09/04/2008

Jonathan Strange & Mr Norrell

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Susanna Clarke, Jonathan Strange & Mr Norrell.

 

« Deux magiciens doivent apparaître en Angleterre.

Le premier me craindra ;

Le deuxième brûlera de m’apercevoir ;

Le premier sera gouverné par des larrons et des assassins ;

Le second conspirera à sa propre destruction ;

Le premier aura beau enfouir son cœur dans un bois sombre sous la neige, il le sentira encore palpiter ;

Le deuxième verra son bien le plus cher aux mains de son ennemis ;

Le premier passera sa vie seul ; il sera son propre geôlier ;

Le second parcourra des routes solitaires, la tempête au-dessus de la tête, à la recherche d’une tour noir sur un flanc de colline.

Je siège sur un trône noir dans les ténèbres, mais ils ne me verront pas.

L’esclave sans nom portera une couronne d’argent.

L’esclave sans nom sera roi dans un pays étranger. »

 

Et bien, ma foi, l’intrigue est lancée pour ce roman de Susanna Clarke, Jonathan Strange & Mr Norrell. Mais laissez-moi vous introduire plus en avant.

L’histoire commence dans le début des années 1800 -vers 1806, pour être plus exact.

A cette époque, le monde entier est sans dessus dessous. L’Angleterre qui se remet à peine de la guerre et de la perte des colonies outre Atlantique doit faire face à une nouvelle menace encore plus dangereuse, les ambitions d’un jeune officier Corse arrivé au pouvoir en France quelques années plus tôt. Sans génie militaire est incomparable, son charisme incroyable, sa pugnacité et sa démesure ont déjà fait plier la moitié de l’Europe.

La guerre est partout. L’Angleterre n’est pas épargnée. Un front maritime, un front en Espagne… Une campagne qui n’en finit pas…

Les insulaires piétinent et l’usure les rattrape au galop.

Pourtant. Pourtant, un vieil homme, Mr Norrell pourrait bien leur redonner l’avantage.

Il se dit magicien. Entendons nous bien, magiciens praticiens, pas comme ces incapables théoriciens de la magie, membres de la société d’York qui se contentent de discourir sur l’histoire sans pouvoir jeter le moindre sort.

Ceux-là même, il leur à clouer le bec il y a peu de temps en faisant s’animer toutes les statues de la Cathédrale d’York.

Un magicien, un vrai. Voilà ce qui pourrait abattre le Conquérant Bonaparte. Mr Norrell le sait bien. Il n’a d’ailleurs pas hésité à proposer ses services au gouvernement. Mais la magie anglaise a disparu depuis longtemps. Les gens ne la connaissent plus qu’à travers les légendes et des idées souvent erronées. Qui plus est, qui saurait faire confiance à ce Norrell, qui pourrait apprécier cet être rabougri, passant sa vie loin du monde enfermé dans sa bibliothèque ? Enfin, tout ceci, c’était bien avant l’arrivée de Jonathan Strange. Homme du monde, jeune, brillant, fougueux et surtout magicien également.

Jonathan Strange et Mr Norrell sont le renouveau de la magie anglaise. A eux deux, ils vont éblouir le monde de leur prouesse sensationnelles.

Mais cela sauvera-t-il l’Angleterre ? Et combien de temps des hommes aussi diamétralement opposés pourront-ils se supporter ?

 

Mélange subtil de féérie, d’aventures, de fantastique et de romantique, Jonathan Strange & Mr Norrell, l’œuvre de Susanna Clarke remporte un brillant succès un peu partout où il sort.

Traduit dans dix-sept pays à ce jour et se proposant bientôt pour un film, c’est essentiellement dans le pays d’origine de l’auteure qu’il fait le plus d’émule engendrant une véritable mania.

Et c’est assez compréhensible si on sait que ce livre fait penser à la plume à la fois piquante et précise, critique de la vieille société anglaise de Jane Austen conjuguée à  une ambiance mythologique, fantastique, légendaire que Tolkien savait parfaitement mettre au service d’un texte posé, structuré et élégant.

Deux influences, assez fortement senties mais surtout récompensées par de nombreuses références et allusions, deux influences au service d’un même esprit pour nous fournir un livre d’une incroyable qualité.

De certains, Jonathan Strange & Mr Norrell sera le Harry Potter des enfants adultes. On peut lui souhaiter semblables succès sans difficultés mais mon petit doigt me dit qu’il n’intriguera pas que les parents.

Du reste, je n’ai plus question d’ambiance, qu’à vous conseillez de vous installer près d’un feu un dimanche après midi pluvieux pour retomber en enfance et assister au renouveau de la magie anglaise et féérique en vous moquant du snobisme, de la préciosité en bref d’étique serrée de ces bourgeois et nobles du début du XIXe siècle.

A toutes et à tous, bonne lecture !

 

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