04/02/2009

Gargantua

gargantua

 

François Rabelais, Gargantua

 

Gargantua

La vie très horrifique du grand Gargantua, père de Pantagruel, jadis composée par M. Alcofribas Nasier (François Rabelais), abstracteur de quinte essence.

 

Aux Lecteurs

 

Amis lecteurs, qui ce livre lisez,

Despoûillez vous de toute affection,

Et le lisants, ne vous scandalisez :

Il ne contient mal ne infection.

Vray est qu’icy peu de perfection

Vous apprendrez, si non en cas de rire ;

Aultre argument ne peut mon cueur elire,

Voiant le dueil qui vous mine et consomme :

Mieulx est de ris que de larmes escrire,

Pource que rire est le propre de l’homme.

Vivez joyeux.

 

 

Qui connaît Rabelais ? Tout le monde. Son Pantagruel, son Gargantua sont universellement connu. Mais quel sens faut-il donner au mot « connaître » ?

Au minimum, on peut dire que c’est « avoir entendu parler », généralement, « avoir étudié il y a longtemps », mais c’est relativement rare de croiser quelqu’un en rue qui puisse affirmer « je l’ai lu, je sais ce que c’est ».

Dans le cas de Gargantua, faire la distinction entre ces trois possibilités, c’est faire la distinction entre l’imagerie populaire, l’imagerie scolaire et la juste vérité.

En se plaçant dans le premier cas, je vous invite à voir Rabelais comme un chantre de la paillardise, de l’ivrognerie, de la crasse, de la bouffe juteuse et grasse, de la démesure.

Pas de quoi avoir envie de s’y mettre, pas de quoi tenter les âmes sensibles.

Néanmoins, en faisant un petit retour par l’école, souvenez-vous de ces heures d’études de textes, longues, interminables, soporifique. Tout çà pourquoi ? Parce qu’on n’aime pas le prof, le texte, le curetage des mots ou tout simplement parce qu’on a envie de faire autre chose.

Toujours est-il qu’à cette époque, Rabelais vous semblait plus sérieux et plus sage. De quoi tenter les têtes bien pensantes. Malheureusement, elles seront tout aussi déçues.

Pourquoi ? Pour la simple raison que si Gargantua est le texte d’un humaniste, d’un médecin, d’un ecclésiastique et donc de quelqu’un d’instruit, sage et savant, nous n’en sommes pas moins au début du XVIe siècle, dans les années 1534, à peine à la sortie du Moyen Age.

Ce qui est un élément pour expliquer cette « paillardise ». Rappelez-vous des Contes de Canterbury, auxquels j’ai consacré un article, c’était un siècle plus tôt en Angleterre et un certain Geoffrey Chaucer s’en donnait à cœur joie pour dépeindre aussi bien l’amour platonique que…

Outre le décalage temporel, un autre raison qui participe à la réputation du Gargantua, est que l’ouvrage a été écrit dans un esprit de parodie par rapport à ce qui se faisait ou avait été fait. On quitte l’épopée et les mythes des bons chevaliers pour retrouver un prince géant faisant son éducation culturelle et militaire en adaptant ce qui doit être adapté.

Une parodie, c’est un objectif clair : faire rire. Force est de la reconnaître et force est de dire que cette seule raison doit déjà vous inciter à le lire.

Pourtant, si page 1 « Rire est le propre de l’homme », l’ambiance joyeuse de Gargantua, ça rassura les âmes pieuses, n’est qu’un coup en traitre pour faire rentrer dans la caboche du lecteur, à son insu, sagesse, philosophie, réflexion et les grandes idées des philosophes du temps (Erasme ou More en tête). Rire et penser.

 

En ce qui concerne l’histoire, on a récemment découvert (par rapport à 1534) un immense tombeau en France. Explorant ce lieu incroyable, oublié depuis la nuit des temps, un érudit nous rapporte l’existence d’un livre non moins gigantesque rapportant les hauts faits et l’histoire d’une lignée de géants, rois du Peuple des Dipsodes.

Parmi eux figurent Grandgousier (traduisez par Grand gosier ; non reçu à sa naissance pour sa capacité à enfourner le boire et manger) et sa femme Gargamelle enceinte depuis onze mois (que voulez vous, qualité et gigantisme ça met du temps).

Nous sommes le troisième jour de février, à ce moment de l’année, le roi vient d’ordonner l’abattage des cochons. C’est un rituel annuel. Une grande partie des viandes seront salées pour leur conservation dans les mois à venir tandis que tout ce qu’on ne peut garder aussi longtemps devra être rapidement mangé pour éviter le gaspillage (on parle des tripes).

C’est l’occasion de fêtes, festins, festoyages à n’en plus finir. Le vin coule et les tables sont remplies dans la plus parfaite bonne humeur. L’occasion peut-être pour un géant de naître ?

Evidemment mais il ne le fera pas de n’importe quelle manière mais de cela je vous garde le plaisir de le lire. Toujours est-il qu’une fois né, contrairement aux autres nourrissons, il ne criera, ni ne pleurera mais hurlera « A boire ! ».

Le bonhomme Grandgousier, qui buvait et mangeait, et s’amusait, en entendant les cris horribles de son fils qui demandait à boire, dit alors : « Que grant tu as ! (sous entendu le gosier). Ce que les oyants et assistants dirent que vrayement il debvoit avoir par ce le nom Gargantua.

A présent que le mythe est né, comme sa croissance, son éducation et ses aventures.

Ces derniers sont truculentes mais je ne peux hélas, c’est regrettable, les dire ici sans vous faire perdre le plaisir de lire. Apprenez seulement qu’entre autres faits, il volera les cloches de Notre Dame de Paris pour les faire porter à son cheval, noiera la foule sous un flot d’urine ou encore, que sa monture gigantesque voulant se débarrasser des mouches qui l’embêtaient les massacra à coup de queue et par la même occasion déboisa toute une région.

Du coté de la sagesse, elle n’est jamais loin du rire, de la satire, de la remarque désobligeante sur son siècle, ses hommes et ses institutions. Un peu de patriotisme français, un coup de poignard contre l’Empire (le Saint Empire Romain mené par Charles V est en guerre perpétuelle avec le roi François premier ; on se trouve quelque années après la défaite des Français à Pavie et la prise d’otage du roi de France par l’empereur).

Rajoutez des boulets rouges contre les moines, les avocats, les juges,  les mauvais rois, les assoiffés de pouvoirs, l’enseignement au par cœur tout à fait inutile et abrutissant du Moyen Age et j’en passe pour arriver aux utopies : celle du royaume heureux et paisibles de Gargantua et Grandgousier et celle de l’abbaye de Thélème, lieu d’enseignement et son « Fais ce que plaira »

Rire et penser. Penser en riant. Rire en pensant. Cherchez l’un vous bénéficierez toujours de l’autre. C’est ça le plaisir de lire Gargantua et vous le multiplierez à l’infini en choisissant de le lire en ancien français, texte d’origine.

A lire absolument !

Bonne lecture.

 

Ecrivain89- Quentin

 

gargantua 1

 

 

François Rabelais

 

rabelais

 

30/01/2008

Into the Wild

into the wild

 

Notre nouvel invité, comme promis, ce nomme Into The Wild ou, en français, Voyage au bout de la Solitude de Jon Krakauer.

Pour tout dire, ce livre qui se voit porter sur les écrans par Sean Penn, possède en lui une forme de magie, la magie de l’appel, appel de la forêt, de la montagne de la neige, appel de la nature la plus sauvage.

Basé sur une histoire vraie, Krakauer raconte ici le récit tragique d’un jeune homme qui a tout lâché pour vivre son rêve et fuir les chaines de la société.

Le livre commence en 1992. A cette époque, un groupe de chasseurs partis en forêt le long de la piste Stampede dans une région peut fréquentée et particulièrement hostile de l’Alaska découvre son premier point de halte de la journée.

Il s’agit d’un vieux bus abandonné qui servait autrefois aux ouvriers quand les mines de la région fonctionnaient encore. Depuis les années, il a commencé à rouiller, les petits graffitis des voyageurs-chasseurs se sont accumulés, quelques carreaux sont cassés mais jamais il n’a cessé de servir de refuge aux passants.

A l’intérieur, ils découvrent, comme toujours, un vieux poêle rudimentaire, de maigres ustensiles de survies et quelques loques éparses. Mais pourtant, il y a quelque chose qui ne va pas, à commencer par cette odeur pestilentielle qui envahit la carcasse en plein mois d’août.

Il vienne de découvrir le corps sans vie de Christopher Mc Candless, un gamin de vingt trois ans au plus.

Les dernières années de sa vie furent l’histoire d’un « vagabond » qui arpenta les routes des Etats-Unis à pied, en stop, en canot… Mais il n’en fut pas toujours ainsi. Il y a encore peu, il vivait avec sa famille, il faisait des études de droit à l’université et se passionnait à tenter d’aplanir les inégalités dans le monde. Et puis un jour, il eut son diplôme. Une brillante carrière et une vie rangée l’attendait, du moins c’est ce que pensaient ses parents avant qu’il ne s’évanouisse dans la nature.

Dans ce livre, vous ne trouverez pas une biographie impartiale, une analyse psychologique profonde du personnage ou un manifeste contre ce genre « d’illuminés ». Ce n’est pas la volonté de l’auteur qui, on le sent, n’a que compréhension et admiration pour le jeune homme.

Non, au contraire, vous découvrirez la vie de solitaire et de voyageur sans attache de Mc Candless. Vous partirez avec lui sillonner les routes et sentirez comme lui, l’appel de la nature ainsi que l’oppression de la société moderne.

Vous découvrirez aussi la vie d’autres énergumènes solitaires contemporains ou prédécesseurs dont John Muir, le célèbre écologiste du début du XXe siècle ou d’autres grands noms de l’alpinisme.

En réalité, je n’ai qu’une seule remarque à faire sur ce livre : « Méfiez-vous en, parce que vous pourriez bien vous aussi ressentir le besoin urgent de partir et de tous laisser, de partir et de vivre entre roches et arbres le long d’une petite rivière, bercé par le chant des oiseaux.

C’est un livre magnifiquement écrit qui en se laissant autant dévorer que déguster, allumera en vous un incendie, un rêve simple, un havre de paix.

Il ne reste donc plus qu’à savoir ce que la vie de Christopher Mc Candless deviendra une fois projetée dans les salles obscures.

 

Jon Krakauer, Into the Wild

 

Extrait des premières lignes.

 

A 6,5 kilomètres de Fairbanks, Jim Gallien aperçut un auto-stoppeur qui se tenait dans la neige au bord de la route, le pouce levé très haut et grelottant dans l’aube grise de l’Alaska. Il n’avait pas l’air bien vieux ; dix-huit ans, dix-neuf peut-être, pas plus. Une carabine dépassait de son sac à dos, mais il avait l’air d’un bon garçon. Dans le 49è Etat, une carabine Remington semi-automatique n’étonne personne. Gallien gara sa camionnette Ford sur le bas-côté et dit au jeune homme de monter.

Chris Mc Candless n’était plus qu’à quelques heures de sa destination, la piste Stampede qu’il comptait traverser d’un bout à l’autre.

 

Jon Krakauer, Into the Wild, éd Presse de la Cité.

 

27/01/2008

Le Glacier, Marc Laberge

glacier

Juste avant de vous emmener pour Un Voyage au bout de la Solitude (Jon Krakauer, Into the Wild), je vais vous parler, variation sur un même thème, du Glacier de Marc Laberge.

Auteur Québécois, conteur pour enfants à ses heures, il sera peut-être difficile à obtenir en dehors d’une bonne librairie mais il constitue un excellent démarrage à la littérature du voyage et de l’espace sauvage.

Dans cet ouvrage, vous partirez à la découverte de John Muir. Sans empiéter sur le récit, sachez qu’il s’agit d’un des premiers écologistes américains. Il passa sa vie dans les montagnes rocheuses et milita en premier pour le respect de la faune et la flore.

Il parvint même à s’attirer les faveurs et une visite en sa compagnie au milieu des bois du président Roosevelt.

Point de biographie pourtant dans ce livre. Il s’agit de raconter quelques aventures marquantes du personnage, celle de l’homme face à la nature sauvage, celle de l’homme seul avec lui-même.

Parmi celles-ci, l’histoire vraie du glacier raconte comment un homme et son chien ont réussi à échapper à une fin effroyable lors d’une tempête de vent, de pluie et de neige,  perdus sur un glacier aux crevasses infranchissables.

En racontant ses évènements avec une incroyable précision et un sens inné de la narration, Marc Laberge nous plonge dans un univers fascinant, presque étranger. Il nous fait prendre conscience de sensation imperceptible, d’une vision de l’univers fascinante.

Très court récits, il vous emmènera aux limites du corps dans une réflexion sur ce qui pousse les humains à grimper toujours plus haut et à risquer leur vie.

 

Marc Laberge, Le Glacier, éd Québec/Amérique 

 

 

20/01/2008

Le Meilleur des Mondes

meilleur des mondes

 

Ca vous tente une rencontre avec un des pères de la science fiction ? On parle souvent des inventions et de l’imaginaire de Jules Vernes, d’Herbert George Wells ou de George Orwell, Asimov, on mentionne moins le génie d’un de leur contemporain, Aldous Huxley.

Son centre d’intérêt, c’est essentiellement, outre les technologies futures, l’évolution politique du monde ou plutôt celle de la société et des rapports entre les hommes.

Dans ce livre, nous atterrissons dans une année indéterminée indéniablement futuriste au vu des technologies présentes.

Au sein de ce monde, une guerre mondiale atroce s’est déclarée un peu plus tôt causant ravages, morts, dévastations et manquant d’anéantir la Terre et l’espèce humaine.

Au sortir de ce gouffre, une constatation s’imposait, il fallait absolument éviter que les choses ne puissent se reproduire.

Une seule solution, une société unifiée, hiérarchisée, infaillible.

La technologie aidant, la panacée n’est pas impossible à administrer. Un nouveau pouvoir central se crée chargé d’ordonner un état mondial, plus de pays, plus de nation. Chacun est citoyen à part entière du Monde. Les rivalités entre Etats sont supprimées.

Maintenant, pour entériner définitivement le projet, lui donner un soutien absolu, il faut encore l’accord intemporel du peuple.

Mais comment faire pour que chaque membre d’une immense population accepte à jamais le système et les nouvelles règles ? Comment faire taire les oppositions et en même temps créer une société parfaite ?

La réponse vient par la science mais surtout la biologie et les nouvelles découvertes sur le clonage et l’ADN. On peut formater les êtres humains avant leur naissances, les rendre plus forts, plus faibles, plus intelligents ou moins, en faire à l’avance des cadres ou des ouvriers…

On peut même aller plus loin et les éduquer pendant leur enfance pour les laver de leurs sentiments, de leur libre arbitre et de leurs pulsions ravageuses.

L’univers humains est devenu peu à peu un monde prédéterminé, contrôlé, uniformisé.

L’histoire raconte la vie de trois hommes. Deux sont issus de cette société préfabriquée mais ont été « mal » formatés, un autre est né dans les colonies de sauvages qui échappent au contrôle de « l’élite ».

Pour chacun d’entre eux, la vie va devenir un enfer. Car non seulement, ils sont forcés de prendre conscience de leur différence mais en plus ils doivent la cacher ou la dominer pour être accepté.

Huxley raconte dans son livre leur calvaire, leur prise de conscience et le déroulement sans pitié de cette lutte qui opposera l’homme libre à l’homme formaté, la différence à l’uniformité.

Peu ou pas conseiller aux trop jeunes pour la complexité du sujet, ce roman fait partie des grands livres de la science fiction.

Comme Asimov pour ses robots (I Robot), il s’interroge sur l’avenir de l’humanité mis entre les mains de la science et surtout comment une bonne intention peut paraître avec le recul la pire infamie.

C’est auteur qu’il faut lire, que l’on soit intéressé par le genre littéraire ou par la philosophie qui accompagne le sujet.

Il n’est pas inutile de préciser que ce roman d’anticipation a été écrit avant la Seconde Guerre Mondiale et que donc, la boucherie exterminatrice qui fut la cause créatrice d’un nouvel ordre mondial a existé même si ce n’est peut-être pas dans la même mesure que celle du livre, qu’une autre guerre peut toujours menacé avec en plus cet épouvantail qu’est l’arme atomique. Mais surtout, il faut se dire qu’avec l’ONU, avec l’Union Européenne, on n’est pas bien loin de la création soit d’un Etat Mondial, soit d’une citoyenneté mondiale basée sur la conscience collective d’appartenance à un territoire plus grand que l’Etat, la Terre.

Alors ? Plutôt actuel l’auteur d’anticipation.

Bonne lecture !

Aldous Huxley, Le Meilleur des Mondes

Existe aussi : Retour au Meilleur des Mondes

11/01/2008

La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil


dame dans l'auto

Connaissez-vous Sébastien Japrisot ? Non. Vous devriez car ce grand romancier français spécialiste des énigmes comme dans La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil ou Piège pour Cendrillon est aussi l’auteur du livre qui à permis ce célèbre film, Un long dimanche de fiançailles.

Prix d’honneur de la littérature policière et Best Crime Novel voici venir l’histoire de Dany, La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil

 

Dany Longo est secrétaire dans une société de publicité à Paris. Soyons clairs, elle s’ennuie ferme ! Néanmoins elle ne sait pas encore que bientôt, sur un simple coup de tête, cette monotonie va s’envoler en un éclair.

Pour le moment, nous sommes à la veille du week-end du quatorze juillet. Ses collègues, ses relations mettent tous la dernière touches à leurs projets avant de partir s’amuser pendant la fête nationale. Il y a ceux qui partiront en randonnée, ceux qui sortiront en groupe, ceux qui partiront bronzer et puis… et puis, il y a elle qui ne fera rien. Comme d’habitude.

Pourtant, ce soir, son patron lui a demandé exceptionnellement de faire des heures supplémentaires. Il a besoin d’un long dossier pour le lendemain et rien n’est encore prêt.

C’est peut-être la seule chose à faire ? Elle accepte et se rend chez cet homme qui est aussi le mari d’une ancienne amie. Toute la nuit, elle tape à la machine. Au matin, elle s’effondre épuisée. Le travail est fini.

Avant de pouvoir rentrer chez elle se reposer et se couper du monde, elle accompagnera encore toute la petite famille du chef jusqu’à l’aéroport. C’était le dernier acte censé qu’elle accomplissait.

Le patron lui a confié les clés de sa voiture, une splendide Thunderbird blanche, le temps pou elle, de la ramener en sécurité jusque dans son garage.

L’avion décolle. Dany aussi, mais à bord de la superbe décapotable. En un coup de tête, sans se soucier des conséquences, elle part vers le sud, vers cette mer que tout le monde dit si bleue.

Sur la route, elle se rend compte peu à peu que tout le monde dit l’avoir déjà vue la veille, du mécanicien qui lui répare un phare à l’agent de police qui contrôle ses papiers.

Petit à petit, elle en vient à se demander si la coïncidence peut exister jusqu’à un tel point ou si elle perd tout simplement la tête. Et encore, c’était avant de trouver un cadavre et un fusil dans le coffre, qui, elle en était sure, ne s’y trouvait pas lorsque le patron avait pris ses valises…Qu’a-t-elle fait ?

Rythme, construction et doute. Trois mots parfaitement appropriés pour décrire la plume de Sébastien Japrisot dans ce livre.

Le rythme. Un récit qui se pose très vite et ne lâche pas la pédale de l’accélérateur du début à la fin. La construction du récit qui directement amène le doute car je vous tirerai mon chapeau si vous trouver la solution du mystère avant de la lire. C’est absolument impossible !

Enfin, c’est un roman à cheval entre le polar et le thriller psychologique car outre l’énigme, la trame se construit essentiellement sur la personnalité et la psychologie des personnages dont nous visitons les pensées, reliés par le fil poétique d’une plume infiniment souple et précise, séduisante semeuse d’énigmes.

 

Bonne lecture !

 

03/01/2008

L'auberge rouge

l_auberge_rouge_2007,1

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui je vais me faire l’écho d’un livre bien entendu, mais aussi d’un film puisque j’ai choisi de vous parler de l’Auberge Rouge.

Commençons d’abord peut-être par cette courte nouvelle de Balzac disponible au format de poche.

Tout d’abord, je vous dirais qu’elle est complètement différente du film sur nos écrans. Dans cette histoire Balzac raconte comment, un jour, invité par des amis à prendre le repas du soir – et un repas ma foi fort copieux- il finit par atteindre l’heure où les corps sont repus, dans cette instant où la chair satisfaite fait somnoler un esprit qui ne demande rien de plus qu’un peu de musique ou une histoire. C’est à ce moment, qu’un des invités sous l’insistance de l’assistance commence donc à raconter son histoire.

Et une histoire sombre, macabre, celle d’un négociant qui voyageant à travers l’Allemagne s’arrête en même temps que deux jeunes soldats médecins à l’Auberge Rouge.

Il explique comment le lendemain, le négociant fut retrouver mort, privé de son argent tandis qu’on accusait l’un des jeunes gens du crime.

Néanmoins, le conteur ayant rencontré lui-même ce garçon reste persuader de son innocence.

Le mystère plane. Un innocent à payer. Un assassin, un voleur est en liberté ! Balzac mène l’enquête.

Vous l’aurez compris cette nouvelle, proche de la fable, reste loin du film qui vient de sortir. Cependant, pour ceux que cela intéresse je ne saurais que trop la conseiller. C’est très court, l’occasion de se plonger dans l’univers d’un des plus célèbres auteurs classiques sans trop se fatiguer, l’occasion aussi en une petite heure de se laisser bercer par une plume et une manière de raconter toujours moderne malgré son âge.

Pour en venir, au film, je rappellerai que l’histoire est ici complètement différente puisqu’elle raconte la vie d’un couple d’aubergistes (Balasko, Clavier) propriétaires d’un relais isolé dans les Pyrénées, l’Auberge rouge. Le paysage est idyllique mais les clients n’affluent pas. Grand bien leur fassent d’ailleurs car ceux qui y rentrent ne sont jamais ressortis ou alors nettement moins vivants.

La vie y est calme à peine troublée par l’un ou l’autre promeneur isolé dont la disparition ne saurait inquiéter personne. Mais c’est jusqu’au jour où arrive une calèche bondée et cabossée d’où sorte entre autre une vieille aristo, un bucheron, un vendeur de dentelle mais surtout un prêtre (Jugnot). L’occasion pour le couple assassin de finir en apothéose et de détrousser les malheureux juste avant la fermeture de la route qui les reliait à la civilisation au profit d’un itinéraire plus court.

Après, avec l’argent gagné, ce sera le début de la grande vie pour eux tous.

Seul inconvénient, la matrone refuse qu’on touche à un cheveu du prêtre !

Construit sur l’opposition Clavier-Balasko contre Jugnot le film est tourné de manière exquise dans un mélange macabre et bercé d’humour, un humour justement dosé, bien présent et très léger.

Un bon film qui n'a rien à envier aux machines à brasser les visiteurs des cinémas anglais et américains mais surtout un bon film pour passer un agréable moment en famille ou entre amis dans les salles obscures.

 

Bon film ou bonne lecture…

 

22/12/2007

A la Croisée des mondes

pul

Comme promis, voici la critique de A la Croisée des Mondes de Philip Pullman.

Que dire de ce livre ? Et bien, je dois avouer que je reste assez perplexe. Mon cœur balance entre du pour et du contre.

Et de bons éléments, il y en a dans ce roman fantastique. Du point de vue de l’imagination, c’est tout simplement remarquable. On rencontre une multitude d’univers connectés entre eux de manière particulière, des créatures incroyables ; pour ne citer qu’eux, je pense aux immenses ours polaires en armures forgerons hors pairs.

Il y a des inventions complètement novatrices pour le roman fantastique. En bref, le paradis du rêve et de l’aventure.

Mais, il n’y a pas que l’apparence qui est mise en avant, il y a aussi la psychologie des personnages qui se retrouve omniprésente à chaque ligne. On retrouve leurs côtés sombres, leurs états d’âme, leurs plans démoniaques… Ajoutez aussi un langage soigné et un plume allant au mot juste, c’est excellent.

S’il n’y avait que cela, ce livre serait une vraie perle et Pullman n’aurait pas volé son titre parmi les plus brillants auteurs de fantastique anglais.

Mais, je dois vous avouer que j’ai mis près de huit ou dix ans pour passer de la première page du tome 1 à la dernière du troisième tome.

Car c’est là que le bas blesse. Sans dire qu’on s’ennuie en lisant, il est très difficile d’accrocher à l’histoire et c’est en grande partie dû à ce qui fait sa qualité : par très inventive, elle devient trop complexe. Le lecteur manque de repères dans sa lecture et se perd assez facilement. Du moins, ce n’est qu’un point de vue et il n’a qu’une seule conséquence importante, c’est qu’il faudrait idéalement ne pas chercher à le lire trop jeune et être particulièrement bon lecteur ou motivé.

 

Etant donné qu’il s’agit d’une trilogie, il serait assez difficile d’en faire un résumé correct, on peut cependant dire que la trame du livre à pour sujet principal la théorie des mondes parallèles évoluant différemment les uns des autres mais dont le sort est lié par un principe d’équilibre.

Dans l’un de ces mondes, vit la jeune Lyra. Elle habite le collège d’Oxford en grande Bretagne en compagnie des plus grands savants et des meilleurs érudits où elle coule des jours paisibles et insouciants, inconsciente encore de son importance et des prédictions qui ont été faites il y a fort longtemps à son sujet.

Dans son Oxford, on retrouve un monde à cheval entre le féodalisme et le début du vingtième siècle, une civilisation avec des choix de technologies principales différentes des notres.

 Dans ce monde, vous ne serez pas étonné de rencontrer des daemons, sortes d’extension de l’âme en dehors du corps humain, il se rencontre sous forme d’animaux pouvant se métamorphoser à volonté dans l’enfance, du papillon au tigre, du chat à la colombe.

Mais ce calme absolu se brise le jour où la jeune fille est kidnappée et emmenée par des voleurs d’enfants. Sauvée par des gitans, elle entreprend un voyage vers le Nord à la recherche de son père, le célèbre Lord Asriel. Elle ne sait pas encore que son chemin la mènera beaucoup plus loin…

Vous ferez la rencontre dans ces livres de sorcières, d’ours en armures, de gyroptères, de monstres des falaises, de gallivespiens et même d’anges…

Bonne lecture !

 

16/12/2007

La Bastille

415454330_L

Je vous rassure, la récidive ne sera pas trop fréquente, mais je me permets aujourd’hui de vous présenter un livre d’Histoire. H majuscule et donc pas d’essai, pas de biographie, pas de roman à l’ordre du jour.Pourtant, je m’adresse aux passionnés de lecture, de documents, de légendes, d’histoire, à ceux qui s’intéressent à la France absolutiste ou révolutionnaire, à ceux qui aiment la Ville des Lumières et même à ceux qui de prime abord ne seraient pas particulièrement fans ou accros à ce genre de lecture.Dans ce livre, Claude Quetel, un des plus fiables historiens français nous replonge dans les ombres du symbole. Et un symbole, la Bastille en est un. Qui ne la connaît pas, qui n’en a jamais entendu parler ? Ce mot résonne en nous et nous fait revivre cette lutte pour la liberté de tout un peuple.Néanmoins, la Bastide Saint-Antoine de son nom d’origine reste mystérieuse. Prise par une foule de Parisiens en colère, elle ne tarda pas à être détruite pour emporter ses secrets avec elles. Dans cet ouvrage, l’historien s’est attelé à la lourde tâche de reconstruire en quelques pages le célèbre monument méconnu.

Sur base d’une collecte d’archives, d’un travail minutieux de fouilles et de reconstitutions, il nous replonge dans la vie quotidienne de ces quelques 6000 embastillés. Parmi eux, nous retrouvons les célébrités : « Le Masque de Fer », Voltaire, le Marquis de Sade, Cagliostro… Avec eux, nous revivons les plus grandes affaires judiciaires de l’Ancien Régime : Les Poisons, Les Colliers de la Reine…

Mais c’est surtout la démonstration de la vie quotidienne vue par la prison qui est surprenante. On peut ainsi récolter une foule d’informations sur les crises politiques, la justice, la vie parisienne, les complots, la liberté de presse.On se mêle au bas fond de Paris sous le manteau de l’inspecteur générale de police et de ses bureaux de renseignements. On surveille les étrangers, les Anglais et tous ceux qui ont des relations avec ces derniers  en premier lieu. On s’attaque aux païens, aux juifs, aux protestants, aux Jansénistes. Mais surtout, on surveille de près les mœurs frivoles de la noblesse et des grandes familles, quitte s’il le faut à envoyer quelque temps à la Bastille en « pénitence » les concernés.Et c’est un des principaux démentis du livre. La prison de la légende populaire est surtout le château du roi et la prison de la noblesse turbulente.Attaquez-vous également à cette légende de savoir combien de temps on pouvait rester à la Bastille et si on pouvait, comme on le dit souvent, y être OUBLIE. Ainsi, le professionnalisme de l’historien est bien présent dans ces lignes qui pourtant, sont plus que croustillantes, plus à déguster peu à peu qu’à coincer au fond d’une bibliothèque pour décorer.C’est un livre qui s’adresse à tous, qui fournit une multitude d’informations et lance des pistes pour découvrir toute une époque extraordinaire. Mais surtout c’est un ouvrage qui sait rester simple et ludique sans orgueil. Bonne lecture ! Une histoire de la Bastille, depuis sa cration sous Charle V jusqu'à sa destruction en 1789, tout en passant en revue les prisonniers célèbres et la vie quotidienne des quelques 6000 embastillés.  L’histoire véritable de la Bastille, Claude Quétel, éd Larousse, bibliothèque historique.



 

12:51 Écrit par ecrivain89 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la bastille, quetel, histoire, livre, si jose ecrire |  Facebook |

13/12/2007

La Rêveuse d'Ostende

9782226181077

Eric-Emmanuel Schmidt, La rêveuse d’Ostende 

Il est bien tard, ce soir, quand mon regard fatigué d’une longue journée glisse sur les dernières lignes de La Rêveuse d’Ostende d’Eric Emmanuel Schmidt.

Comme souvent lorsqu’on est face à un bon livre, une belle histoire, je me sens envahi par le désespoir d’arriver à la fin. L’histoire s’arrête là, maintenant gravée dans un coin de notre mémoire et nous devons peu à peu reprendre pied avec la réalité.

Pendant mon atterrissage, ce qui me frappe en premier c’est avant tout la question de savoir comment j’ai pu ignorer un tel talent aussi longtemps.

Car cet auteur français, qui je le rappelle passe une bonne part de son temps en Belgique – et aime à y mettre en scène ses histoire en dépeignant à la perfection nos habitudes et notre décors- a un don réel pour l’écriture.

A travers ce recueil de nouvelles, cinq pour être précis, on ne peut que tomber sous le charme de la plume. C’est peut-être par une série de qualificatifs qu’on en viendrait le mieux à décrire les sensations qui vous traversent. Je pense d’abord à la force et au charme de décors, simples et envoûtants. Tout comme je rends hommage au sens de la mise en scène qui est révélé par le mystère de la narration et la qualité des dénouements. Alors qu’enfin, je n’oublie pas les mots, ce vocabulaire riche qui se plie en quatre au service d’un phrasé fluide et de la lumineuse simplicité des histoires.

Cinq nouvelles donc pour un livre qui se dévore. Cinq nouvelles : La Rêveuse d’Ostende, Crime Parfait, La Guérison, Les Mauvaises Lectures et La femme au bouquet.

Que dire d’elles sinon qu’elles sont magiques, ouvertes à l’imagination, à un voyage dans le rêve éveillé.

En quelques mots, La rêveuse d’Ostende met en scène un écrivain cherchant à fuir au bout du monde pour se remettre à l’abri d’un déboire amoureux. Et c’est plus précisément sur les plages de la Mer du Nord dans la vieille demeure d’Emma Van A., sa logeuse qu’il tentera de parvenir à ses fins. Pendant quelques semaines, les deux individus vont se côtoyer et c’est cette vieille dame distinguée clouée dans un fauteuil roulant qui va livrer l’intrigue de sa vie, le doux secret de sa mémoire, l’amour de sa jeunesse.

Par la suite, je vous invite à rentrer dans la tête de la plus malheureuse des criminelles. Celle qui après avoir réussi le crime parfait en précipitant son mari du haut d’une falaise ni vue ni connue, se rend compte qu’elle a bel et bien supprimé la personne à qui elle tenait le plus et réciproquement.

Mais c’est sans conteste à la Femme au bouquet que va ma prédilection car cette courte nouvelle d’une quinzaine de page révèle l’existence d’une femme mystérieuse qui chaque jour de sa vie vient s’asseoir sur le quai numéro trois de la gare de Zurich et qui un bouquet en main, attend impassible. Elle attend depuis des jours, des semaines, des mois, des années. Certains disent cinq ans, d’autres dix, d’autres quinze… L’essentiel est qu’elle reste là imperturbable jusqu’à la tombée du jour où elle rentre chez elle jusqu’au lendemain.

Pourquoi elle attend ? Qui elle attend ? Qu’espère-t-elle ? Chacun aura bien sa petite idée, le reflet de son désir propre. Mais au fond personne ne sait vraiment dans les profondeurs de cet esprit. C’est un secret qu’elle seule pourrait raconter…

Ce qui frappe dans la lecture du livre, c’est le goût prononcé pour l’auteur des choses simples, des histoires toutes en simplicité, parfaitement réussie et bercée pourtant par ce que la réalité ne rôde jamais bien loin du rêve. 

Un bon cadeau pour la Noël si vous êtes en panne d’inspiration !

Alors comme toujours, je vous laisse en vous souhaitant, une agréable lecture…

 Eric-Emmanuel Schmidt, La Rêveuse d’Ostende, éd Albin Michel

 

09/12/2007

Lettres Mortes

Lettres_mortes

La littérature anglaise reste présente et cette semaine, c’est Shaun Hutson qui nous fera découvrir ses Lettres Mortes.

D’abord, je me suis un peu penché sur la biographie de l’auteur avant de faire cette critique. Voici, en quelques lignes, ce qu’il faut en retenir.

Devenu, écrivain en 1983, après plusieurs petits boulots, Shaun Hutson, 28 romans plus tard est devenu en Angleterre un des plus grands vendeurs de livres d’horreur.

Personnellement, il est présenté comme un alcoolique repenti, diagnostiqué pour ses tendances psychotiques et auteur favori des bibliothèques de prisons anglaises. Du reste, il est parait-il un homme charmant…Tout un programme !

D’ordinaire, je ne me serai pas attaché à vous raconter ces détails mais dans ce cas, ils forment un bon préambule à la présentation du livre.

Lettres Mortes fait en effet partie d’une catégorie, plutôt, d’une conjugaison de genres peu courante, il s’agit du mélange du roman policier à suspense avec le roman fantastique.

C’est une potion rare dans les librairies mais qui réussit le pari de divertir, d’accrocher et de faire frissonner le lecteur. Un joli coup !

L’histoire en elle-même se passe dans le Londres actuel où le temps de quelques nuits plusieurs personnes sont assassinées chez elles. La police qui fait la découverte macabre ne peut que se poser des questions tant à propos des mutilations que le meurtrier fait subir aux victimes que par sa méthode.

En effet, sur place, les corps se font trancher la langue, arracher les yeux ou tout simplement ont le ventre ouvert en deux parties. Mais ce qui est le plus étrange n’est pas encore tant cette atroce déferlante de colère et de haine que la fait que dans chaque cas, toutes les portes et toutes les fenêtres étaient restées parfaitement closes jusqu’à l’arrivée de la police.

Et pourquoi donc aussi, toutes les victimes qui n’avaient pas beaucoup d’autres liens entre elles que de toucher de près ou de loin au domaine de l’édition, pourquoi donc étaient-elles à chaque fois entourées des manuscrit en lambeaux de Mégane Hunter dans sa biographie de Giacomo Cassano, mentor méconnu de Dante et du dernier livre d’horreur de John Paxton ?

Sur cette affaire, il ne fallait personne d’autre que David Birch ! David. Comment parler du personnage ? Un inspecteur Harry dans sa récente version anglaise ? Cynique, solitaire et trop terre à terre face à des phénomènes qui dépasse l’imagination ?

 

Je ne le cache pas, Lettres Mortes est une vraie réussite. L’histoire se met en marche très vite et vous absorbe immédiatement. L’écriture est fluide, légère. En bref, on ne s’endort pas dans

ce récit qui se laisse lire sans opposer la moindre résistance.

Et surtout, vous verrez, la solution du mystère est surprenante… fantastique…Et Terrible !

                                                                                                            

Bonne lecture !

 

04/12/2007

L'envers vaut l'endroit

Nightside_2

Après Le Disque-Monde, Daniel Pennac et Philip Roth, c’est Simon R. Green qui pointe le bout de son nez avec un titre évocateur L’Envers vaut l’Endroit.

Inutile de le cacher, cette fois, il s’agit bien d’un roman d’aventure sur toile fantastique.

Qu’en dire ? Tout d’abord qu’il n’est pas très long à lire mais surtout qu’il est fermement imprégné d’humour anglais.

L’envers vaut l’endroit fait partie de la série des Nightside. Inutile de s’affoler, les livres peuvent parfaitement se lire indépendamment les uns des autres.

Petite introduction…

Le Nightside nous vient tout droit de l’esprit, on peut dire tordu, de Green. Il s’agit d’un quartier de Londres. On y accède par le métro. Là bas, il est toujours trois heures du matin dans un univers maléfiques et sombre où se retrouvent toutes les créatures habitant vos cauchemars.

Dans le rang des créatures surnaturelles, citons par exemple les loups garous, fantômes, ondines,… Rajoutons aussi des « espèces » de dieux assez « spéciaux », des anges, des démons, l’Inquisition… mais aussi et surtout Suzie Bang-Bang (plus fragile que son fusil à pompe ne le laisserait présumer), Walker (le chef de la police), le Collectionneur, Jack l’Ordure Cosmique, Mr Moelle et Mr Sang, ainsi que plus brièvement un Merlin l’enchanteur comme vous ne risquez pas de le voir souvent et son descendant.

Au milieu de tout ce capharnaüm, John Taylor est le « trouveur d’objet ». Demandez-lui quelque chose, il le trouvera et il vous le rapportera. Il a un don pour ça.

Néanmoins, comment peut-on mener à bien la mission de retrouver le Graal impie, la coupe de Judas quand la concurrence déjà rude est renforcée par l’apparition d’anges et de démons aussi destructeurs les uns que les autres et prêts à tout pour s’emparer de la relique.

Roman d’aventure, fantastique avec un brin de science fiction, L’envers vaut l’Endroit est absolument captivant mais aussi ; très clairement, déjanté. Inutile de dire qu’il faut le prendre au second, voire même au troisième degré sans s’attendre à plus qu’une part de rêve, un moment d’évasion et de détente.

De plus, il présente cette caractéristique très rare d’associer le fond et la forme. Le fond est sombre, insalubre, n’en attendez pas moins du texte.

C’est peut-être là le talon d’Achille de l’œuvre, il ne faut pas nécessairement la mettre entre toutes les mains.

Personnellement, je n’ai eu qu’un seul regret avec cet ouvrage, c’est celui d’arriver au point final mais qui sait, le Nightside est vaste et la série se construit.

Simon R. Green, L'Envers vaut l'Endroit. éd Bragelone

02/12/2007

Un homme

9782070780945

Le livre que je m’apprête à vous présenter se rapporte à la catégorie nouvelle ou très court roman.

Si vous êtes à la recherche d’une histoire captivante qui visite mille et un paysages, si vous voulez trouver du suspense, de l’action et de l’aventure desservis par une intrigue magique, je vous dirais simplement de passer votre route.

En effet, même si je ne suis pas un expert dans l’art de la peinture ou de la photographie, je vous avouerais que la couverture de Un Homme résume parfaitement le livre : simplicité, sobriété et profondeur.

L’homme de Philip Roth est un homme comme tant d’autres. Il est né il y a de cela fort longtemps et comme tout un chacun est condamné à mourir.

Entre les deux nous voyons défiler en rapace sa vie faites de hauts et de bas, ses désillusions, ses échecs et l’insoutenable et inexorable progression des dégâts de l‘âge.

L’histoire d’un homme qui est devenu ce qu’il ne voulait pas être.

Comme je l’ai dit, ne lisez pas ce livre si vous êtes à la recherche d’une bonne histoire. Vous ne sauriez être que déçu par rapport à vos attentes.

Néanmoins, ce n’est pas non plus un essai philosophique. Le ton n’est pas moralisateur, il ne souffle pas une ligne de conduite. C’est à peine s’il constate.

Pourquoi je le conseillerais et pourquoi j’en fais la critique dans ce cas ?

Sans doute pour les mêmes raisons qui font que ce livre a reçu un assez bon accueil à sa sortie. C’est un roman miroir.

Je n’ai pas donné de nom au personnage principal. Dans l’histoire, il en possède un mais c’est à peu près le seul effort que fit l’auteur pour personnalisé son héros.

Car cet homme, c’est vous, c’est moi. C’est quelqu’un et n’importe qui.

Nous n’avons peut-être pas vécu la même vie mais il est universel. Ce n’est pas lui qui souffre sur un lit d’hôpital à soixante cinq ans c’est vous quel que soit votre âge. Ce n’est pas lui qui sourit en voyant arriver sa fille, c’est vous.

Ne croyez pas non plus que ce livre est assommant. Le sujet traité entre les lignes est bel et bien le sens de la vie et sa finitude mais, comme je l’ai dit, le tout reste très sobre et simple.

Plus que tout, Philip Roth ne cherche pas à prouver quelque chose, il ne défend pas une morale.

Le roman reste assez mince quand au nombre de page, ce qui réjouira certains mais ne doit pas faire reculer ceux qui aime les grandes briques. La quantité et la qualité sont deux choses parfaitement distinctes.

Un livre à lire et à l’approche des fêtes probablement à offrir car Un Homme de Philip Roth fait partie de ses romans qui vous marquent autant dire au fer rouge.

Philip Roth, Un homme. éd Gallimard

Début.

Autour de la tombe, dans le cimetière délabré, il y avait d'anciens collègues de l'agence de publicité new-yorkaise, qui rappelèrent son énergie et son originalité et dirent à sa fille, Nancy, tout le plaisir qu'ils avaient eu à travailler avec lui.

13:48 Écrit par ecrivain89 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philip roth, roman, livre, homme, vie, mort, critique |  Facebook |

06/11/2007

La Science du Disque Monde

 

hogfather_disc3Force est de reconnaître qu'il m'arrive très souvent de me dire en farfouillant à droite à gauche dans une librairie, en soulevant beaucoup de poussière et en remuant des piles et des piles de livres : « Voici enfin une perle rare ! ».

C'est vite dit et rien n'est parfait. Pourtant, l'espèce de brique au sujet indigeste que je m'apprête à vous présenter en est bien une.

Il s'agit de « La science du Disque Monde » de Terry Pratchett, Ian Stewart et Jack Cohen.

Pour quelqu'un qui n'aurait jamais lu un bouquin de ces auteurs, ma foi, il est peu probable que le titre soit évocateur ou attrayant. Pour les autres qui connaissent les auteurs, la critique est inutile, ils sont déjà partis acheter le livre au magasin.

 Pourtant, parlons-en de ces auteurs ! Des scientifiques, ni plus ni moins, spécialistes en physique nucléaire, connaisseurs doué en biologie et chimie... En bref, pas de grands amis des lecteurs de romans, détestant tout ce qui peut se rapporter à une formule mathématique ou aux vieux souvenirs des cours de sciences.

Mais je me rends compte que je ne suis pas en train d'encourager à la lecture du manuscrit.

Rassurez-vous. Je l'ai bien lu de A à Z et aussi étonnant que cela puisse paraître j'y ai survécu. Pire encore, je ne cherche pas à me venger sur les auteurs ou à massacrer le livre car j'ai passé là des moments géniaux.

Le roman, car s'en est un, traite de la philosophie, des religions et de la science, enfin plus particulièrement du lien étroit que peuvent partager ces trois éléments.

L'histoire se passe derrière les murs de l'Université de l'Invisible. Là-bas, une expérience relevant de la magie de haut niveau est en cour de réalisation. Elle est plutôt dangereuse à nos yeux mais dans un monde où tout est régit par le narrativium, elle fera bien moins peur que rater un repas.

Malheureusement comme vous le savez, rien ne se passe jamais comme on le souhaite et suite à un accident provoquer par un babouin bibliothécaire, des décharges incroyablement puissante d'énergie magique se produise, tant et si bien qu'un nouvel univers fini par apparaître. Un univers complètement différent du Disque-Monde où vivent les mages, un Globe-Monde, absurde, fondés sur des règles logiques, où la matière tend à s'agglomérer en sphères pour constituer des étoiles, des planètes, où la vie naissante suit le cours de l'évolution vers l'émergence de l'intelligence.

Notre univers, notre planète, la Terre. Et les mages du Disque-Monde, incrédules, en prennent connaissance dans un déroulé accéléré de son histoire.

Le livre se construit comme un roman fantastique mettant en scène les mages de l'Université de l'Invisible observant le développement de leur création, leur petit univers.

Ce récit est entrecoupé, à la manière des livres de Bernard Werber, de chapitres axés sur la science dont le but est de fournir des explications et de développer plus en avant ce que frôle le roman.

Je l'ai dit ce roman est une perle rare. Il s'agit de vulgarisation scientifique. Une occasion quasi unique d'associer science et plaisir de lire mais aussi d'augmenter son capitale connaissance sans trop se fatiguer.

Néanmoins, si ce livre pose de bonne question, corrige des préjugés, ne donne aucune formule mathématique (pas même E= m c²), il n'est peut être pas à mettre entre toutes mains.

Non pas parce qu'il donnerait de mauvais conseils ou parce qu'il faut y mettre une censure, rassurez-vous, mais simplement parce qu'un enfant de dix ans ne comprendrais pas grand-chose aux théories scientifiques mises en avant et quand bien même, il s'agit également d'être capable de lire entre les lignes. Le livre n'est comme tant d'autre, qu'une base, un détonateur pour faire exploser une bombe à idées.

Bonne lecture, j'espère avoir convaincu  car c'est une perle !!

Lexique :

Le Narrativium :

Comment le définir ? Même après ma lecture, je dois admettre que c'est assez difficile.

Dans notre monde ce serait une particule élémentaire (un boson de Higgs pour les connaisseurs). Cette particule agit comme une force, et cette force correspond aux impératifs de narration.

Par exemple, le héros d'un livre se fait pousser d'une falaise abrupte. Chez nous, les gardes côtes tenteront de retrouver les morceaux qui n'auront pas servis de diner aux crabes. Mais sur le Disque Monde, par la force du narrativium, l'improbable va arriver, et notre héros va pouvoir se rattraper à une branche en contrebas sans que ses ennemis le voient, avant d'être sauvés par ses compagnons.

Le Globe Monde est une sphère qui renferme tout notre univers.

Le Disque Monde est un disque de terre (un gros 45 tours ou un cd) porté par la vénérable tortue géante Atuin, elle-même supportée par une pile infinie d'éléphants.

...

Réf : La Science du Disque Monde de Terry Pratchett, Ian Stewart et Jack Cohen. Ed. L'Atalante.

Photo : Une représentation du Disque Monde.

30/09/2006

Nicolas Ancion, Quatrième Etage

Bruxelles%20alle%205%20di%20mattina
Fiche de Quatrième Étage de Nicolas Ancion
Résumé
Chassé croisé entre Serge, un jeune paumé qui voit son ami se faire tuer sous ses yeux dans un accident de voiture, et Thomas, un trentenaire fou amoureux de Marie au milieu d'un monde décadent.                               Serge partira prévenir la famille de son ami, il se retrouve plombier au Quatrième étage d'un immeuble dans l'appartement luxueux d'une jolie jeune fille. Thomas, lui, s'assied au chevet de son amour, elle se meurt au Quatrième étage de cette immeuble...
Avis
On pourrait se laisser facilement prendre au piège d'un tel livre. Se dire que l'écriture manque de finesse, notamment dans les dialogues mais c'est uniquement parce que Nicolas Ancion est un de ses auteurs passionnés par le réalisme des faits et des personnages. Ce roman ne vous prendra peut-être pas à la gorge par le suspens d'un Stephen King mais il saura mêlé le rire, la tendresse et la souffrance, créant se genre d'histoires qu'on n'oublie pas facilement.
Fiche technique.
Variété Roman réaliste
Histoire Un récit bien conçu qui ne dévoile pas facilement l'issue
Dépaysement Imaginé un Bruxelles gouvernés par la richesse, le pouvoir et la folie humaine
Héros Qui a dit que les jeunes paumés étaient des monstres?
Intrigue Ce n'est pas un livre à suspens mais….
Narration Lisable n'importe où et assez vite, très fluide
Réflexion A long terme, ça en vaut peut-être la peine. Une petite vocation philosophique et politique pour Ancion
StyleA première vue exécrable, mais les réalistes doivent faire ressortir le caractère des personnages dans les moindres détails
Note globale: 15/20 Ce n'est pas le meilleur livre du moment mais ça en vaut la peine.
 N'oublions pas que ce livre a reçu le prix des Lycéens et le Prix du Roman le plus émouvant.

15:03 Écrit par ecrivain89 dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : livre |  Facebook |

10/08/2005

Et si c'était vrai...

Parlons d’un petit jeune qui débute… Non, je plaisante puisque nous laisserons aujourd’hui la place à Marc Lévi et à son livre « Et si c’était vrai… »Adapté en film, il y a un an ou deux de cela, cette histoire avait emporté son auteur sur les bancs de la notoriété en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.Est-ce mérité ? La question n’a qu’une réponse : bien sûr.Dans ce roman, Lévi nous plonge dans la vie d’Arthur, un jeune architecte qui vient d’emménager dans un appartement donnant sur la baie de San Francisco.Tout se passe bien pour lui, jusqu’au jour où, en ouvrant les portes de sa penderie, il tombe né à né avec une jeune femme.Elle prétend s’appeler Lauren, elle serait médecin au Mémorial Hospital mais surtout, elle pense être la propriétaire de l’appartement.Tout est exact, à ceci près que Lauren a eu un accident de voiture plusieurs semaines plus tôt et qu’elle est aujourd’hui couchée sur un lit d’hôpital, profondément endormie par un comas dont elle semble incapable de se réveiller.La fille de la penderie ment-elle où est-elle vraiment une ce qu’elle prétend être ? Et puis pourquoi Arthur est-il le seul qui puisse la voir ?

« Et si c’était vrai… » porte magnifiquement sont nom, ce mélange entre le vrai et le faux, le possible et l’incroyable qui vous plonge dans un songe de plus en plus profond est tout simplement magique. Construit en rythme, il ne souffre aucun temps mort dans la narration déservi par une plume qui défend la simplicité, un peu trop peut-être mais le résultat est là, simplement remarquable.

Livre fantastique, livre à suspense, livre d’amour, il reste à ce jour une des meilleures œuvres de Marc Lévi dont le succès ne semble pas se démentir.

De Marc Lévi, on peut aussi citer:

Mes Amis, mes amours,...

Vous revoir (la suite de Et si c'était vrai)

Sept jour pour une éternité.

...