22/11/2007

Orgueil et Préjugé

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Comment pourrais-je parler de ce livre de sorte que j’arrive à convaincre autant de personnes que possible de le lire ?

C’est une question que je me suis longtemps posée avant même d’oser écrire cette critique.

Ce qui était sûr, c’est qu’il y avait trois choses qu’il ne fallait surtout pas mentionner.

La première était que ce livre faisait office de chef-d’œuvre de la littérature classique.

La deuxième était qu’il avait été écrit il y a près de deux cents cinquante ans.

La troisième, était de ne surtout pas mentionner qu’il s’agissait d’un roman d’amour.

Voici donc à peu près toute les raisons qui a priori devrait empêcher le lecteur potentiel d’acheter le livre. Sincèrement, faites abstraction.

Ce roman est un des meilleurs qu’il m’ait été donné de lire. Contrairement à ce que l’on pourrait croire il dégage une vitalité et une jeunesse incroyable.

Le langage y est bien entendu très soigné et réfléchi mais contrairement à nombre de livres anciens, il n’alourdit pas le texte mais le soulage de son âge.

Jane Austen écrit avec ce talent qu’on les Anglais pour la fluidité et la simplicité.

Dans ses livres, elle développe un don tout particulier pour décrire d’une seule phrase, d’un seul coup de plume le décor. Pas de détail superflu, pas de longue description pompeuse. Ce n’est pas le cadre qu’elle s’attache à décrire mais les mœurs et la mentalité de ses contemporains.

Roman d’amour je l’ai dit, mais pas encore roman à l’eau de rose. Orgueil et préjugé porte bien son titre. L’intérêt du texte réside dans l’opposition des personnages, l’opposition des classes sociales mais surtout l’opposition des caractères.

Ce sont les joutes verbales entre les héros qui font le spectacle du livre.

Ainsi, je me rappelle de cette phrase cinglante de l’héroïne, Elisabeth Bennet : « Je lui pardonnerais volontiers son orgueil s’il n’avait pas blessé le mien ».

L’humour et l’ironie sont  omniprésents pour le spectateur que nous devenons. On massacre l’image de ces messieurs et de ces dames qui se croient meilleurs que tout le monde.  

Nous suivons ainsi le parcours chaotiques des personnages, connaissant la fin par avance mais ignorant la manière dont elle se réalisera. On pourrait comparer ceci à un feuilleton policier –en beaucoup, beaucoup plus élaboré. On donne le coupable dès le départ. Reste à l’inspecteur à le démasquer.

L’œuvre de Jane Austen, comme je l’ai déjà dit est semblable à une incroyable description des mœurs de l’Angleterre du XVIIIè siècle, un rappel utile pour dire qu’à une époque pas si lointain le souci essentiel d’une jeune fille était de se marier et d’apprendre à être agréable en société… Elle fait encore partie des auteurs romantiques mais ce serait ingrat de ne pas reconnaître qu’elle annonce la lignée des auteurs réalistes. Le regard de Zola et l’âme d’Hugo en somme…

L’historien ajoutera également que Jane Austen fait partie de ces rares femmes à avoir pris la plume mais surtout qu’elle fait partie des rares à avoir été reconnue pour leur art de leur vivant.

A noter enfin que l’histoire que vous pourriez croire tellement usée par le temps à été reprise récemment par le cinéma. Ici, pour une fois, je me passerai de commentaire sur le respect que les scénaristes ont parfois pour les romans dont ils s’inspirent.

Le film est fidèle, la réalisation impeccable. Mais… comme je le dis toujours, rien ne vaut la lecture. C’est souvent moins coûteux et ça fait rêver plus longtemps.

 

Début du livre.

 

« C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle fortune doit avoir envie de se marier, et si peu que l’on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu’il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l’esprit de ses voisins qu’ils le considèrent sur le champ comme la propriété légitime de l’une ou l’autre de leurs filles »

Jane Austen, Orgueil et Préjugé

27/08/2005

Roméo et Juliette.

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Aujourd’hui, c’est l’histoire la plus célèbre du monde que je vous présente. Il s’agit de Roméo et Juliette de William Shakespeare.

Maitre Shakespeare, le génie de la poésie, le virtuose de l’amour.  Tout le monde connaît l’histoire des amants de Vérone mais quel plaisir à la lecture. Les mots, les sons, les vers s’alignent dans une symphonie magique.

Tout commence dans la charmante ville de Vérone. Deux des plus grandes familles, les Capulet et les Montaigu s’y vouent une haine sanglante depuis des années.

Pas une journée n’échappe à une bagarre entre les deux clans qui bien souvent entraine derrière elle ravage et destruction.

Issus de la dernière génération des Montaigu, Roméo se remet difficilement d’une mésaventure amoureuse. Il croit avoir perdu l’amour de sa vie, il croit qu’il ne s’en remettra jamais mais c’était sans compter sur une rencontre fortuite avec la jeune Juliette.

Un bal où ils sont tous deux invités, le coup de foudre pour les jeunes gens que tout sépare.

Le destin est cruel. Ils savent qu’ils sont dans une voie sans issue. Leurs familles, leurs amis sont là pour le leur rappeler. Ils sont censés se haïr, se détester, l’inverse est impensable.

Pourtant, ce soir-là, quand le calme retombe, bravant le danger, Roméo s’introduit jusqu’au balcon de Juliette. Ils s’aiment, ils le savent. L’aube les séparera mais ce n’est que partie remise. Dans la journée, il projette de se faire marier en secret par un ami, le frère Laurent.

Le plan réussit mais sitôt le mariage prononcé, une rixe éclate dans une taverne opposant un Thybalt acharné, cousin de Juliette à un Roméo qui tente d’éviter d’en venir aux mains. Pour protéger son ami, Mercutio s’interpose, il est frappé par la lame destinée à Roméo et meurt en maudissant les familles et leur haine. Pris d’un coup de sang, Roméo tue à son tour Mercutio. Le prince de Vérone avait prévenu, désormais le jeune homme est banni de la ville. Les deux amants se retrouvent alors séparés tandis que les Capulet envisagent de marier Juliette pour la consoler de la perte de son cousin.

L’étau se resserre autour des jeunes gens. Pour fuir leur destin, Juliette met au point un plan avec le frère Laurent. Une potion la fera passer pour morte. Pendant plusieurs heures, elle restera pâle et sans vie, semblable à un cadavre tandis que le moine courra prévenir Roméo pour qu’il emmène sa bien aimée. Le message ne parviendra malheureusement pas. Roméo se suicide en s’empoisonnant dans la crypte où Juliette est enterrée. A son réveil, elle découvre le corps de son amant et se poignarde.

Je n’ai pas pu m’empêcher de faire le résumé complet de la pièce. Je m’en excuse sincèrement. Mais il est tellement difficile de ne pas se laisser entraîner par l’histoire cruelle qui frappa les deux amants de Vérone. Leur amour et leur peine, dit-on, réussit enfin à effacer la haine des Capulet et des Montaigu. Toujours est-il qu’il s’agit d’une des plus grandes œuvres de la littérature mondiale qui domine par sa poésie, sa tendresse et sa cruauté.

Un classique à ne pas laisser sombrer au fond d’une bibliothèque et qu’il faut à tout pris détaché du film américain où paraissait le célèbre Di Caprio.

J’espère vous avoir convaincu, bonne lecture !