11/01/2008

La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil


dame dans l'auto

Connaissez-vous Sébastien Japrisot ? Non. Vous devriez car ce grand romancier français spécialiste des énigmes comme dans La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil ou Piège pour Cendrillon est aussi l’auteur du livre qui à permis ce célèbre film, Un long dimanche de fiançailles.

Prix d’honneur de la littérature policière et Best Crime Novel voici venir l’histoire de Dany, La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil

 

Dany Longo est secrétaire dans une société de publicité à Paris. Soyons clairs, elle s’ennuie ferme ! Néanmoins elle ne sait pas encore que bientôt, sur un simple coup de tête, cette monotonie va s’envoler en un éclair.

Pour le moment, nous sommes à la veille du week-end du quatorze juillet. Ses collègues, ses relations mettent tous la dernière touches à leurs projets avant de partir s’amuser pendant la fête nationale. Il y a ceux qui partiront en randonnée, ceux qui sortiront en groupe, ceux qui partiront bronzer et puis… et puis, il y a elle qui ne fera rien. Comme d’habitude.

Pourtant, ce soir, son patron lui a demandé exceptionnellement de faire des heures supplémentaires. Il a besoin d’un long dossier pour le lendemain et rien n’est encore prêt.

C’est peut-être la seule chose à faire ? Elle accepte et se rend chez cet homme qui est aussi le mari d’une ancienne amie. Toute la nuit, elle tape à la machine. Au matin, elle s’effondre épuisée. Le travail est fini.

Avant de pouvoir rentrer chez elle se reposer et se couper du monde, elle accompagnera encore toute la petite famille du chef jusqu’à l’aéroport. C’était le dernier acte censé qu’elle accomplissait.

Le patron lui a confié les clés de sa voiture, une splendide Thunderbird blanche, le temps pou elle, de la ramener en sécurité jusque dans son garage.

L’avion décolle. Dany aussi, mais à bord de la superbe décapotable. En un coup de tête, sans se soucier des conséquences, elle part vers le sud, vers cette mer que tout le monde dit si bleue.

Sur la route, elle se rend compte peu à peu que tout le monde dit l’avoir déjà vue la veille, du mécanicien qui lui répare un phare à l’agent de police qui contrôle ses papiers.

Petit à petit, elle en vient à se demander si la coïncidence peut exister jusqu’à un tel point ou si elle perd tout simplement la tête. Et encore, c’était avant de trouver un cadavre et un fusil dans le coffre, qui, elle en était sure, ne s’y trouvait pas lorsque le patron avait pris ses valises…Qu’a-t-elle fait ?

Rythme, construction et doute. Trois mots parfaitement appropriés pour décrire la plume de Sébastien Japrisot dans ce livre.

Le rythme. Un récit qui se pose très vite et ne lâche pas la pédale de l’accélérateur du début à la fin. La construction du récit qui directement amène le doute car je vous tirerai mon chapeau si vous trouver la solution du mystère avant de la lire. C’est absolument impossible !

Enfin, c’est un roman à cheval entre le polar et le thriller psychologique car outre l’énigme, la trame se construit essentiellement sur la personnalité et la psychologie des personnages dont nous visitons les pensées, reliés par le fil poétique d’une plume infiniment souple et précise, séduisante semeuse d’énigmes.

 

Bonne lecture !

 

09/12/2007

Lettres Mortes

Lettres_mortes

La littérature anglaise reste présente et cette semaine, c’est Shaun Hutson qui nous fera découvrir ses Lettres Mortes.

D’abord, je me suis un peu penché sur la biographie de l’auteur avant de faire cette critique. Voici, en quelques lignes, ce qu’il faut en retenir.

Devenu, écrivain en 1983, après plusieurs petits boulots, Shaun Hutson, 28 romans plus tard est devenu en Angleterre un des plus grands vendeurs de livres d’horreur.

Personnellement, il est présenté comme un alcoolique repenti, diagnostiqué pour ses tendances psychotiques et auteur favori des bibliothèques de prisons anglaises. Du reste, il est parait-il un homme charmant…Tout un programme !

D’ordinaire, je ne me serai pas attaché à vous raconter ces détails mais dans ce cas, ils forment un bon préambule à la présentation du livre.

Lettres Mortes fait en effet partie d’une catégorie, plutôt, d’une conjugaison de genres peu courante, il s’agit du mélange du roman policier à suspense avec le roman fantastique.

C’est une potion rare dans les librairies mais qui réussit le pari de divertir, d’accrocher et de faire frissonner le lecteur. Un joli coup !

L’histoire en elle-même se passe dans le Londres actuel où le temps de quelques nuits plusieurs personnes sont assassinées chez elles. La police qui fait la découverte macabre ne peut que se poser des questions tant à propos des mutilations que le meurtrier fait subir aux victimes que par sa méthode.

En effet, sur place, les corps se font trancher la langue, arracher les yeux ou tout simplement ont le ventre ouvert en deux parties. Mais ce qui est le plus étrange n’est pas encore tant cette atroce déferlante de colère et de haine que la fait que dans chaque cas, toutes les portes et toutes les fenêtres étaient restées parfaitement closes jusqu’à l’arrivée de la police.

Et pourquoi donc aussi, toutes les victimes qui n’avaient pas beaucoup d’autres liens entre elles que de toucher de près ou de loin au domaine de l’édition, pourquoi donc étaient-elles à chaque fois entourées des manuscrit en lambeaux de Mégane Hunter dans sa biographie de Giacomo Cassano, mentor méconnu de Dante et du dernier livre d’horreur de John Paxton ?

Sur cette affaire, il ne fallait personne d’autre que David Birch ! David. Comment parler du personnage ? Un inspecteur Harry dans sa récente version anglaise ? Cynique, solitaire et trop terre à terre face à des phénomènes qui dépasse l’imagination ?

 

Je ne le cache pas, Lettres Mortes est une vraie réussite. L’histoire se met en marche très vite et vous absorbe immédiatement. L’écriture est fluide, légère. En bref, on ne s’endort pas dans

ce récit qui se laisse lire sans opposer la moindre résistance.

Et surtout, vous verrez, la solution du mystère est surprenante… fantastique…Et Terrible !

                                                                                                            

Bonne lecture !