20/01/2008

Le Meilleur des Mondes

meilleur des mondes

 

Ca vous tente une rencontre avec un des pères de la science fiction ? On parle souvent des inventions et de l’imaginaire de Jules Vernes, d’Herbert George Wells ou de George Orwell, Asimov, on mentionne moins le génie d’un de leur contemporain, Aldous Huxley.

Son centre d’intérêt, c’est essentiellement, outre les technologies futures, l’évolution politique du monde ou plutôt celle de la société et des rapports entre les hommes.

Dans ce livre, nous atterrissons dans une année indéterminée indéniablement futuriste au vu des technologies présentes.

Au sein de ce monde, une guerre mondiale atroce s’est déclarée un peu plus tôt causant ravages, morts, dévastations et manquant d’anéantir la Terre et l’espèce humaine.

Au sortir de ce gouffre, une constatation s’imposait, il fallait absolument éviter que les choses ne puissent se reproduire.

Une seule solution, une société unifiée, hiérarchisée, infaillible.

La technologie aidant, la panacée n’est pas impossible à administrer. Un nouveau pouvoir central se crée chargé d’ordonner un état mondial, plus de pays, plus de nation. Chacun est citoyen à part entière du Monde. Les rivalités entre Etats sont supprimées.

Maintenant, pour entériner définitivement le projet, lui donner un soutien absolu, il faut encore l’accord intemporel du peuple.

Mais comment faire pour que chaque membre d’une immense population accepte à jamais le système et les nouvelles règles ? Comment faire taire les oppositions et en même temps créer une société parfaite ?

La réponse vient par la science mais surtout la biologie et les nouvelles découvertes sur le clonage et l’ADN. On peut formater les êtres humains avant leur naissances, les rendre plus forts, plus faibles, plus intelligents ou moins, en faire à l’avance des cadres ou des ouvriers…

On peut même aller plus loin et les éduquer pendant leur enfance pour les laver de leurs sentiments, de leur libre arbitre et de leurs pulsions ravageuses.

L’univers humains est devenu peu à peu un monde prédéterminé, contrôlé, uniformisé.

L’histoire raconte la vie de trois hommes. Deux sont issus de cette société préfabriquée mais ont été « mal » formatés, un autre est né dans les colonies de sauvages qui échappent au contrôle de « l’élite ».

Pour chacun d’entre eux, la vie va devenir un enfer. Car non seulement, ils sont forcés de prendre conscience de leur différence mais en plus ils doivent la cacher ou la dominer pour être accepté.

Huxley raconte dans son livre leur calvaire, leur prise de conscience et le déroulement sans pitié de cette lutte qui opposera l’homme libre à l’homme formaté, la différence à l’uniformité.

Peu ou pas conseiller aux trop jeunes pour la complexité du sujet, ce roman fait partie des grands livres de la science fiction.

Comme Asimov pour ses robots (I Robot), il s’interroge sur l’avenir de l’humanité mis entre les mains de la science et surtout comment une bonne intention peut paraître avec le recul la pire infamie.

C’est auteur qu’il faut lire, que l’on soit intéressé par le genre littéraire ou par la philosophie qui accompagne le sujet.

Il n’est pas inutile de préciser que ce roman d’anticipation a été écrit avant la Seconde Guerre Mondiale et que donc, la boucherie exterminatrice qui fut la cause créatrice d’un nouvel ordre mondial a existé même si ce n’est peut-être pas dans la même mesure que celle du livre, qu’une autre guerre peut toujours menacé avec en plus cet épouvantail qu’est l’arme atomique. Mais surtout, il faut se dire qu’avec l’ONU, avec l’Union Européenne, on n’est pas bien loin de la création soit d’un Etat Mondial, soit d’une citoyenneté mondiale basée sur la conscience collective d’appartenance à un territoire plus grand que l’Etat, la Terre.

Alors ? Plutôt actuel l’auteur d’anticipation.

Bonne lecture !

Aldous Huxley, Le Meilleur des Mondes

Existe aussi : Retour au Meilleur des Mondes