04/12/2007

L'envers vaut l'endroit

Nightside_2

Après Le Disque-Monde, Daniel Pennac et Philip Roth, c’est Simon R. Green qui pointe le bout de son nez avec un titre évocateur L’Envers vaut l’Endroit.

Inutile de le cacher, cette fois, il s’agit bien d’un roman d’aventure sur toile fantastique.

Qu’en dire ? Tout d’abord qu’il n’est pas très long à lire mais surtout qu’il est fermement imprégné d’humour anglais.

L’envers vaut l’endroit fait partie de la série des Nightside. Inutile de s’affoler, les livres peuvent parfaitement se lire indépendamment les uns des autres.

Petite introduction…

Le Nightside nous vient tout droit de l’esprit, on peut dire tordu, de Green. Il s’agit d’un quartier de Londres. On y accède par le métro. Là bas, il est toujours trois heures du matin dans un univers maléfiques et sombre où se retrouvent toutes les créatures habitant vos cauchemars.

Dans le rang des créatures surnaturelles, citons par exemple les loups garous, fantômes, ondines,… Rajoutons aussi des « espèces » de dieux assez « spéciaux », des anges, des démons, l’Inquisition… mais aussi et surtout Suzie Bang-Bang (plus fragile que son fusil à pompe ne le laisserait présumer), Walker (le chef de la police), le Collectionneur, Jack l’Ordure Cosmique, Mr Moelle et Mr Sang, ainsi que plus brièvement un Merlin l’enchanteur comme vous ne risquez pas de le voir souvent et son descendant.

Au milieu de tout ce capharnaüm, John Taylor est le « trouveur d’objet ». Demandez-lui quelque chose, il le trouvera et il vous le rapportera. Il a un don pour ça.

Néanmoins, comment peut-on mener à bien la mission de retrouver le Graal impie, la coupe de Judas quand la concurrence déjà rude est renforcée par l’apparition d’anges et de démons aussi destructeurs les uns que les autres et prêts à tout pour s’emparer de la relique.

Roman d’aventure, fantastique avec un brin de science fiction, L’envers vaut l’Endroit est absolument captivant mais aussi ; très clairement, déjanté. Inutile de dire qu’il faut le prendre au second, voire même au troisième degré sans s’attendre à plus qu’une part de rêve, un moment d’évasion et de détente.

De plus, il présente cette caractéristique très rare d’associer le fond et la forme. Le fond est sombre, insalubre, n’en attendez pas moins du texte.

C’est peut-être là le talon d’Achille de l’œuvre, il ne faut pas nécessairement la mettre entre toutes les mains.

Personnellement, je n’ai eu qu’un seul regret avec cet ouvrage, c’est celui d’arriver au point final mais qui sait, le Nightside est vaste et la série se construit.

Simon R. Green, L'Envers vaut l'Endroit. éd Bragelone