15/02/2008

L'empire des Anges

empire anges
 

Cinq millions d'ouvrages vendus en France, dix millions dans le reste du monde, une pièce de théâtre qui s’achève à Paris, des nouvelles, des bandes-dessinées, des courts-métrages... et un nouveau roman : 'Le Souffle des Dieux'.

Bernard Werber semble être partout sur tous les fronts à la fois, ne vous étonnez donc pas de le retrouver si omniprésent ici aussi. Pourtant, ce n’est pas sa dernière nouveauté que je vous propose cette semaine. J’aimerais pouvoir le faire mais cela restera interdit aussi longtemps que je n’aurai pas fait celle de L’empire de Anges, la suite des Thanatonautes, le livre précédent sa trilogie des dieux.

Alors Werber, c’est bien connu à une incroyable passion pour deux grands thèmes qui sont : d’une part quelle est la place de l’individu dans la société mais surtout d’autre part, quelle place, quelle apparence peut prendre notre société prise à différents points de vue.

Ces thèmes étaient récurrents dans les fourmis où l’on assistait à cette comparaison entre une civilisation fourmis et une civilisation humaine, ils revenaient dans son documentaire ‘Nos amis les terriens’ où des extraterrestres réalisaient un documentaire animalier sur l’espèce humaine.

Aujourd’hui que Bernard Werber rédige l’Empire des Anges, inutile de dire qu’il est resté maître de la question et que cette fois, ce sera vu d’en haut que nous seront décortiqués.

Michael Pinson est  mort. Le héros des Thanatonautes a succombé au-même accident que ses collègues chercheurs, à savoir le crash d’un avion sur leur laboratoire de recherche.

Cette fois, il a franchi pour la dernière fois la frontière du territoire des morts. Il a remonté les paliers jusqu’à la pesée, le jugement des âmes par les archanges. Sa vie n’était pas exemplaire mais bénéficiant de l’apparition d’Emile Zola comme avocat à son procès, il parvient finalement à sortir indemne de l’épreuve. Il est désormais admis dans le stade supérieur de l’évolution, l’Empire des Anges.

Ils sont des centaines, des milliers, libérés de leur enveloppe charnelle, libérés des douleurs dans un décor magique. Ils n’ont qu’une seule mission guidé l’avenir de l’humanité, guidé les hommes.

Pour cela, chaque ange a à sa charge trois mortels qu’il doit amener à leur tour à évoluer. Leurs méthodes, leurs instruments ? Les rêves, les messages cachés, les chats, les intuitions, les médiums,… De quoi guider chacun sur le droit chemin. Mais ce n’est pas si facile, pas avec le libre-arbitre. La capacité des êtres humains de choisir et de décider ce qu’ils veulent.

Comment aider des gens plus tentés par l’idée de réduire leur malheur que par celle de construire leur bonheur ?

Et puis, si l’Empire des Anges est un endroit bien sympathique et si le travail d’ange est particulièrement absorbant, il serait idiot de croire que les deux amis explorateurs que sont Raoul et Michael, les pionniers du Continent des Morts, sauront rester longtemps enfermés dans ce petit univers.

Ils sont déjà prêts à reprendre du service, Toujours plus loin, toujours en marche vers l’inconnu.

Après des Thanatonautes réussis mais particulièrement difficile à appréhender à cause de leur thème, l’Empire des Anges procure un profond sentiment de renaissance. Après l’ombre de l’un, visitez la lumière la lumière de l’autre toujours bercé par la même plume espiègle, fluide et légère de Werber qui marque de nouveaux points dans le domaine de la littérature fantastique d’aventure philosophique.

Bonne lecture.

22/12/2007

A la Croisée des mondes

pul

Comme promis, voici la critique de A la Croisée des Mondes de Philip Pullman.

Que dire de ce livre ? Et bien, je dois avouer que je reste assez perplexe. Mon cœur balance entre du pour et du contre.

Et de bons éléments, il y en a dans ce roman fantastique. Du point de vue de l’imagination, c’est tout simplement remarquable. On rencontre une multitude d’univers connectés entre eux de manière particulière, des créatures incroyables ; pour ne citer qu’eux, je pense aux immenses ours polaires en armures forgerons hors pairs.

Il y a des inventions complètement novatrices pour le roman fantastique. En bref, le paradis du rêve et de l’aventure.

Mais, il n’y a pas que l’apparence qui est mise en avant, il y a aussi la psychologie des personnages qui se retrouve omniprésente à chaque ligne. On retrouve leurs côtés sombres, leurs états d’âme, leurs plans démoniaques… Ajoutez aussi un langage soigné et un plume allant au mot juste, c’est excellent.

S’il n’y avait que cela, ce livre serait une vraie perle et Pullman n’aurait pas volé son titre parmi les plus brillants auteurs de fantastique anglais.

Mais, je dois vous avouer que j’ai mis près de huit ou dix ans pour passer de la première page du tome 1 à la dernière du troisième tome.

Car c’est là que le bas blesse. Sans dire qu’on s’ennuie en lisant, il est très difficile d’accrocher à l’histoire et c’est en grande partie dû à ce qui fait sa qualité : par très inventive, elle devient trop complexe. Le lecteur manque de repères dans sa lecture et se perd assez facilement. Du moins, ce n’est qu’un point de vue et il n’a qu’une seule conséquence importante, c’est qu’il faudrait idéalement ne pas chercher à le lire trop jeune et être particulièrement bon lecteur ou motivé.

 

Etant donné qu’il s’agit d’une trilogie, il serait assez difficile d’en faire un résumé correct, on peut cependant dire que la trame du livre à pour sujet principal la théorie des mondes parallèles évoluant différemment les uns des autres mais dont le sort est lié par un principe d’équilibre.

Dans l’un de ces mondes, vit la jeune Lyra. Elle habite le collège d’Oxford en grande Bretagne en compagnie des plus grands savants et des meilleurs érudits où elle coule des jours paisibles et insouciants, inconsciente encore de son importance et des prédictions qui ont été faites il y a fort longtemps à son sujet.

Dans son Oxford, on retrouve un monde à cheval entre le féodalisme et le début du vingtième siècle, une civilisation avec des choix de technologies principales différentes des notres.

 Dans ce monde, vous ne serez pas étonné de rencontrer des daemons, sortes d’extension de l’âme en dehors du corps humain, il se rencontre sous forme d’animaux pouvant se métamorphoser à volonté dans l’enfance, du papillon au tigre, du chat à la colombe.

Mais ce calme absolu se brise le jour où la jeune fille est kidnappée et emmenée par des voleurs d’enfants. Sauvée par des gitans, elle entreprend un voyage vers le Nord à la recherche de son père, le célèbre Lord Asriel. Elle ne sait pas encore que son chemin la mènera beaucoup plus loin…

Vous ferez la rencontre dans ces livres de sorcières, d’ours en armures, de gyroptères, de monstres des falaises, de gallivespiens et même d’anges…

Bonne lecture !

 

09/12/2007

Lettres Mortes

Lettres_mortes

La littérature anglaise reste présente et cette semaine, c’est Shaun Hutson qui nous fera découvrir ses Lettres Mortes.

D’abord, je me suis un peu penché sur la biographie de l’auteur avant de faire cette critique. Voici, en quelques lignes, ce qu’il faut en retenir.

Devenu, écrivain en 1983, après plusieurs petits boulots, Shaun Hutson, 28 romans plus tard est devenu en Angleterre un des plus grands vendeurs de livres d’horreur.

Personnellement, il est présenté comme un alcoolique repenti, diagnostiqué pour ses tendances psychotiques et auteur favori des bibliothèques de prisons anglaises. Du reste, il est parait-il un homme charmant…Tout un programme !

D’ordinaire, je ne me serai pas attaché à vous raconter ces détails mais dans ce cas, ils forment un bon préambule à la présentation du livre.

Lettres Mortes fait en effet partie d’une catégorie, plutôt, d’une conjugaison de genres peu courante, il s’agit du mélange du roman policier à suspense avec le roman fantastique.

C’est une potion rare dans les librairies mais qui réussit le pari de divertir, d’accrocher et de faire frissonner le lecteur. Un joli coup !

L’histoire en elle-même se passe dans le Londres actuel où le temps de quelques nuits plusieurs personnes sont assassinées chez elles. La police qui fait la découverte macabre ne peut que se poser des questions tant à propos des mutilations que le meurtrier fait subir aux victimes que par sa méthode.

En effet, sur place, les corps se font trancher la langue, arracher les yeux ou tout simplement ont le ventre ouvert en deux parties. Mais ce qui est le plus étrange n’est pas encore tant cette atroce déferlante de colère et de haine que la fait que dans chaque cas, toutes les portes et toutes les fenêtres étaient restées parfaitement closes jusqu’à l’arrivée de la police.

Et pourquoi donc aussi, toutes les victimes qui n’avaient pas beaucoup d’autres liens entre elles que de toucher de près ou de loin au domaine de l’édition, pourquoi donc étaient-elles à chaque fois entourées des manuscrit en lambeaux de Mégane Hunter dans sa biographie de Giacomo Cassano, mentor méconnu de Dante et du dernier livre d’horreur de John Paxton ?

Sur cette affaire, il ne fallait personne d’autre que David Birch ! David. Comment parler du personnage ? Un inspecteur Harry dans sa récente version anglaise ? Cynique, solitaire et trop terre à terre face à des phénomènes qui dépasse l’imagination ?

 

Je ne le cache pas, Lettres Mortes est une vraie réussite. L’histoire se met en marche très vite et vous absorbe immédiatement. L’écriture est fluide, légère. En bref, on ne s’endort pas dans

ce récit qui se laisse lire sans opposer la moindre résistance.

Et surtout, vous verrez, la solution du mystère est surprenante… fantastique…Et Terrible !

                                                                                                            

Bonne lecture !

 

04/12/2007

L'envers vaut l'endroit

Nightside_2

Après Le Disque-Monde, Daniel Pennac et Philip Roth, c’est Simon R. Green qui pointe le bout de son nez avec un titre évocateur L’Envers vaut l’Endroit.

Inutile de le cacher, cette fois, il s’agit bien d’un roman d’aventure sur toile fantastique.

Qu’en dire ? Tout d’abord qu’il n’est pas très long à lire mais surtout qu’il est fermement imprégné d’humour anglais.

L’envers vaut l’endroit fait partie de la série des Nightside. Inutile de s’affoler, les livres peuvent parfaitement se lire indépendamment les uns des autres.

Petite introduction…

Le Nightside nous vient tout droit de l’esprit, on peut dire tordu, de Green. Il s’agit d’un quartier de Londres. On y accède par le métro. Là bas, il est toujours trois heures du matin dans un univers maléfiques et sombre où se retrouvent toutes les créatures habitant vos cauchemars.

Dans le rang des créatures surnaturelles, citons par exemple les loups garous, fantômes, ondines,… Rajoutons aussi des « espèces » de dieux assez « spéciaux », des anges, des démons, l’Inquisition… mais aussi et surtout Suzie Bang-Bang (plus fragile que son fusil à pompe ne le laisserait présumer), Walker (le chef de la police), le Collectionneur, Jack l’Ordure Cosmique, Mr Moelle et Mr Sang, ainsi que plus brièvement un Merlin l’enchanteur comme vous ne risquez pas de le voir souvent et son descendant.

Au milieu de tout ce capharnaüm, John Taylor est le « trouveur d’objet ». Demandez-lui quelque chose, il le trouvera et il vous le rapportera. Il a un don pour ça.

Néanmoins, comment peut-on mener à bien la mission de retrouver le Graal impie, la coupe de Judas quand la concurrence déjà rude est renforcée par l’apparition d’anges et de démons aussi destructeurs les uns que les autres et prêts à tout pour s’emparer de la relique.

Roman d’aventure, fantastique avec un brin de science fiction, L’envers vaut l’Endroit est absolument captivant mais aussi ; très clairement, déjanté. Inutile de dire qu’il faut le prendre au second, voire même au troisième degré sans s’attendre à plus qu’une part de rêve, un moment d’évasion et de détente.

De plus, il présente cette caractéristique très rare d’associer le fond et la forme. Le fond est sombre, insalubre, n’en attendez pas moins du texte.

C’est peut-être là le talon d’Achille de l’œuvre, il ne faut pas nécessairement la mettre entre toutes les mains.

Personnellement, je n’ai eu qu’un seul regret avec cet ouvrage, c’est celui d’arriver au point final mais qui sait, le Nightside est vaste et la série se construit.

Simon R. Green, L'Envers vaut l'Endroit. éd Bragelone

10/08/2005

Et si c'était vrai...

Parlons d’un petit jeune qui débute… Non, je plaisante puisque nous laisserons aujourd’hui la place à Marc Lévi et à son livre « Et si c’était vrai… »Adapté en film, il y a un an ou deux de cela, cette histoire avait emporté son auteur sur les bancs de la notoriété en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.Est-ce mérité ? La question n’a qu’une réponse : bien sûr.Dans ce roman, Lévi nous plonge dans la vie d’Arthur, un jeune architecte qui vient d’emménager dans un appartement donnant sur la baie de San Francisco.Tout se passe bien pour lui, jusqu’au jour où, en ouvrant les portes de sa penderie, il tombe né à né avec une jeune femme.Elle prétend s’appeler Lauren, elle serait médecin au Mémorial Hospital mais surtout, elle pense être la propriétaire de l’appartement.Tout est exact, à ceci près que Lauren a eu un accident de voiture plusieurs semaines plus tôt et qu’elle est aujourd’hui couchée sur un lit d’hôpital, profondément endormie par un comas dont elle semble incapable de se réveiller.La fille de la penderie ment-elle où est-elle vraiment une ce qu’elle prétend être ? Et puis pourquoi Arthur est-il le seul qui puisse la voir ?

« Et si c’était vrai… » porte magnifiquement sont nom, ce mélange entre le vrai et le faux, le possible et l’incroyable qui vous plonge dans un songe de plus en plus profond est tout simplement magique. Construit en rythme, il ne souffre aucun temps mort dans la narration déservi par une plume qui défend la simplicité, un peu trop peut-être mais le résultat est là, simplement remarquable.

Livre fantastique, livre à suspense, livre d’amour, il reste à ce jour une des meilleures œuvres de Marc Lévi dont le succès ne semble pas se démentir.

De Marc Lévi, on peut aussi citer:

Mes Amis, mes amours,...

Vous revoir (la suite de Et si c'était vrai)

Sept jour pour une éternité.

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