03/01/2008

L'auberge rouge

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Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui je vais me faire l’écho d’un livre bien entendu, mais aussi d’un film puisque j’ai choisi de vous parler de l’Auberge Rouge.

Commençons d’abord peut-être par cette courte nouvelle de Balzac disponible au format de poche.

Tout d’abord, je vous dirais qu’elle est complètement différente du film sur nos écrans. Dans cette histoire Balzac raconte comment, un jour, invité par des amis à prendre le repas du soir – et un repas ma foi fort copieux- il finit par atteindre l’heure où les corps sont repus, dans cette instant où la chair satisfaite fait somnoler un esprit qui ne demande rien de plus qu’un peu de musique ou une histoire. C’est à ce moment, qu’un des invités sous l’insistance de l’assistance commence donc à raconter son histoire.

Et une histoire sombre, macabre, celle d’un négociant qui voyageant à travers l’Allemagne s’arrête en même temps que deux jeunes soldats médecins à l’Auberge Rouge.

Il explique comment le lendemain, le négociant fut retrouver mort, privé de son argent tandis qu’on accusait l’un des jeunes gens du crime.

Néanmoins, le conteur ayant rencontré lui-même ce garçon reste persuader de son innocence.

Le mystère plane. Un innocent à payer. Un assassin, un voleur est en liberté ! Balzac mène l’enquête.

Vous l’aurez compris cette nouvelle, proche de la fable, reste loin du film qui vient de sortir. Cependant, pour ceux que cela intéresse je ne saurais que trop la conseiller. C’est très court, l’occasion de se plonger dans l’univers d’un des plus célèbres auteurs classiques sans trop se fatiguer, l’occasion aussi en une petite heure de se laisser bercer par une plume et une manière de raconter toujours moderne malgré son âge.

Pour en venir, au film, je rappellerai que l’histoire est ici complètement différente puisqu’elle raconte la vie d’un couple d’aubergistes (Balasko, Clavier) propriétaires d’un relais isolé dans les Pyrénées, l’Auberge rouge. Le paysage est idyllique mais les clients n’affluent pas. Grand bien leur fassent d’ailleurs car ceux qui y rentrent ne sont jamais ressortis ou alors nettement moins vivants.

La vie y est calme à peine troublée par l’un ou l’autre promeneur isolé dont la disparition ne saurait inquiéter personne. Mais c’est jusqu’au jour où arrive une calèche bondée et cabossée d’où sorte entre autre une vieille aristo, un bucheron, un vendeur de dentelle mais surtout un prêtre (Jugnot). L’occasion pour le couple assassin de finir en apothéose et de détrousser les malheureux juste avant la fermeture de la route qui les reliait à la civilisation au profit d’un itinéraire plus court.

Après, avec l’argent gagné, ce sera le début de la grande vie pour eux tous.

Seul inconvénient, la matrone refuse qu’on touche à un cheveu du prêtre !

Construit sur l’opposition Clavier-Balasko contre Jugnot le film est tourné de manière exquise dans un mélange macabre et bercé d’humour, un humour justement dosé, bien présent et très léger.

Un bon film qui n'a rien à envier aux machines à brasser les visiteurs des cinémas anglais et américains mais surtout un bon film pour passer un agréable moment en famille ou entre amis dans les salles obscures.

 

Bon film ou bonne lecture…