12/02/2008

Le Prestige

prestige
 

Vous croyez à la magie ? Bien sûr que non. Vous savez bien que tout n’est jamais qu’illusions et trucages. Un tour de magie n’est que l’art de faire quelque chose de simple en le rendant apparemment impossible à réaliser.

Vous n’avez pas tord. Du moins, ce ne sont pas Alfred Borden ou Rupert Angier qui vous contrediront. Au XIXe siècle, ils étaient les deux plus grands illusionnistes de Londres et se livraient une lutte infernale pour le titre de meilleur magicien. Pour le titre uniquement ?

De nos jours, Andrew Wesley est journaliste pour un quotidien londonien. Aujourd’hui, son éditeur, l’a envoyé dans un coin reculé, un petit patelin, un château, pour commenter l’action d’une œuvre caritative. Il n’a pas beaucoup de temps, il doit être rentré pour la soirée.

Pourtant, c’est bien plus qu’un petit article qui l’attend dans les brumes campagnarde.

Là-bas, il va faire la connaissance de la dernière descente de la famille Angier.

Elle a une histoire pour lui qui le concerne au plus haut point.

Tout commence le jour où deux jeunes hommes pleins d’ambitions débarquèrent à Londres pour rencontrer la gloire dans le domaine de la magie.

Ils ne se connaissent pas mais un destin tragique et cruel les relierait bientôt.

Un jour que Borden rendait visite à une amie, il l’entendit parler d’un homme qui proposait ses services pour entrer en communication avec les morts. Borden n’est pas dupe, moins que les pauvres familles qu’Angier dépouillent à travers ses artifices et ses illusions.

Soucieux de démasquer l’imposteur, Borden se glisse en douce dans une de ses réunions.

Par tous les moyens, il tente de déstabiliser et de faire échouer l’adversaire jusqu’au moment où une bagarre éclate dans la pièce. Borden par mégarde atteint l’épouse d’Angier enceinte.

Suite au choc, elle perd le bébé. Le début d’une longue guerre de vengeance a commencé… TOUS les moyens seront bons pour vaincre.

Christopher Priest fait montre ici d’une maitrise incroyable de la narration. Alternant, les points de vue, il jongle avec les mots pour nous replonger au cœur du Londres industriel de la fin du XIX avec l’adresse d’un romancier réaliste.

En rythme, il alterne les ambiances, fouille les classes de la société à travers l’ascension de ses personnages des petits bars du port jusqu’aux plus grandes salles de spectacles.

Mais ce qui fait la beauté du livre, c’est cette capacité de l’auteur à décrire facilement, simplement, à faire fonctionner notre imagination pour voir en direct les tours de magies présenter par les deux ennemis.

On peut aller jusqu’à dire qu’au-delà de l’intrigue du livre, surgit l’intrigue des tours.

Le lecteur est ainsi plonger à la fois dans le mystère de savoir ce qui va suivre mais aussi de savoir comment ils réalisent leurs illusions.

Néanmoins, n’allez pas croire que Le Prestige est un simple récit réaliste relatant ce qui se passe dans le milieu fermé de l’illusion. Ce livre, l’un des meilleurs récits de ses dernières années, n’est pas classé dans la catégorie science fiction pour rien. Car, la course des deux héros pour atteindre le sommet se fera bien à tout prix. Tous les efforts, toutes les ruses seront bonnes mais il ne sera pas non plus exclu de franchir les limites de la nature et de la science pour arriver à son but.

Réaliste par moment, porteur de science fiction à d’autre, se terminant dans un frisson de fantastique, le Prestige est un livre à part qui méritait bien les nombreux prix qu’il reçu et qui méritait bien qu’on en fasse un film (sorti en 2007au cinéma, disponible en dvd, quoique le film n’ait repris que le thème principal du livre : la rivalité de deux magiciens prêt à tout).

Mais finalement et c’est le plus important, le Prestige est un livre qui mérite bien qu’on lui accorde un peu de temps pour le déguster, le savourer, le dévorer, l’apprécier le soir au coin du feu…

Bonne lecture.