’Empire des Anges ou à la suite, la Trilogie des Dieux.

Les fans de l’auteur seront donc bien servis tandis que les novices pourront se plonger agréablement dans son univers psychédélique.

Bonne lecture.

Bernard Werber, Les Thanatonautes, éd Albin Michel

30/01/2008

Into the Wild

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Notre nouvel invité, comme promis, ce nomme Into The Wild ou, en français, Voyage au bout de la Solitude de Jon Krakauer.

Pour tout dire, ce livre qui se voit porter sur les écrans par Sean Penn, possède en lui une forme de magie, la magie de l’appel, appel de la forêt, de la montagne de la neige, appel de la nature la plus sauvage.

Basé sur une histoire vraie, Krakauer raconte ici le récit tragique d’un jeune homme qui a tout lâché pour vivre son rêve et fuir les chaines de la société.

Le livre commence en 1992. A cette époque, un groupe de chasseurs partis en forêt le long de la piste Stampede dans une région peut fréquentée et particulièrement hostile de l’Alaska découvre son premier point de halte de la journée.

Il s’agit d’un vieux bus abandonné qui servait autrefois aux ouvriers quand les mines de la région fonctionnaient encore. Depuis les années, il a commencé à rouiller, les petits graffitis des voyageurs-chasseurs se sont accumulés, quelques carreaux sont cassés mais jamais il n’a cessé de servir de refuge aux passants.

A l’intérieur, ils découvrent, comme toujours, un vieux poêle rudimentaire, de maigres ustensiles de survies et quelques loques éparses. Mais pourtant, il y a quelque chose qui ne va pas, à commencer par cette odeur pestilentielle qui envahit la carcasse en plein mois d’août.

Il vienne de découvrir le corps sans vie de Christopher Mc Candless, un gamin de vingt trois ans au plus.

Les dernières années de sa vie furent l’histoire d’un « vagabond » qui arpenta les routes des Etats-Unis à pied, en stop, en canot… Mais il n’en fut pas toujours ainsi. Il y a encore peu, il vivait avec sa famille, il faisait des études de droit à l’université et se passionnait à tenter d’aplanir les inégalités dans le monde. Et puis un jour, il eut son diplôme. Une brillante carrière et une vie rangée l’attendait, du moins c’est ce que pensaient ses parents avant qu’il ne s’évanouisse dans la nature.

Dans ce livre, vous ne trouverez pas une biographie impartiale, une analyse psychologique profonde du personnage ou un manifeste contre ce genre « d’illuminés ». Ce n’est pas la volonté de l’auteur qui, on le sent, n’a que compréhension et admiration pour le jeune homme.

Non, au contraire, vous découvrirez la vie de solitaire et de voyageur sans attache de Mc Candless. Vous partirez avec lui sillonner les routes et sentirez comme lui, l’appel de la nature ainsi que l’oppression de la société moderne.

Vous découvrirez aussi la vie d’autres énergumènes solitaires contemporains ou prédécesseurs dont John Muir, le célèbre écologiste du début du XXe siècle ou d’autres grands noms de l’alpinisme.

En réalité, je n’ai qu’une seule remarque à faire sur ce livre : « Méfiez-vous en, parce que vous pourriez bien vous aussi ressentir le besoin urgent de partir et de tous laisser, de partir et de vivre entre roches et arbres le long d’une petite rivière, bercé par le chant des oiseaux.

C’est un livre magnifiquement écrit qui en se laissant autant dévorer que déguster, allumera en vous un incendie, un rêve simple, un havre de paix.

Il ne reste donc plus qu’à savoir ce que la vie de Christopher Mc Candless deviendra une fois projetée dans les salles obscures.

 

Jon Krakauer, Into the Wild

 

Extrait des premières lignes.

 

A 6,5 kilomètres de Fairbanks, Jim Gallien aperçut un auto-stoppeur qui se tenait dans la neige au bord de la route, le pouce levé très haut et grelottant dans l’aube grise de l’Alaska. Il n’avait pas l’air bien vieux ; dix-huit ans, dix-neuf peut-être, pas plus. Une carabine dépassait de son sac à dos, mais il avait l’air d’un bon garçon. Dans le 49è Etat, une carabine Remington semi-automatique n’étonne personne. Gallien gara sa camionnette Ford sur le bas-côté et dit au jeune homme de monter.

Chris Mc Candless n’était plus qu’à quelques heures de sa destination, la piste Stampede qu’il comptait traverser d’un bout à l’autre.

 

Jon Krakauer, Into the Wild, éd Presse de la Cité.

 

27/01/2008

Le Glacier, Marc Laberge

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Juste avant de vous emmener pour Un Voyage au bout de la Solitude (Jon Krakauer, Into the Wild), je vais vous parler, variation sur un même thème, du Glacier de Marc Laberge.

Auteur Québécois, conteur pour enfants à ses heures, il sera peut-être difficile à obtenir en dehors d’une bonne librairie mais il constitue un excellent démarrage à la littérature du voyage et de l’espace sauvage.

Dans cet ouvrage, vous partirez à la découverte de John Muir. Sans empiéter sur le récit, sachez qu’il s’agit d’un des premiers écologistes américains. Il passa sa vie dans les montagnes rocheuses et milita en premier pour le respect de la faune et la flore.

Il parvint même à s’attirer les faveurs et une visite en sa compagnie au milieu des bois du président Roosevelt.

Point de biographie pourtant dans ce livre. Il s’agit de raconter quelques aventures marquantes du personnage, celle de l’homme face à la nature sauvage, celle de l’homme seul avec lui-même.

Parmi celles-ci, l’histoire vraie du glacier raconte comment un homme et son chien ont réussi à échapper à une fin effroyable lors d’une tempête de vent, de pluie et de neige,  perdus sur un glacier aux crevasses infranchissables.

En racontant ses évènements avec une incroyable précision et un sens inné de la narration, Marc Laberge nous plonge dans un univers fascinant, presque étranger. Il nous fait prendre conscience de sensation imperceptible, d’une vision de l’univers fascinante.

Très court récits, il vous emmènera aux limites du corps dans une réflexion sur ce qui pousse les humains à grimper toujours plus haut et à risquer leur vie.

 

Marc Laberge, Le Glacier, éd Québec/Amérique 

 

 

20/01/2008

Le Meilleur des Mondes

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Ca vous tente une rencontre avec un des pères de la science fiction ? On parle souvent des inventions et de l’imaginaire de Jules Vernes, d’Herbert George Wells ou de George Orwell, Asimov, on mentionne moins le génie d’un de leur contemporain, Aldous Huxley.

Son centre d’intérêt, c’est essentiellement, outre les technologies futures, l’évolution politique du monde ou plutôt celle de la société et des rapports entre les hommes.

Dans ce livre, nous atterrissons dans une année indéterminée indéniablement futuriste au vu des technologies présentes.

Au sein de ce monde, une guerre mondiale atroce s’est déclarée un peu plus tôt causant ravages, morts, dévastations et manquant d’anéantir la Terre et l’espèce humaine.

Au sortir de ce gouffre, une constatation s’imposait, il fallait absolument éviter que les choses ne puissent se reproduire.

Une seule solution, une société unifiée, hiérarchisée, infaillible.

La technologie aidant, la panacée n’est pas impossible à administrer. Un nouveau pouvoir central se crée chargé d’ordonner un état mondial, plus de pays, plus de nation. Chacun est citoyen à part entière du Monde. Les rivalités entre Etats sont supprimées.

Maintenant, pour entériner définitivement le projet, lui donner un soutien absolu, il faut encore l’accord intemporel du peuple.

Mais comment faire pour que chaque membre d’une immense population accepte à jamais le système et les nouvelles règles ? Comment faire taire les oppositions et en même temps créer une société parfaite ?

La réponse vient par la science mais surtout la biologie et les nouvelles découvertes sur le clonage et l’ADN. On peut formater les êtres humains avant leur naissances, les rendre plus forts, plus faibles, plus intelligents ou moins, en faire à l’avance des cadres ou des ouvriers…

On peut même aller plus loin et les éduquer pendant leur enfance pour les laver de leurs sentiments, de leur libre arbitre et de leurs pulsions ravageuses.

L’univers humains est devenu peu à peu un monde prédéterminé, contrôlé, uniformisé.

L’histoire raconte la vie de trois hommes. Deux sont issus de cette société préfabriquée mais ont été « mal » formatés, un autre est né dans les colonies de sauvages qui échappent au contrôle de « l’élite ».

Pour chacun d’entre eux, la vie va devenir un enfer. Car non seulement, ils sont forcés de prendre conscience de leur différence mais en plus ils doivent la cacher ou la dominer pour être accepté.

Huxley raconte dans son livre leur calvaire, leur prise de conscience et le déroulement sans pitié de cette lutte qui opposera l’homme libre à l’homme formaté, la différence à l’uniformité.

Peu ou pas conseiller aux trop jeunes pour la complexité du sujet, ce roman fait partie des grands livres de la science fiction.

Comme Asimov pour ses robots (I Robot), il s’interroge sur l’avenir de l’humanité mis entre les mains de la science et surtout comment une bonne intention peut paraître avec le recul la pire infamie.

C’est auteur qu’il faut lire, que l’on soit intéressé par le genre littéraire ou par la philosophie qui accompagne le sujet.

Il n’est pas inutile de préciser que ce roman d’anticipation a été écrit avant la Seconde Guerre Mondiale et que donc, la boucherie exterminatrice qui fut la cause créatrice d’un nouvel ordre mondial a existé même si ce n’est peut-être pas dans la même mesure que celle du livre, qu’une autre guerre peut toujours menacé avec en plus cet épouvantail qu’est l’arme atomique. Mais surtout, il faut se dire qu’avec l’ONU, avec l’Union Européenne, on n’est pas bien loin de la création soit d’un Etat Mondial, soit d’une citoyenneté mondiale basée sur la conscience collective d’appartenance à un territoire plus grand que l’Etat, la Terre.

Alors ? Plutôt actuel l’auteur d’anticipation.

Bonne lecture !

Aldous Huxley, Le Meilleur des Mondes

Existe aussi : Retour au Meilleur des Mondes

14/01/2008

Nos amis les humains

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Qui ne connaît pas cet auteur français, esprit de génie, démangé de la plume ?

Sincèrement, j’ose espérer que la réponse est « personne » car avec cinq millions de livres vendus en France et dix millions dans le reste du Monde, il figure parmi les brillantes étoiles de notre littérature contemporaine.

Sa plume est axée sur la simplicité raffinée. Pas de formules toutes faites à chaque page, pas d’alambiques dans la rédaction avec son système de rédaction brute, simple et sans emphase.

A travers cette courte nouvelle qui fut adaptée au théâtre Bastille de Paris, Bernard Werber reste dans sa tranche préférée : le roman d’aventure axé sur la philosophie et ou plutôt la réflexion vis-à-vis du monde.

Dans cette histoire, il est question de la rencontre entre deux caractères opposés.

D’une part, il y a cet homme, scientifique endurci emportant comme bagage tous les stéréotypes de la fonction et d’une société matérialiste, pragmatique et rationaliste.

De l’autre côté, voyez venir, cette jeune femme, dresseuse de tigre dans un cirque, idéaliste, mièvre par moment et aussi éloignée que possible d’une vision machiavélique (La fin justifie les moyens).

Rien ne les unis. Tout les sépare. Tout sauf leur position respective puisqu’ils sont tous deux enfermé dans une pièce en verre, isolé du reste du monde.

Quoiqu’il arrive, ils vont devoir vivre ensemble, un quart d’heure, une demie heure, une heure, un jour, une semaine,…, jusqu’à ce qu’on vienne les chercher du moins car, même en cherchant, il n’y a à ce bocal aucune issue sauf peut-être par un plafond trop haut pour être accessible.

Le temps passe, la conversation s’engage entre les deux antagonistes qui opposent leurs idées et leurs visions et qui nous invite à réfléchir dans notre fauteuil douillet.

Les thèmes courent au fil des pages mais la situation des héros ne s’arrangera pas. Au fil des heures, ils recevront des décharges électriques du sol pour s’être battu, prendront leur nourriture et leurs boissons grâce à une mangeoire ou encore verront apparaître une immense roue de hamster…

La situation s’éclaircit, ils sont prisonniers et considérés comme des animaux domestiques équivalant aux rongeurs que nous gardons en cage.

Enfin, c’était avait qu’ils ne découvrent que la Terre avait été détruite par un chaos nucléaire causé par la guerre et les dictatures et bien avant qu’ils n’entament entre eux le procès de l’humanité.

 

Comme toujours, Bernard Werber fait montre de son talent de conteur à travers des histoires à la fois superbes, remplies de personnages dont la vraisemblance reste toujours unique.

Je ne regrette qu’une chose, c’est de ne pas avoir pu voir la pièce de théâtre de mes yeux pour savoir ce que donnait sur scène ce mélange détonnant d’humour, de philosophie et d’aventure.

Je vous laisse en bonne plume !

Bonne lecture.

Lien vers la bande annonce de la pièce.

11/01/2008

La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil


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Connaissez-vous Sébastien Japrisot ? Non. Vous devriez car ce grand romancier français spécialiste des énigmes comme dans La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil ou Piège pour Cendrillon est aussi l’auteur du livre qui à permis ce célèbre film, Un long dimanche de fiançailles.

Prix d’honneur de la littérature policière et Best Crime Novel voici venir l’histoire de Dany, La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil

 

Dany Longo est secrétaire dans une société de publicité à Paris. Soyons clairs, elle s’ennuie ferme ! Néanmoins elle ne sait pas encore que bientôt, sur un simple coup de tête, cette monotonie va s’envoler en un éclair.

Pour le moment, nous sommes à la veille du week-end du quatorze juillet. Ses collègues, ses relations mettent tous la dernière touches à leurs projets avant de partir s’amuser pendant la fête nationale. Il y a ceux qui partiront en randonnée, ceux qui sortiront en groupe, ceux qui partiront bronzer et puis… et puis, il y a elle qui ne fera rien. Comme d’habitude.

Pourtant, ce soir, son patron lui a demandé exceptionnellement de faire des heures supplémentaires. Il a besoin d’un long dossier pour le lendemain et rien n’est encore prêt.

C’est peut-être la seule chose à faire ? Elle accepte et se rend chez cet homme qui est aussi le mari d’une ancienne amie. Toute la nuit, elle tape à la machine. Au matin, elle s’effondre épuisée. Le travail est fini.

Avant de pouvoir rentrer chez elle se reposer et se couper du monde, elle accompagnera encore toute la petite famille du chef jusqu’à l’aéroport. C’était le dernier acte censé qu’elle accomplissait.

Le patron lui a confié les clés de sa voiture, une splendide Thunderbird blanche, le temps pou elle, de la ramener en sécurité jusque dans son garage.

L’avion décolle. Dany aussi, mais à bord de la superbe décapotable. En un coup de tête, sans se soucier des conséquences, elle part vers le sud, vers cette mer que tout le monde dit si bleue.

Sur la route, elle se rend compte peu à peu que tout le monde dit l’avoir déjà vue la veille, du mécanicien qui lui répare un phare à l’agent de police qui contrôle ses papiers.

Petit à petit, elle en vient à se demander si la coïncidence peut exister jusqu’à un tel point ou si elle perd tout simplement la tête. Et encore, c’était avant de trouver un cadavre et un fusil dans le coffre, qui, elle en était sure, ne s’y trouvait pas lorsque le patron avait pris ses valises…Qu’a-t-elle fait ?

Rythme, construction et doute. Trois mots parfaitement appropriés pour décrire la plume de Sébastien Japrisot dans ce livre.

Le rythme. Un récit qui se pose très vite et ne lâche pas la pédale de l’accélérateur du début à la fin. La construction du récit qui directement amène le doute car je vous tirerai mon chapeau si vous trouver la solution du mystère avant de la lire. C’est absolument impossible !

Enfin, c’est un roman à cheval entre le polar et le thriller psychologique car outre l’énigme, la trame se construit essentiellement sur la personnalité et la psychologie des personnages dont nous visitons les pensées, reliés par le fil poétique d’une plume infiniment souple et précise, séduisante semeuse d’énigmes.

 

Bonne lecture !

 

03/01/2008

L'auberge rouge

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Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui je vais me faire l’écho d’un livre bien entendu, mais aussi d’un film puisque j’ai choisi de vous parler de l’Auberge Rouge.

Commençons d’abord peut-être par cette courte nouvelle de Balzac disponible au format de poche.

Tout d’abord, je vous dirais qu’elle est complètement différente du film sur nos écrans. Dans cette histoire Balzac raconte comment, un jour, invité par des amis à prendre le repas du soir – et un repas ma foi fort copieux- il finit par atteindre l’heure où les corps sont repus, dans cette instant où la chair satisfaite fait somnoler un esprit qui ne demande rien de plus qu’un peu de musique ou une histoire. C’est à ce moment, qu’un des invités sous l’insistance de l’assistance commence donc à raconter son histoire.

Et une histoire sombre, macabre, celle d’un négociant qui voyageant à travers l’Allemagne s’arrête en même temps que deux jeunes soldats médecins à l’Auberge Rouge.

Il explique comment le lendemain, le négociant fut retrouver mort, privé de son argent tandis qu’on accusait l’un des jeunes gens du crime.

Néanmoins, le conteur ayant rencontré lui-même ce garçon reste persuader de son innocence.

Le mystère plane. Un innocent à payer. Un assassin, un voleur est en liberté ! Balzac mène l’enquête.

Vous l’aurez compris cette nouvelle, proche de la fable, reste loin du film qui vient de sortir. Cependant, pour ceux que cela intéresse je ne saurais que trop la conseiller. C’est très court, l’occasion de se plonger dans l’univers d’un des plus célèbres auteurs classiques sans trop se fatiguer, l’occasion aussi en une petite heure de se laisser bercer par une plume et une manière de raconter toujours moderne malgré son âge.

Pour en venir, au film, je rappellerai que l’histoire est ici complètement différente puisqu’elle raconte la vie d’un couple d’aubergistes (Balasko, Clavier) propriétaires d’un relais isolé dans les Pyrénées, l’Auberge rouge. Le paysage est idyllique mais les clients n’affluent pas. Grand bien leur fassent d’ailleurs car ceux qui y rentrent ne sont jamais ressortis ou alors nettement moins vivants.

La vie y est calme à peine troublée par l’un ou l’autre promeneur isolé dont la disparition ne saurait inquiéter personne. Mais c’est jusqu’au jour où arrive une calèche bondée et cabossée d’où sorte entre autre une vieille aristo, un bucheron, un vendeur de dentelle mais surtout un prêtre (Jugnot). L’occasion pour le couple assassin de finir en apothéose et de détrousser les malheureux juste avant la fermeture de la route qui les reliait à la civilisation au profit d’un itinéraire plus court.

Après, avec l’argent gagné, ce sera le début de la grande vie pour eux tous.

Seul inconvénient, la matrone refuse qu’on touche à un cheveu du prêtre !

Construit sur l’opposition Clavier-Balasko contre Jugnot le film est tourné de manière exquise dans un mélange macabre et bercé d’humour, un humour justement dosé, bien présent et très léger.

Un bon film qui n'a rien à envier aux machines à brasser les visiteurs des cinémas anglais et américains mais surtout un bon film pour passer un agréable moment en famille ou entre amis dans les salles obscures.

 

Bon film ou bonne lecture…

 

28/12/2007

La Mécanique du Coeur

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Coup de cœur d’un grand nombre de libraires en cette fin d’année, je laisse aujourd’hui la place à La Mécanique du Cœur de Mathias Malzieu.

Jeune auteur français, il nous offre seulement son deuxième roman mais si je ne vous le disais pas, vous n’y verriez que du feu tellement la qualité est au rendez-vous.

Dans ce conte, plutôt pour grands enfants, nous plongeons dans l’Edimbourg de 1874, le jour de la naissance de Jack, le jour le plus froid du monde !

Si froid, que le cœur du petit nourrisson reste gelé et refuse de battre. Par chance, l’accoucheuse, mi-sorcière mi mécano va parvenir à le sauver en remplaçant le cœur défectueux par une horloge. Elle fonctionne, l’enfant vivra mais il devra se tenir à l’écart de sentiments trop puissants comme la colère et surtout, surtout, l’amour.

Mais comment peut-on contrôler ses sentiments sans vivre à l’écart du monde ? Un jour dans les rues d’Edimbourg, le regard d’une petite chanteuse de rue allumera la bombe infernale et plongera notre jeune héros dans une suite d’aventures et d’épreuves, de l’Ecosse jusqu’à l’Andalousie rencontrant tantôt Jack L’Eventreur, tantôt George Méliès (le créateur des effets spéciaux, avec son voyage sur la lune).

Ce roman, sans être très long est pourtant une véritable caverne d’Ali Baba par sa richesse tant au niveau du style qu’au niveau de l’intrigue et des personnages.

Ce qui me vient le plus à l’esprit pour décrire ce phénomène, c’est le style et le film de Tim Burton. Vous vous souvenez de l’Etrange Noël de Mr Jack ?  Une ambiance bizarre entre le sombre et le gentil ?

Il y a dans la Mécanique du cœur une kyrielle de personnages absolument incroyables, bizarres, incongrus, effrayants, cabossés par la vie et pas moins attachants. Une ambiance entre gris clair et gris foncé centrée autour d’un personnage poussé par la vie à sortir de sa rêverie et forcé à prendre des gifles.

Au point de vue du style, il me laisse complètement ébahis. C’est fait avec un sens de la précision, du mot choisi sélectionné étudié, un peu comme un puzzle où chaque pièce s’emboite ligne après ligne pour révéler un paysage incroyable.

Mais savoir que l’auteur fait partie d’un groupe de rock pourrait fournir assez d’explications à ce sujet. Une écriture à vif, à l’os mais néanmoins plus que raffinée.

 Réflexion sur les délices de l’amour comme sur sa cruauté, sur le rejet de la différence comme de son importance, ce conte moderne excessivement poétique oscillant entre un gris clair et un gris foncé vaut vraiment le coup d’œil ne serait-ce que pour voir ce que donne le mythe de Pinocchio en 2007. 

Bonne lecture !

 

La Mécanique du Cœur, Mathias Malzieu, éd Flammarion.

 

22/12/2007

A la Croisée des mondes

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Comme promis, voici la critique de A la Croisée des Mondes de Philip Pullman.

Que dire de ce livre ? Et bien, je dois avouer que je reste assez perplexe. Mon cœur balance entre du pour et du contre.

Et de bons éléments, il y en a dans ce roman fantastique. Du point de vue de l’imagination, c’est tout simplement remarquable. On rencontre une multitude d’univers connectés entre eux de manière particulière, des créatures incroyables ; pour ne citer qu’eux, je pense aux immenses ours polaires en armures forgerons hors pairs.

Il y a des inventions complètement novatrices pour le roman fantastique. En bref, le paradis du rêve et de l’aventure.

Mais, il n’y a pas que l’apparence qui est mise en avant, il y a aussi la psychologie des personnages qui se retrouve omniprésente à chaque ligne. On retrouve leurs côtés sombres, leurs états d’âme, leurs plans démoniaques… Ajoutez aussi un langage soigné et un plume allant au mot juste, c’est excellent.

S’il n’y avait que cela, ce livre serait une vraie perle et Pullman n’aurait pas volé son titre parmi les plus brillants auteurs de fantastique anglais.

Mais, je dois vous avouer que j’ai mis près de huit ou dix ans pour passer de la première page du tome 1 à la dernière du troisième tome.

Car c’est là que le bas blesse. Sans dire qu’on s’ennuie en lisant, il est très difficile d’accrocher à l’histoire et c’est en grande partie dû à ce qui fait sa qualité : par très inventive, elle devient trop complexe. Le lecteur manque de repères dans sa lecture et se perd assez facilement. Du moins, ce n’est qu’un point de vue et il n’a qu’une seule conséquence importante, c’est qu’il faudrait idéalement ne pas chercher à le lire trop jeune et être particulièrement bon lecteur ou motivé.

 

Etant donné qu’il s’agit d’une trilogie, il serait assez difficile d’en faire un résumé correct, on peut cependant dire que la trame du livre à pour sujet principal la théorie des mondes parallèles évoluant différemment les uns des autres mais dont le sort est lié par un principe d’équilibre.

Dans l’un de ces mondes, vit la jeune Lyra. Elle habite le collège d’Oxford en grande Bretagne en compagnie des plus grands savants et des meilleurs érudits où elle coule des jours paisibles et insouciants, inconsciente encore de son importance et des prédictions qui ont été faites il y a fort longtemps à son sujet.

Dans son Oxford, on retrouve un monde à cheval entre le féodalisme et le début du vingtième siècle, une civilisation avec des choix de technologies principales différentes des notres.

 Dans ce monde, vous ne serez pas étonné de rencontrer des daemons, sortes d’extension de l’âme en dehors du corps humain, il se rencontre sous forme d’animaux pouvant se métamorphoser à volonté dans l’enfance, du papillon au tigre, du chat à la colombe.

Mais ce calme absolu se brise le jour où la jeune fille est kidnappée et emmenée par des voleurs d’enfants. Sauvée par des gitans, elle entreprend un voyage vers le Nord à la recherche de son père, le célèbre Lord Asriel. Elle ne sait pas encore que son chemin la mènera beaucoup plus loin…

Vous ferez la rencontre dans ces livres de sorcières, d’ours en armures, de gyroptères, de monstres des falaises, de gallivespiens et même d’anges…

Bonne lecture !

 

16/12/2007

La Bastille

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Je vous rassure, la récidive ne sera pas trop fréquente, mais je me permets aujourd’hui de vous présenter un livre d’Histoire. H majuscule et donc pas d’essai, pas de biographie, pas de roman à l’ordre du jour.Pourtant, je m’adresse aux passionnés de lecture, de documents, de légendes, d’histoire, à ceux qui s’intéressent à la France absolutiste ou révolutionnaire, à ceux qui aiment la Ville des Lumières et même à ceux qui de prime abord ne seraient pas particulièrement fans ou accros à ce genre de lecture.Dans ce livre, Claude Quetel, un des plus fiables historiens français nous replonge dans les ombres du symbole. Et un symbole, la Bastille en est un. Qui ne la connaît pas, qui n’en a jamais entendu parler ? Ce mot résonne en nous et nous fait revivre cette lutte pour la liberté de tout un peuple.Néanmoins, la Bastide Saint-Antoine de son nom d’origine reste mystérieuse. Prise par une foule de Parisiens en colère, elle ne tarda pas à être détruite pour emporter ses secrets avec elles. Dans cet ouvrage, l’historien s’est attelé à la lourde tâche de reconstruire en quelques pages le célèbre monument méconnu.

Sur base d’une collecte d’archives, d’un travail minutieux de fouilles et de reconstitutions, il nous replonge dans la vie quotidienne de ces quelques 6000 embastillés. Parmi eux, nous retrouvons les célébrités : « Le Masque de Fer », Voltaire, le Marquis de Sade, Cagliostro… Avec eux, nous revivons les plus grandes affaires judiciaires de l’Ancien Régime : Les Poisons, Les Colliers de la Reine…

Mais c’est surtout la démonstration de la vie quotidienne vue par la prison qui est surprenante. On peut ainsi récolter une foule d’informations sur les crises politiques, la justice, la vie parisienne, les complots, la liberté de presse.On se mêle au bas fond de Paris sous le manteau de l’inspecteur générale de police et de ses bureaux de renseignements. On surveille les étrangers, les Anglais et tous ceux qui ont des relations avec ces derniers  en premier lieu. On s’attaque aux païens, aux juifs, aux protestants, aux Jansénistes. Mais surtout, on surveille de près les mœurs frivoles de la noblesse et des grandes familles, quitte s’il le faut à envoyer quelque temps à la Bastille en « pénitence » les concernés.Et c’est un des principaux démentis du livre. La prison de la légende populaire est surtout le château du roi et la prison de la noblesse turbulente.Attaquez-vous également à cette légende de savoir combien de temps on pouvait rester à la Bastille et si on pouvait, comme on le dit souvent, y être OUBLIE. Ainsi, le professionnalisme de l’historien est bien présent dans ces lignes qui pourtant, sont plus que croustillantes, plus à déguster peu à peu qu’à coincer au fond d’une bibliothèque pour décorer.C’est un livre qui s’adresse à tous, qui fournit une multitude d’informations et lance des pistes pour découvrir toute une époque extraordinaire. Mais surtout c’est un ouvrage qui sait rester simple et ludique sans orgueil. Bonne lecture ! Une histoire de la Bastille, depuis sa cration sous Charle V jusqu'à sa destruction en 1789, tout en passant en revue les prisonniers célèbres et la vie quotidienne des quelques 6000 embastillés.  L’histoire véritable de la Bastille, Claude Quétel, éd Larousse, bibliothèque historique.



 

12:51 Écrit par ecrivain89 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la bastille, quetel, histoire, livre, si jose ecrire |  Facebook |

13/12/2007

La Rêveuse d'Ostende

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Eric-Emmanuel Schmidt, La rêveuse d’Ostende 

Il est bien tard, ce soir, quand mon regard fatigué d’une longue journée glisse sur les dernières lignes de La Rêveuse d’Ostende d’Eric Emmanuel Schmidt.

Comme souvent lorsqu’on est face à un bon livre, une belle histoire, je me sens envahi par le désespoir d’arriver à la fin. L’histoire s’arrête là, maintenant gravée dans un coin de notre mémoire et nous devons peu à peu reprendre pied avec la réalité.

Pendant mon atterrissage, ce qui me frappe en premier c’est avant tout la question de savoir comment j’ai pu ignorer un tel talent aussi longtemps.

Car cet auteur français, qui je le rappelle passe une bonne part de son temps en Belgique – et aime à y mettre en scène ses histoire en dépeignant à la perfection nos habitudes et notre décors- a un don réel pour l’écriture.

A travers ce recueil de nouvelles, cinq pour être précis, on ne peut que tomber sous le charme de la plume. C’est peut-être par une série de qualificatifs qu’on en viendrait le mieux à décrire les sensations qui vous traversent. Je pense d’abord à la force et au charme de décors, simples et envoûtants. Tout comme je rends hommage au sens de la mise en scène qui est révélé par le mystère de la narration et la qualité des dénouements. Alors qu’enfin, je n’oublie pas les mots, ce vocabulaire riche qui se plie en quatre au service d’un phrasé fluide et de la lumineuse simplicité des histoires.

Cinq nouvelles donc pour un livre qui se dévore. Cinq nouvelles : La Rêveuse d’Ostende, Crime Parfait, La Guérison, Les Mauvaises Lectures et La femme au bouquet.

Que dire d’elles sinon qu’elles sont magiques, ouvertes à l’imagination, à un voyage dans le rêve éveillé.

En quelques mots, La rêveuse d’Ostende met en scène un écrivain cherchant à fuir au bout du monde pour se remettre à l’abri d’un déboire amoureux. Et c’est plus précisément sur les plages de la Mer du Nord dans la vieille demeure d’Emma Van A., sa logeuse qu’il tentera de parvenir à ses fins. Pendant quelques semaines, les deux individus vont se côtoyer et c’est cette vieille dame distinguée clouée dans un fauteuil roulant qui va livrer l’intrigue de sa vie, le doux secret de sa mémoire, l’amour de sa jeunesse.

Par la suite, je vous invite à rentrer dans la tête de la plus malheureuse des criminelles. Celle qui après avoir réussi le crime parfait en précipitant son mari du haut d’une falaise ni vue ni connue, se rend compte qu’elle a bel et bien supprimé la personne à qui elle tenait le plus et réciproquement.

Mais c’est sans conteste à la Femme au bouquet que va ma prédilection car cette courte nouvelle d’une quinzaine de page révèle l’existence d’une femme mystérieuse qui chaque jour de sa vie vient s’asseoir sur le quai numéro trois de la gare de Zurich et qui un bouquet en main, attend impassible. Elle attend depuis des jours, des semaines, des mois, des années. Certains disent cinq ans, d’autres dix, d’autres quinze… L’essentiel est qu’elle reste là imperturbable jusqu’à la tombée du jour où elle rentre chez elle jusqu’au lendemain.

Pourquoi elle attend ? Qui elle attend ? Qu’espère-t-elle ? Chacun aura bien sa petite idée, le reflet de son désir propre. Mais au fond personne ne sait vraiment dans les profondeurs de cet esprit. C’est un secret qu’elle seule pourrait raconter…

Ce qui frappe dans la lecture du livre, c’est le goût prononcé pour l’auteur des choses simples, des histoires toutes en simplicité, parfaitement réussie et bercée pourtant par ce que la réalité ne rôde jamais bien loin du rêve. 

Un bon cadeau pour la Noël si vous êtes en panne d’inspiration !

Alors comme toujours, je vous laisse en vous souhaitant, une agréable lecture…

 Eric-Emmanuel Schmidt, La Rêveuse d’Ostende, éd Albin Michel

 

09/12/2007

Lettres Mortes

Lettres_mortes

La littérature anglaise reste présente et cette semaine, c’est Shaun Hutson qui nous fera découvrir ses Lettres Mortes.

D’abord, je me suis un peu penché sur la biographie de l’auteur avant de faire cette critique. Voici, en quelques lignes, ce qu’il faut en retenir.

Devenu, écrivain en 1983, après plusieurs petits boulots, Shaun Hutson, 28 romans plus tard est devenu en Angleterre un des plus grands vendeurs de livres d’horreur.

Personnellement, il est présenté comme un alcoolique repenti, diagnostiqué pour ses tendances psychotiques et auteur favori des bibliothèques de prisons anglaises. Du reste, il est parait-il un homme charmant…Tout un programme !

D’ordinaire, je ne me serai pas attaché à vous raconter ces détails mais dans ce cas, ils forment un bon préambule à la présentation du livre.

Lettres Mortes fait en effet partie d’une catégorie, plutôt, d’une conjugaison de genres peu courante, il s’agit du mélange du roman policier à suspense avec le roman fantastique.

C’est une potion rare dans les librairies mais qui réussit le pari de divertir, d’accrocher et de faire frissonner le lecteur. Un joli coup !

L’histoire en elle-même se passe dans le Londres actuel où le temps de quelques nuits plusieurs personnes sont assassinées chez elles. La police qui fait la découverte macabre ne peut que se poser des questions tant à propos des mutilations que le meurtrier fait subir aux victimes que par sa méthode.

En effet, sur place, les corps se font trancher la langue, arracher les yeux ou tout simplement ont le ventre ouvert en deux parties. Mais ce qui est le plus étrange n’est pas encore tant cette atroce déferlante de colère et de haine que la fait que dans chaque cas, toutes les portes et toutes les fenêtres étaient restées parfaitement closes jusqu’à l’arrivée de la police.

Et pourquoi donc aussi, toutes les victimes qui n’avaient pas beaucoup d’autres liens entre elles que de toucher de près ou de loin au domaine de l’édition, pourquoi donc étaient-elles à chaque fois entourées des manuscrit en lambeaux de Mégane Hunter dans sa biographie de Giacomo Cassano, mentor méconnu de Dante et du dernier livre d’horreur de John Paxton ?

Sur cette affaire, il ne fallait personne d’autre que David Birch ! David. Comment parler du personnage ? Un inspecteur Harry dans sa récente version anglaise ? Cynique, solitaire et trop terre à terre face à des phénomènes qui dépasse l’imagination ?

 

Je ne le cache pas, Lettres Mortes est une vraie réussite. L’histoire se met en marche très vite et vous absorbe immédiatement. L’écriture est fluide, légère. En bref, on ne s’endort pas dans

ce récit qui se laisse lire sans opposer la moindre résistance.

Et surtout, vous verrez, la solution du mystère est surprenante… fantastique…Et Terrible !

                                                                                                            

Bonne lecture !

 

04/12/2007

L'envers vaut l'endroit

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Après Le Disque-Monde, Daniel Pennac et Philip Roth, c’est Simon R. Green qui pointe le bout de son nez avec un titre évocateur L’Envers vaut l’Endroit.

Inutile de le cacher, cette fois, il s’agit bien d’un roman d’aventure sur toile fantastique.

Qu’en dire ? Tout d’abord qu’il n’est pas très long à lire mais surtout qu’il est fermement imprégné d’humour anglais.

L’envers vaut l’endroit fait partie de la série des Nightside. Inutile de s’affoler, les livres peuvent parfaitement se lire indépendamment les uns des autres.

Petite introduction…

Le Nightside nous vient tout droit de l’esprit, on peut dire tordu, de Green. Il s’agit d’un quartier de Londres. On y accède par le métro. Là bas, il est toujours trois heures du matin dans un univers maléfiques et sombre où se retrouvent toutes les créatures habitant vos cauchemars.

Dans le rang des créatures surnaturelles, citons par exemple les loups garous, fantômes, ondines,… Rajoutons aussi des « espèces » de dieux assez « spéciaux », des anges, des démons, l’Inquisition… mais aussi et surtout Suzie Bang-Bang (plus fragile que son fusil à pompe ne le laisserait présumer), Walker (le chef de la police), le Collectionneur, Jack l’Ordure Cosmique, Mr Moelle et Mr Sang, ainsi que plus brièvement un Merlin l’enchanteur comme vous ne risquez pas de le voir souvent et son descendant.

Au milieu de tout ce capharnaüm, John Taylor est le « trouveur d’objet ». Demandez-lui quelque chose, il le trouvera et il vous le rapportera. Il a un don pour ça.

Néanmoins, comment peut-on mener à bien la mission de retrouver le Graal impie, la coupe de Judas quand la concurrence déjà rude est renforcée par l’apparition d’anges et de démons aussi destructeurs les uns que les autres et prêts à tout pour s’emparer de la relique.

Roman d’aventure, fantastique avec un brin de science fiction, L’envers vaut l’Endroit est absolument captivant mais aussi ; très clairement, déjanté. Inutile de dire qu’il faut le prendre au second, voire même au troisième degré sans s’attendre à plus qu’une part de rêve, un moment d’évasion et de détente.

De plus, il présente cette caractéristique très rare d’associer le fond et la forme. Le fond est sombre, insalubre, n’en attendez pas moins du texte.

C’est peut-être là le talon d’Achille de l’œuvre, il ne faut pas nécessairement la mettre entre toutes les mains.

Personnellement, je n’ai eu qu’un seul regret avec cet ouvrage, c’est celui d’arriver au point final mais qui sait, le Nightside est vaste et la série se construit.

Simon R. Green, L'Envers vaut l'Endroit. éd Bragelone

02/12/2007

Un homme

9782070780945

Le livre que je m’apprête à vous présenter se rapporte à la catégorie nouvelle ou très court roman.

Si vous êtes à la recherche d’une histoire captivante qui visite mille et un paysages, si vous voulez trouver du suspense, de l’action et de l’aventure desservis par une intrigue magique, je vous dirais simplement de passer votre route.

En effet, même si je ne suis pas un expert dans l’art de la peinture ou de la photographie, je vous avouerais que la couverture de Un Homme résume parfaitement le livre : simplicité, sobriété et profondeur.

L’homme de Philip Roth est un homme comme tant d’autres. Il est né il y a de cela fort longtemps et comme tout un chacun est condamné à mourir.

Entre les deux nous voyons défiler en rapace sa vie faites de hauts et de bas, ses désillusions, ses échecs et l’insoutenable et inexorable progression des dégâts de l‘âge.

L’histoire d’un homme qui est devenu ce qu’il ne voulait pas être.

Comme je l’ai dit, ne lisez pas ce livre si vous êtes à la recherche d’une bonne histoire. Vous ne sauriez être que déçu par rapport à vos attentes.

Néanmoins, ce n’est pas non plus un essai philosophique. Le ton n’est pas moralisateur, il ne souffle pas une ligne de conduite. C’est à peine s’il constate.

Pourquoi je le conseillerais et pourquoi j’en fais la critique dans ce cas ?

Sans doute pour les mêmes raisons qui font que ce livre a reçu un assez bon accueil à sa sortie. C’est un roman miroir.

Je n’ai pas donné de nom au personnage principal. Dans l’histoire, il en possède un mais c’est à peu près le seul effort que fit l’auteur pour personnalisé son héros.

Car cet homme, c’est vous, c’est moi. C’est quelqu’un et n’importe qui.

Nous n’avons peut-être pas vécu la même vie mais il est universel. Ce n’est pas lui qui souffre sur un lit d’hôpital à soixante cinq ans c’est vous quel que soit votre âge. Ce n’est pas lui qui sourit en voyant arriver sa fille, c’est vous.

Ne croyez pas non plus que ce livre est assommant. Le sujet traité entre les lignes est bel et bien le sens de la vie et sa finitude mais, comme je l’ai dit, le tout reste très sobre et simple.

Plus que tout, Philip Roth ne cherche pas à prouver quelque chose, il ne défend pas une morale.

Le roman reste assez mince quand au nombre de page, ce qui réjouira certains mais ne doit pas faire reculer ceux qui aime les grandes briques. La quantité et la qualité sont deux choses parfaitement distinctes.

Un livre à lire et à l’approche des fêtes probablement à offrir car Un Homme de Philip Roth fait partie de ses romans qui vous marquent autant dire au fer rouge.

Philip Roth, Un homme. éd Gallimard

Début.

Autour de la tombe, dans le cimetière délabré, il y avait d'anciens collègues de l'agence de publicité new-yorkaise, qui rappelèrent son énergie et son originalité et dirent à sa fille, Nancy, tout le plaisir qu'ils avaient eu à travailler avec lui.

13:48 Écrit par ecrivain89 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philip roth, roman, livre, homme, vie, mort, critique |  Facebook |

28/11/2007

Chagrin d'école...

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C’est un phénomène très rare de se sentir absorbé par un livre dès la première ligne, de voyager sans s’en rendre compte et de ne pouvoir se détacher des mots avant le point final.

Dans cette biographie…

Aie ! Ai-je bien dit biographie ? Rassurez-vous pourtant c’est plus une question de fond que de forme. Je m’explique. Dans ce livre, Daniel Pennac retrace son parcours sur les bancs d’école. Il parle des difficultés qu’il avait pour apprendre, de son comportement et de celui de ses professeurs ou parents. Il résume sa cancrerie et bien plus, comment le cancre est devenu professeur avant de faire partie des plus grands écrivains français du moment.

C’est toujours une biographie me direz vous. Rien de plus vrai. Aussi vais-je sortir mon atout.

Pour Chagrin d’Ecole, Pennac a été le lauréat du prix Renaudot 2007 dans la catégorie roman.

Bizarre ? En effet, et inutile de vous préciser que cette victoire a fait un tollé incroyable dans le domaine des lettres, surtout quand on sait que le prix Renaudot possède une catégorie biographie.

Personnellement, je ne me permettrai pas de critiquer les membres du jury. Au contraire, je les félicite pour leur extrême lucidité.

Car qu’est-ce qu’une bonne biographie ? Avant tout, il s’agit de l’histoire vraie d’un homme.

Qu’est-ce qui fait que cette dernière sera de qualité ? On peut parler de l’humilité dont fera preuve l’auteur, du sens critique qu’il saura mettre en avant. C’est entendu si l’on se place dans le sens historique. Prenons maintenant le sens littéraire, pour une bonne biographie, ce qui est nécessaire, c’est de savoir la faire vivre et en même temps de pouvoir faire naître une réflexion sur base des expériences que l’on raconte.

Une bonne biographie, c’est l’Histoire et l’histoire. C’est un la vérité sur le ton du roman avec un fond de réflexion, d’essai philosophique.

Pari réussi Mr Pennac. Votre livre est excellent. Ce serait un crime de dire que l’on s’endort devant votre roman et encore moins de récrier vos idées quant à l’enseignement.

C’est en effet dans cette dernière partie que le livre excelle. Une réflexion de qualité sur l’enseignement prenant tantôt le regard de l’élève, du professeur et du visiteur.

Opposition des groupes et des époques, il permet à la fois de suivre le point de vue de tout le monde à toutes les époques non sans une nuance critique.

L’occasion pour certain de se souvenir, pour d’autre qui sont toujours assis sur les bancs de se mettre à la place de leurs « bourreaux ».

Voici donc un livre quatre étoiles non seulement brillant par son histoire mais surtout étincelant par ses idées. Le ton sérieux se conjugue volontiers à l’humour. Tandis que la plume utilisée, sans conteste, elle est légère. Le style y est très fluide, très reposant tandis que le vocabulaire employé reste assez relevé.

Bonne lecture.

 Chagrin d’école de Daniel Pennac, édition Gallimard.Prix Renaudot 2007, catégorie roman.Le troisième trimestre sera déterminant.

22/11/2007

Orgueil et Préjugé

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Comment pourrais-je parler de ce livre de sorte que j’arrive à convaincre autant de personnes que possible de le lire ?

C’est une question que je me suis longtemps posée avant même d’oser écrire cette critique.

Ce qui était sûr, c’est qu’il y avait trois choses qu’il ne fallait surtout pas mentionner.

La première était que ce livre faisait office de chef-d’œuvre de la littérature classique.

La deuxième était qu’il avait été écrit il y a près de deux cents cinquante ans.

La troisième, était de ne surtout pas mentionner qu’il s’agissait d’un roman d’amour.

Voici donc à peu près toute les raisons qui a priori devrait empêcher le lecteur potentiel d’acheter le livre. Sincèrement, faites abstraction.

Ce roman est un des meilleurs qu’il m’ait été donné de lire. Contrairement à ce que l’on pourrait croire il dégage une vitalité et une jeunesse incroyable.

Le langage y est bien entendu très soigné et réfléchi mais contrairement à nombre de livres anciens, il n’alourdit pas le texte mais le soulage de son âge.

Jane Austen écrit avec ce talent qu’on les Anglais pour la fluidité et la simplicité.

Dans ses livres, elle développe un don tout particulier pour décrire d’une seule phrase, d’un seul coup de plume le décor. Pas de détail superflu, pas de longue description pompeuse. Ce n’est pas le cadre qu’elle s’attache à décrire mais les mœurs et la mentalité de ses contemporains.

Roman d’amour je l’ai dit, mais pas encore roman à l’eau de rose. Orgueil et préjugé porte bien son titre. L’intérêt du texte réside dans l’opposition des personnages, l’opposition des classes sociales mais surtout l’opposition des caractères.

Ce sont les joutes verbales entre les héros qui font le spectacle du livre.

Ainsi, je me rappelle de cette phrase cinglante de l’héroïne, Elisabeth Bennet : « Je lui pardonnerais volontiers son orgueil s’il n’avait pas blessé le mien ».

L’humour et l’ironie sont  omniprésents pour le spectateur que nous devenons. On massacre l’image de ces messieurs et de ces dames qui se croient meilleurs que tout le monde.  

Nous suivons ainsi le parcours chaotiques des personnages, connaissant la fin par avance mais ignorant la manière dont elle se réalisera. On pourrait comparer ceci à un feuilleton policier –en beaucoup, beaucoup plus élaboré. On donne le coupable dès le départ. Reste à l’inspecteur à le démasquer.

L’œuvre de Jane Austen, comme je l’ai déjà dit est semblable à une incroyable description des mœurs de l’Angleterre du XVIIIè siècle, un rappel utile pour dire qu’à une époque pas si lointain le souci essentiel d’une jeune fille était de se marier et d’apprendre à être agréable en société… Elle fait encore partie des auteurs romantiques mais ce serait ingrat de ne pas reconnaître qu’elle annonce la lignée des auteurs réalistes. Le regard de Zola et l’âme d’Hugo en somme…

L’historien ajoutera également que Jane Austen fait partie de ces rares femmes à avoir pris la plume mais surtout qu’elle fait partie des rares à avoir été reconnue pour leur art de leur vivant.

A noter enfin que l’histoire que vous pourriez croire tellement usée par le temps à été reprise récemment par le cinéma. Ici, pour une fois, je me passerai de commentaire sur le respect que les scénaristes ont parfois pour les romans dont ils s’inspirent.

Le film est fidèle, la réalisation impeccable. Mais… comme je le dis toujours, rien ne vaut la lecture. C’est souvent moins coûteux et ça fait rêver plus longtemps.

 

Début du livre.

 

« C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle fortune doit avoir envie de se marier, et si peu que l’on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu’il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l’esprit de ses voisins qu’ils le considèrent sur le champ comme la propriété légitime de l’une ou l’autre de leurs filles »

Jane Austen, Orgueil et Préjugé

16/10/2007

Harry Potter et les reliques de la mort (The Deathly Hallows)

harrypotterfeatlyUn livre plus ou moins célèbre pour tous – enfin faut-il dire ça vu le nombre de millions d’exemplaires vendus dans le monde- va bientôt faire sa sortie en Français.Lequel ? Il n’est peut-être pas nécessaire de donner beaucoup d’indices. Si ?Sa sortie anglaise a eu lieu le 21 juillet 2007.Sa sortie française est programmée pour le 26 octobre 2007. Que dire d’autre ? Il est le septième et dernier tome d’une saga fantastique relatant les aventures d’un jeune garçon étudiant la magie dans un collège un peu spécial, un château niché au pied des montagnes.Enfin pour ceux qui n’aurait pas trouvé et je tente de me rassurer en me disant qu’ils sont peu nombreux, le titre de la version anglaise est Harry Potter and the Deathly Hallows.Je pourrais vous faire le résumé de Harry Potter et les reliques de la mort mais ça ne serait pas un peu, comment dire, immoral ?Je l’ai lu en Anglais à sa sortie et tout ce que je peux en dire c’est :a) Il vous reste dix jours pour encore le lire dans sa langue d’origine si vous manquez de patienceb) La bagarre devant les librairies à minuit vaudra cette année encore d’être vécue.Car, oui, ce tome 7 en vaut la peine ! Il est passionnant du début à la fin, déroutant et imprévisible. C’est certainement une des meilleures réalisations de J.K.Rowling à ce jour.L’auteur propose à nos yeux assidus la conclusion et les explications sur ce qui fut depuis le début un scénario bien ficelé et bien rodé. Chaque détail a son importance. Chaque parole, chaque décor, chaque geste va apporter ses conséquences. Des révélations aussi, de vieilles histoires de familles, des légendes…Suspense et action sont au rendez-vous. Et ne comptez pas sur moi pour vous dévoilez la fin, vous ne la devinerez pas avant de la lire car c’est là la volonté et la réussite de Rowling.Un mot aussi pour acclamer la qualité du style, de la façon de raconter et de décrire qui n’a pas cessez de s’améliorer à chaque tome paru pour arriver à son apogée dans ce dernier livre.Que dire encore, si ce n’est que je l’ai lu en Anglais, tout comme je l’avais fait pour le six, et que RIEN ne vaut le plaisir de l’expérimenter dans la langue original. La version anglaise vendue chez nous est la version pour enfants, (600 pages tout de même !!!) mais elle parfaitement accessible même aux débutants. Une base très minime suffit pour se lancer et l’expérience est MAGIC !Harry Potter et les reliques de la mort, sortie prévue le 26 octobre 2007.(A ceux qui iront le chercher à minuit, bon amusement et VIGILENCE CONSTANTE !)