21/01/2009

La Ferme des Animaux

La ferme des animaux

 

George Orwell, La Ferme des Animaux

 

Le titre fait penser à un conte pour enfants. Ce n’en est pas un. Sa lecture peut faire sourire mais ce n’est pas une farce. Bienvenue dans La Ferme des animaux, mélange de fable et de satire. Un récit où l’Histoire se voit caricaturée, décortiquée en étant plaquée sur des personnages à plumes où à plus de deux pattes.

 

Mr Jones est propriétaire d’une assez belle ferme en Angleterre. Son affaire tourne bien et malgré cela, il cherche continuellement à amasser un peu plus d’argent. Il fait travailler les animaux plus longtemps, les nourrit un peu moins, agit en rapace de plus en plus vorace.

Malheureusement pour lui, ses bêtes sont de plus en plus énervées. Les poules ne veulent plus voir tous leurs œufs partir, d’autres manger à leur faim, d’autres se reposer un peu. Les temps sont rudes et l’espoir s’entretient. Surtout quand les vieux cochons, Sage l’Ancien, quelque jours avant sa mort, les convoque tous dans la grange pour leur parler de son rêve : Un monde sans humain où les animaux seraient libres et où personnes ne serait manger par autrui.

Les paroles de l’Ancien, c’est l’espoir. Ils savent tous qu’ils ne vivront pas assez vieux pour voir ça, mais ils y croient : dans un lointain avenir le monde changera.

Pour ce qui est du monde peut-être, pour ce qui est de la ferme de Jones ça ne mettra pas longtemps. De plus en plus avare, il néglige de nourrir ces bêtes après des journées de travail éprouvantes et après avoir sorti le fouet souvent. Cette fois c’en est trop.

Mené par les cochons –car comme tout le monde le sait, les cochons sont les animaux les plus intelligents- ils chassent le fermier à coups de sabots, de bec et de dents.

C’est la fin de la tyrannie et le début de la République des animaux. On récompense les cochons et puisqu’ils sont les plus malins, ils sont désignés de fait comme les nouveaux dirigeants. La ferme est rebaptisée Ferme des Animaux et une constitution adoptée.

  • Tout deuxpattes est un ennemi.
  • Tout quatrepattes ou tout volatile est un ami.
  • Nul animal ne portera de vêtements.
  • Nul animal ne dormira dans un lit.
  • Nul animal ne boira d'alcool.
  • Nul animal ne tuera un autre animal.
  • Tous les animaux sont égaux.

Pour les humains alentours, à fortiori les fermiers, ce grand bouleversement est une rigolade et le système s’effondrera de lui-même lorsque les « rebelles »  privés de leur main nourricière commenceront à sentir la faim. En tous cas, ils se trompent bien car dans La Ferme des Animaux les récoltes ne seront jamais aussi bonnes. Les bêtes ne peuvent pas utiliser les outils des leurs ancien maitre mais en se répartissant les taches, elles les dépassent. Prenez la récolte du blé, pas un seul grain n’a été perdu grâce à l’aide des poules. Et puis, nul n’est tenté de se servir au passage puisqu’il s’agit de leur propre bien. Ainsi, tout va pour le mieux dans la République naissante. Jusqu’au jour où la tension va commencer à monter entre les deux cochons qui dirigent, Napoléon et Boule de Neige. Ce sera le premier coup d’Etat de la Ferme des Animaux.

 

Les animaux parlent et ce n’est surement pas du Walt Disney, absolument déconseillé aux enfants, ça peut faire penser à Lafontaine mais ce n’est pas une fable, il n’y pas forcément une morale à la fin. C’est au fond un critique infiniment réussie d’une phase de l’histoire du monde. Celle où des hommes ont renversé un tsar parce qu’on leur avait promis la liberté, l’époque où un Staline évinçait un Trotski pour prendre le pouvoir. Ca rappelle cela et en même temps, ça rappelle comment tous les idéaux, tous les espoirs, toutes les promesses des foules sont toujours balayées au profit de l’ambition personnelle, quel que soit le système politique.

Ce livre fait partie de ces ouvrages qu’il est indispensable de lire, de dévorer, d’absorber par plaisir et aussi pour vivre à la mesure de son monde. Orwell n’écrivait pas, il voyait.

 

Bonne lecture.

 

Ecrivain89 – Quentin

 

Orwell Ferme

 

George Orwell

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