23/05/2008

La Peste.

la peste
 

Albert Camus, La Peste

 

Le livre que j’ai décidé de vous présenter aujourd’hui n’est pas n’importe qu’elle roman. C’est un des grands ouvrages du XXe siècle, déjà un classique, une histoire marquante, horrible, purifiante et poignante. J’ai nommé La Peste d’Albert Camus.

En 194-, la ville d’Oran est une cité calme et prospère logée le long de la Mer Méditerranée.

Un seul mot d’ordre semble y régner, l’ordre.

Pour les habitants, les animaux, le vent, les saisons tous n’est qu’habitude. Tout se déroule toujours selon un plan qui paraît préétabli, sans accroc, sans surprise.

Les mois défilent apportant chaleurs insupportables, atmosphères humides et pluies et vents violents.

Les chats ronronnent dans les rues. Les habitants partent et reviennent du travail à heures fixes, font la sieste l’après-midi, sortent à la soirée profiter de la fraicheur sur les terrasses des cafés.

Le temps y suit son cours inexorablement. Pourtant, dans cette ville si ordonnée, tout n’est peut-être pas si beau qu’il n’y paraît. On s’ennuie, on ne profite pas vraiment de la vie, de sa famille, de ses amis, trop enfermé dans une routine malsaine et étouffante.

Oran, toutefois, c’est aussi la cité où vit le docteur Rieux. Médecin de famille respecté, il est connaît le vrai visage de sa ville, ses quartiers riches, ses quartiers pauvres, sa chaleur et ses malades.

Par, une journée ensoleillée, le brave docteur partait en consultation lorsqu’un fait étrange se produisit : plusieurs rats morts gisaient au milieu des escaliers de son immeuble.

Tout ceci aurait peut-être pu être banal, anodin si dans les jours qui ont suivi des milliers de ces sales bestioles ne s’étaient précipités hors de leurs tanières pour se laisser mourir en plein jour dans les rues de la ville.

Les jours passent, les cadavres s’entassent et puis,… plus rien.

Du moins, jusqu’à ce que plusieurs cas de maladies étranges ne se déclarent de ci, de là.

Les malades se retrouvent avec des ganglions au cou, de la fièvre, des douleurs atroces…

On croit difficilement au fléau lorsqu’il vous tombe sur la tête, dit Camus. Et de fléau, la ville paisible d’Oran venait d’hériter de la Peste.

La Peste… On la connaît, maladie ancienne, ravageuse, destructrice, faucheuse. Elle a su éliminer à elle seule des millions et des millions de morts. Rien ne l’arrête vraiment, rien ne la soigne, rien ne lui résiste.

Au XXe siècle, on la pensait disparue. Elle reparait, prête comme jamais à semer le chaos.

Pourtant, comment l’accepter, comment s’y résigner, comment réagir ?

Les médecins ont beau l’avoir reconnu, ils doutent. Rien ne les a prémunis contre ça, rien ne les a préparés à affronter ça.

On prend des mesures, on isole la ville, on s’organise peut à peu. Mais s’organiser contre quoi ou comment lorsqu’on ne peut pour ainsi dire rien faire ?

Les personnages se croisent, les réactions s’opposent. Il y a ceux qui prient, qui se condamnent : "Mes frères, vous êtes dans le malheur, mes frères vous l’avez mérité". 

On retrouve également ceux qui fuient, ceux qui refusent de se mettre en danger ou d’affronter un mal trop fort pour eux : «Eh bien, moi, j’en ai assez des gens qui meurent pour une idée. Je ne crois pas à l’héroïsme, je sais que c’est facile et j’ai appris que c’était meurtrier. Ce qui m’intéresse, c’est qu’on vive et qu’on meure de ce qu’on aime". 

Et enfin, apparaissent, tel le docteur Rieux et quelques autres volontaires, ceux qui vont faire leur métier en persévérant ou tout simplement faire ce qu’ils peuvent.

"Je ne sais pas ce qu’elle est en général. Mais dans mon cas, je sais qu’elle consiste à faire mon métier". 

 

La Peste, c’est une histoire, comme on le dit souvent, illustrant la réaction de résistance face au nazisme qui sévissait pendant la Seconde Guerre Mondiale. Plus généralement, c’est la réaction digne de l’homme confronté à l’Histoire et à ses injustices.

C’est l’illustration de l’urgence de s’unir et de travailler en groupe main dans la main entre êtres humains y compris dans des cas désespérés, y compris lorsqu’on a aucun pouvoir.

 

La Peste de Camus, on peut la vanter pour ses idées de résistances, d’unité entre les hommes… c’est avant tout un roman et un roman d’une qualité exceptionnelle.

Je pécherais si je le qualifiais de thriller mais ça n’en est pas moins un livre tendu, passionné, électrique, laissant planer le suspense d’un espoir miraculeux.

C’est un ouvrage qui gagne par son style d’écriture. Le texte vous emmène sans accrocs de la première à la dernière page sans s’essouffler, sans relâcher la pression sur le lecteur, sans perdre de sa qualité.

 

A présent, vous le savez, vous devez absolument lire cet incontournable de la culture française, vous devez plonger au cœur de la maladie pour en ressortir différent, comme purifié…

Bonne lecture !

19/04/2008

Les Enfants de Hùrin

Children-of-Hurin-Tolkien

 

Il nous manquait énormément mais voici qu’il revient enfin dans l’actualité littéraire. Je parle bien sûr de Monsieur J.R.R. Tolkien.

A dire vrai, je me demandais si j’allais pouvoir retrouver un jour toute la magie et la qualité d’écriture du Seigneur des Anneaux. Ca semble, ma foi, chose faites avec les Enfants d’Hùrin.

D’autant plus que, bonne nouvelle pour tous ceux qui s’étaient fait du mal avec l’entrée en matière de la célèbre trilogie, celle de ce conte est beaucoup plus accessible.

Alors passons tout de suite à l’histoire et je devrais peut-être en parler avec un « H » majuscule puisque cette œuvre fait partie du passé, des contes et légendes de la Terre du Milieu (pour les rares néophytes, il s’agit de l’univers dans lequel Tolkien a développer ses histoires).

Bien des siècles et des siècles avant la venue d’Aragorn, Frodon, Gimli ou Isildur les contrées de la Terre du Milieu subissaient déjà une terrible menace, celle d’un seigneur noir terriblement puissant Morgoth.

Morgoth est l’équivalent d’un dieu, un Valar, du moins l’était-il avant de vouloir s’incarner pour devenir le roi et le maître absolu de toute chose vivante.

Bien sûr, aussi puissant que soi ce seigneur des ténèbres et presque aussi impossible que soit toute résistance, elle existe.

Bien évidemment, face à pareil ennemis, on ne peut vraiment espérer gagner. Que peuvent vraiment des hommes ou même des elfes face aux pouvoirs d’un dieu ? Rien.

L’avenir réside donc dans un frêle espoir, une antique prophétie qui annonce le retour des Valars, des autres dieux, pour battre Morgoth et le chassé.

En attendant, la guerre fait rage. Il faut gagner du temps.

Si cet âge de la Terre du Milieu est très sombre, il n’en est pas moins celui des grands héros.

Par leur bravoure, leurs tentatives désespérées ou leurs capacités de généraux, elfes et hommes se distinguent sans cesse.

Parmi eux, arrive l’histoire de Hùrin et de sa descendance.

Hùrin était un des rois des hommes. Un jour, lors d’une grande bataille qui rassembla toutes les armées elfiques et humaines, il parvint par son sacrifice à empêcher un désastre, à empêcher la victoire de Morgoth mettant le seigneur noir dans un rage folle.

Hùrin n’est pourtant pas mort. A choisir, il aurait certainement préféré mais la vengeance du Valar allait être bien pire encore.

Il fit enfermer Hùrin dans ses sombres geôles et lança une terrible malédiction sur sa descendance.

Dès lors, le roi des hommes contemplerait à distance le destin tragique qu’avait préparé Morgoth pour sa famille, ses enfants.

Comment ses jeunes gens qui commencent à croquer la pomme de la vie pourront-ils lutter contre le mal qui les entoure et vaincre leur destin, une vie malheureuse et errante.

 

Récit d’aventure, récit fantastique, sombre et mystérieux Les Enfants de Hùrin s’inscrit dans la lignée des grands livres de Tolkien. Quoiqu’inachevé, le roman fut publié cette année 2008 grâce à l’aide de son fils Christopher qui aura su brillamment recoller les morceaux et compléter les vides tout en restant fidèles à l’œuvre de son père.

Commencer dans l’entre deux guerres, ce n’est peut-être pas pour rien que ce récit parle de résistance à la fois face à l’ennemis mais surtout face au destin  au cours d’une histoire qui n’est pas sans rappeler les grandes tragédies grecques

Magicien de la langue, Tolkien fait jouer les mots à merveille pour créer ambiances, situations marquantes et instant sensible.

Lire ce livre, c’est se plonger dans cette Terre du Milieu que tout le monde connaît pour en ramener un petit morceau, une petite parcelle dans son cœur.

 

Bonne lecture