06/11/2007

La Science du Disque Monde

 

hogfather_disc3Force est de reconnaître qu'il m'arrive très souvent de me dire en farfouillant à droite à gauche dans une librairie, en soulevant beaucoup de poussière et en remuant des piles et des piles de livres : « Voici enfin une perle rare ! ».

C'est vite dit et rien n'est parfait. Pourtant, l'espèce de brique au sujet indigeste que je m'apprête à vous présenter en est bien une.

Il s'agit de « La science du Disque Monde » de Terry Pratchett, Ian Stewart et Jack Cohen.

Pour quelqu'un qui n'aurait jamais lu un bouquin de ces auteurs, ma foi, il est peu probable que le titre soit évocateur ou attrayant. Pour les autres qui connaissent les auteurs, la critique est inutile, ils sont déjà partis acheter le livre au magasin.

 Pourtant, parlons-en de ces auteurs ! Des scientifiques, ni plus ni moins, spécialistes en physique nucléaire, connaisseurs doué en biologie et chimie... En bref, pas de grands amis des lecteurs de romans, détestant tout ce qui peut se rapporter à une formule mathématique ou aux vieux souvenirs des cours de sciences.

Mais je me rends compte que je ne suis pas en train d'encourager à la lecture du manuscrit.

Rassurez-vous. Je l'ai bien lu de A à Z et aussi étonnant que cela puisse paraître j'y ai survécu. Pire encore, je ne cherche pas à me venger sur les auteurs ou à massacrer le livre car j'ai passé là des moments géniaux.

Le roman, car s'en est un, traite de la philosophie, des religions et de la science, enfin plus particulièrement du lien étroit que peuvent partager ces trois éléments.

L'histoire se passe derrière les murs de l'Université de l'Invisible. Là-bas, une expérience relevant de la magie de haut niveau est en cour de réalisation. Elle est plutôt dangereuse à nos yeux mais dans un monde où tout est régit par le narrativium, elle fera bien moins peur que rater un repas.

Malheureusement comme vous le savez, rien ne se passe jamais comme on le souhaite et suite à un accident provoquer par un babouin bibliothécaire, des décharges incroyablement puissante d'énergie magique se produise, tant et si bien qu'un nouvel univers fini par apparaître. Un univers complètement différent du Disque-Monde où vivent les mages, un Globe-Monde, absurde, fondés sur des règles logiques, où la matière tend à s'agglomérer en sphères pour constituer des étoiles, des planètes, où la vie naissante suit le cours de l'évolution vers l'émergence de l'intelligence.

Notre univers, notre planète, la Terre. Et les mages du Disque-Monde, incrédules, en prennent connaissance dans un déroulé accéléré de son histoire.

Le livre se construit comme un roman fantastique mettant en scène les mages de l'Université de l'Invisible observant le développement de leur création, leur petit univers.

Ce récit est entrecoupé, à la manière des livres de Bernard Werber, de chapitres axés sur la science dont le but est de fournir des explications et de développer plus en avant ce que frôle le roman.

Je l'ai dit ce roman est une perle rare. Il s'agit de vulgarisation scientifique. Une occasion quasi unique d'associer science et plaisir de lire mais aussi d'augmenter son capitale connaissance sans trop se fatiguer.

Néanmoins, si ce livre pose de bonne question, corrige des préjugés, ne donne aucune formule mathématique (pas même E= m c²), il n'est peut être pas à mettre entre toutes mains.

Non pas parce qu'il donnerait de mauvais conseils ou parce qu'il faut y mettre une censure, rassurez-vous, mais simplement parce qu'un enfant de dix ans ne comprendrais pas grand-chose aux théories scientifiques mises en avant et quand bien même, il s'agit également d'être capable de lire entre les lignes. Le livre n'est comme tant d'autre, qu'une base, un détonateur pour faire exploser une bombe à idées.

Bonne lecture, j'espère avoir convaincu  car c'est une perle !!

Lexique :

Le Narrativium :

Comment le définir ? Même après ma lecture, je dois admettre que c'est assez difficile.

Dans notre monde ce serait une particule élémentaire (un boson de Higgs pour les connaisseurs). Cette particule agit comme une force, et cette force correspond aux impératifs de narration.

Par exemple, le héros d'un livre se fait pousser d'une falaise abrupte. Chez nous, les gardes côtes tenteront de retrouver les morceaux qui n'auront pas servis de diner aux crabes. Mais sur le Disque Monde, par la force du narrativium, l'improbable va arriver, et notre héros va pouvoir se rattraper à une branche en contrebas sans que ses ennemis le voient, avant d'être sauvés par ses compagnons.

Le Globe Monde est une sphère qui renferme tout notre univers.

Le Disque Monde est un disque de terre (un gros 45 tours ou un cd) porté par la vénérable tortue géante Atuin, elle-même supportée par une pile infinie d'éléphants.

...

Réf : La Science du Disque Monde de Terry Pratchett, Ian Stewart et Jack Cohen. Ed. L'Atalante.

Photo : Une représentation du Disque Monde.

17/10/2007

Hannibal Lecter, le héros diabolique...


HANNIBALII_1

Beaucoup d’entre vous l’auront vu dans les salles. Les films le concernant ont toujours été des réalisations brillantes de qualités. Peu auront lu le livre. Et tous le connaisse. Il est le plus grand héros, antihéros jamais créé. La mal dans son raffinement. Le mal avec « un sens », car Hannibal Lecter, le cannibale ne frappe pas au hasard. On l’aime, on l’admire, on le craint, on le déteste… Il nous repousse en nous fascinant. On veut lui ressembler sans vouloir devenir comme lui. Serait-il le mythe du vingtième siècle ? Celui qui passionne toujours. Celui qui fait surgir en plein jour nos tourments. Celui qui nous fait prendre conscience de nos pires envies, pulsions.L’influence du héros de Thomas Harris dans notre société moderne est un sujet à lui tout seul qui déchire les analystes experts du comportement. De nombreuses thèses ont d’ailleurs été émises à ce sujet par la communauté scientifique. Mais laissons là de côté et concentrons-nous sur le livre.Le docteur anthropophage, je l’ai dit, est une des meilleures réalisations de notre époque. Il surprend à la fois par son charisme, sa finesse d’esprit son intelligence hors normes…Que l’on s’entende, je ne fais en rien sa publicité. Ses actes sont répréhensibles, tout le monde le sait. Néanmoins, sincèrement quand je vous parle du Dr Lecter, souhaitez-vous le voir mourir, en prison, blessé, ou libre de ses mouvements ? Thomas Harris impose toujours des histoires bien ficelées, depuis le Silence des Agneaux jusqu’aux Origines du Mal, c’est un fait simple à établir tant dans les films que dans les livres.L’aspect psychologique prime sur l’action, l’intelligence sur la force, la finesse sur le rustre.Dans ce dernier tome, j’ajouterais, qu’on connaît par avance la fin du livre. Hannibal survivra à l’histoire puisqu’on fait un flash-back dans son adolescence. Cependant, le livre reste absorbant à chaque ligne.Je me souviens l’avoir lu en une journée, des premières lueurs du jour jusqu’à la nuit noir dans mon fauteuil près du feu et n’en avoir décroché que pour manger et boire.Ce qui est fondamentale c’est à la fois de suivre l’évolution du héros. Ou plutôt sa chute ?La question serait intéressante. Quelle vie aurait-il eu s’il n’avait pas sombré dans cette tourmente meurtrière ?Un autre élément clé du livre après le fond, c’est clairement la forme. Il est fluide, accessible à tous (je doute néanmoins qu’il soit sage de le placer dans les mains d’enfants en bas ages…) et d’un vocabulaire qui sans être lourd ou pénible est incroyablement précis.Quelque mots à l’avantage de ce livre qui se résume en : finesse, intelligence, passion, fluidité et regard sur soi-même.

30/09/2006

Nicolas Ancion, Quatrième Etage

Bruxelles%20alle%205%20di%20mattina
Fiche de Quatrième Étage de Nicolas Ancion
Résumé
Chassé croisé entre Serge, un jeune paumé qui voit son ami se faire tuer sous ses yeux dans un accident de voiture, et Thomas, un trentenaire fou amoureux de Marie au milieu d'un monde décadent.                               Serge partira prévenir la famille de son ami, il se retrouve plombier au Quatrième étage d'un immeuble dans l'appartement luxueux d'une jolie jeune fille. Thomas, lui, s'assied au chevet de son amour, elle se meurt au Quatrième étage de cette immeuble...
Avis
On pourrait se laisser facilement prendre au piège d'un tel livre. Se dire que l'écriture manque de finesse, notamment dans les dialogues mais c'est uniquement parce que Nicolas Ancion est un de ses auteurs passionnés par le réalisme des faits et des personnages. Ce roman ne vous prendra peut-être pas à la gorge par le suspens d'un Stephen King mais il saura mêlé le rire, la tendresse et la souffrance, créant se genre d'histoires qu'on n'oublie pas facilement.
Fiche technique.
Variété Roman réaliste
Histoire Un récit bien conçu qui ne dévoile pas facilement l'issue
Dépaysement Imaginé un Bruxelles gouvernés par la richesse, le pouvoir et la folie humaine
Héros Qui a dit que les jeunes paumés étaient des monstres?
Intrigue Ce n'est pas un livre à suspens mais….
Narration Lisable n'importe où et assez vite, très fluide
Réflexion A long terme, ça en vaut peut-être la peine. Une petite vocation philosophique et politique pour Ancion
StyleA première vue exécrable, mais les réalistes doivent faire ressortir le caractère des personnages dans les moindres détails
Note globale: 15/20 Ce n'est pas le meilleur livre du moment mais ça en vaut la peine.
 N'oublions pas que ce livre a reçu le prix des Lycéens et le Prix du Roman le plus émouvant.

15:03 Écrit par ecrivain89 dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : livre |  Facebook |